1 Nabil Dirar doit se remettre en question

Personne ne doute du talent de cet excellent technicien qu'est Nabil Dirar. Mais je regrette tout ce qui se passe autour de lui avec, à la clef, des suspensions et des déclarations incendiaires C'est dommage, car la classe n'est pas suffisante quand on entend vivre son métier comme un vrai pro. Son comportement s'explique par une absence de formation au plus niveau. Je m'interroge quand il explique ses retards aux entraînements par des embouteillages sur la route. Dirar a tout ce qu'il faut pour signer une magnifique carrière. Le public brugeois l'a compris et l'adore. Il doit se remettre en question et justifier cette popularité.
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Personne ne doute du talent de cet excellent technicien qu'est Nabil Dirar. Mais je regrette tout ce qui se passe autour de lui avec, à la clef, des suspensions et des déclarations incendiaires C'est dommage, car la classe n'est pas suffisante quand on entend vivre son métier comme un vrai pro. Son comportement s'explique par une absence de formation au plus niveau. Je m'interroge quand il explique ses retards aux entraînements par des embouteillages sur la route. Dirar a tout ce qu'il faut pour signer une magnifique carrière. Le public brugeois l'a compris et l'adore. Il doit se remettre en question et justifier cette popularité. Evidemment, Bruges s'interroge bougrement en championnat avec une nouvelle défaite, contre Malines, moins inquiétante que celle contre le Cercle. Comme en deuxième mi-temps contre Minsk, le Club a fait preuve d'une grinta positive. En Europa League, j'ai apprécié la réaction de Jonathan Blondel, Ivan Perisic ou de Joseph Akpala. Bruges a besoin de cet état d'esprit. Ce jeudi sera un jour important pour le football belge dans le cadre de l'Europa League. Je crois que Gand est capable d'éliminer Feyenoord. En championnat, les Buffalos ne développent pas encore un football de haut vol mais ils sont efficaces et cela devrait les aider. Bruges doit impérativement franchir le cap du match retour en Belarus : le Dinamo Minsk est largement à sa portée. Genk, par contre, a déjà mesuré tout ce qui sépare l'Europe de la D1. Il est vrai que Porto a un effectif digne de la Ligue des Champions.Eupen a d'évidents soucis à la finition. Et c'est ce qui explique l'arrivée de Kevin Vandenbergh au Kehrweg. VDB a déjà parcouru un long chemin mais il n'a pas toujours justifié les espoirs placés en lui, loin de là. Il a même régressé depuis son départ de Westerlo il y a déjà huit ans. Après son passage de cinq saisons à Genk, Kevin a peut-être trop vite pris le chemin de l'étranger. Il y a des cas différents, comme ceux de Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen ou Toby Alderweireld : ils ont été formés aux Pays-Bas. Ceux qui partent plus tard doivent avoir un gros bagage : 100 matches de D1, des présences régulières sur la scène européenne et des galons de Diable Rouge. Sans cela, c'est plus dur et José Mourinho a eu raison de souligner la sagesse des parents de Romelu Lukaku : l'attaquant d'Anderlecht attendra encore un peu avant de penser à un transfert à l'étranger. Pour Kevin, Utrecht était un mauvais choix, une erreur de parcours. Il avait déjà été prêté sans grand succès au Germinal Beerschot et est probablement tout heureux de trouver une solution à ses problèmes à Eupen. Mais ce renard des surfaces devra se définir dans une équipe qui n'est pas souvent dans le grand rectangle adverse... Contrairement à lui, Wesley Sonck n'a pas trouvé d'employeur alors qu'il peut encore rendre service en D1. Wesley serait trop cher (800.000 euros par saison). Mais à son âge, le plaisir de jouer ne devrait-il pas primer ? Que ce soit en Belgique ou dans les grands championnats étrangers, les clubs attendent parfois la dernière minute pour réaliser un coup. En patientant avant de sortir du bois, ils font baisser les prix et c'est pour cela que Mesut Ozil a signé tardivement au Real Madrid. Les autres exemples ne manquent pas et ce n'est pas une bonne chose car ces renforts arrivent le plus souvent dans des clubs qui ont bouclé leur campagne de préparation ou carrément entamé leur championnat. Et cela pose forcément des problèmes. Ils seraient moindres si les transferts étaient conclus plus rapidement.Tout comme le Club Bruges, le Standard doit être très déçu de son début de championnat. Un club de ce niveau ne peut évidemment pas végéter dans le ventre mou de la D1. Le public de cette équipe est très chaud et crée des ambiances fantastiques dans son stade. J'adore... mais cette chaleur peut devenir explosive en cas de problèmes. Je me mets à la place de Steven Defour et d'Axel Witsel, les deux survivants d'une époque révolue pour le moment. Ils ont goûté à tout : les titres, les distinctions individuelles et collectives, l'équipe nationale et l'Europe sans oublier l'intérêt pour eux de grands clubs étrangers, etc. Leur anonymat actuel doit être difficile à vivre. Cette baisse de régime s'explique. Le Standard a quand même procédé à une vente massive de ses meilleurs joueurs au cours de ces deux dernières années. Et Lucien D'Onofrio avait probablement ses raisons d'agir ainsi, de vendre, de rentabiliser une grande partie du talent qu'il avait dans son écurie. Les départs ont quand même été trop nombreux pour redresser une courbe déjà inquiétante en championnat la saison passée. Le Standard est si loin des années MPH. Michel Preud'homme avait soudé un groupe et un style de jeu. Deux ans plus tard, il reste surtout beaucoup de questions pour construire une nouvelle équipe. Deux clubs ont toujours le maximum de points : Genk et Malines. Le Racing continue sur sa lancée de la fin 2009-2010 : en partant des play-offs 2, il s'était qualifié pour l'Europa League. Un bel exploit que les hommes de Vercauteren confirment en ayant conscience de manger leur pain blanc grâce à un début de championnat assez facile. A Malines, Marc Brys a apporté les fruits du travail qu'il a accompli aux Pays-Bas. L'équipe est solide et bien en place sur le terrain : elle peut viser une place dans les play-offs 1. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC