Qu'est-ce qui nous a permis de garder espoir alors que nous ne cessions de chuter chaque mois au classement FIFA, alors que l'Union belge se surpassait pour gagner le prix de la Fédération la plus craintive et la moins créative du monde, et que cette même fédération décidait de maintenir en place un sélectionneur au bilan catastrophique ? Qu'est-ce qui nous permettra de nous qualifier pour l'Euro 2012 et la Coupe du Monde 2014 alors que la défaite contre la Bosnie nous ferme sans doute les portes de la prochaine Coupe du Monde ? Réponse : la nouvelle génération découverte lors de l'Euro Espoirs.
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Qu'est-ce qui nous a permis de garder espoir alors que nous ne cessions de chuter chaque mois au classement FIFA, alors que l'Union belge se surpassait pour gagner le prix de la Fédération la plus craintive et la moins créative du monde, et que cette même fédération décidait de maintenir en place un sélectionneur au bilan catastrophique ? Qu'est-ce qui nous permettra de nous qualifier pour l'Euro 2012 et la Coupe du Monde 2014 alors que la défaite contre la Bosnie nous ferme sans doute les portes de la prochaine Coupe du Monde ? Réponse : la nouvelle génération découverte lors de l'Euro Espoirs. Les Jeux Olympiques et les prestations des jeunes en équipe nationale ou à l'étranger tout au long de la saison ont confirmé nos espoirs. Cette génération porte en elle les ingrédients de notre renouveau. Voici pourquoi il faut croire dans ces 15 joueurs.Sans doute le joueur le plus talentueux. A tel point que les Néerlandais l'ont déjà surnommé " la huitième merveille du monde ". Il sait tout faire avec un ballon. Son apprentissage dans la rue quand il était jeune le rend imprévisible et ses buts, encore trop peu nombreux, font un tabac sur You Tube. Notamment celui inscrit en début de saison contre Willem II ou celui plus récent contre Groningen. En Belgique, il a surtout crevé l'écran lors des JO, preuve qu'il sait hausser son niveau de jeu dans les grandes occasions. D'origine malienne, ayant grandi dans la banlieue anversoise mais parlant parfaitement français, Dembélé est une représentation vivante de la société belge. On lui reproche souvent de ne pas être un tueur devant le but mais sa production actuelle (6 buts en ayant été écarté des terrains quelques mois) montre un léger progrès. Cependant, elle pâtit de la comparaison avec ses coéquipiers d'attaque à l'AZ ( Mounir El Hamdaoui a inscrit 20 buts). Ce qui ne l'empêche pas de pointer à la deuxième place d'un classement des dix joyaux du championnat hollandais, établi par Voetbal International. Les Anglais adorent Big Mo ou Felly, c'est comme vous voulez. Les perruques Jackson Five ont fleuri à Goodison Park (... depuis, il a changé de coiffure) et le style typiquement anglais (plus tu mets le pied et tu récoltes de cartes, plus tu es applaudi) de Fellaini plaît outre-Manche. Partout où il est passé, le grand Marouane s'est adapté très vite. Lancé dans le bain de la première division à 18 ans à peine alors que le Standard est en pleine crise ? Pas de problème. En équipe nationale en plein marasme ? Pas de problème. En Angleterre, dans une compétition hargneuse et très rapide où la moindre erreur se paie cash ? No problem. Cette saison, il a porté la vareuse des Toffees à 27 reprises, a marqué six fois et a pris...12 cartons. " Vous avez remarqué que cela fait trois matches que je n'ai pas été averti ", a-t-il lancé à la presse belge. Attention, Marouane, ta popularité baisse ! " Il s'impose comme le leader de cette levée ", explique Jean-François de Sart, le coach des Espoirs. Son parcours révèle déjà quelques beaux fleurons : Anderlecht, Hambourg et Manchester City. A priori, tout le monde le voyait briller en Italie ou en Espagne et le voilà qui fait le tour des championnats réputés plus physiques. Tout le monde le disait fragile et le voilà qui aligne 38 rencontres (championnat, Coupes et Coupe de l'UEFA) avec les Citizens. On le disait trop artiste mais en Angleterre, il a déjà récolté neuf cartons. Quand on a du talent, on peut réussir et s'adapter partout. " C'est celui qui a le plus d'expérience dans la jeune génération ", continue de Sart, " Il lui manquait de la continuité car il était toujours freiné par des blessures mais il vit une saison sans soucis. Ce n'est que positif pour l'équipe nationale car il dégage beaucoup de qualités, tant sur qu'en dehors du terrain. " Et en Angleterre, on ne sait toujours pas à quel poste il officie le mieux, tant il est aussi bon défenseur que médian. Il dégage tellement de confiance et de sobriété qu'on croirait avoir affaire à un pro d'une trentaine d'années, comptant une cinquantaine de sélections. " C'est une valeur sûre ", confirme de Sart. " Il vit son métier comme un pro. Il a un gros mental et sert d'exemple à tout le monde. " Bref, pas de failles. A ce CV impressionnant, Vermaelen a décidé de rajouter une polyvalence qu'il peaufine d'année en année. Tout le monde voyait son avenir dans l'axe de la défense mais il vit une saison davantage sur le côté gauche. " Avec lui, on ne voit pas la différence selon qu'il joue au centre ou sur le côté ", ajoute de Sart. N'en rajoutez plus. Ben si. Il a décidé en plus de marquer ses petits buts. C'est nouveau et ça vient de sortir. Lui qui avait marqué 4 buts en 4 saisons à l'Ajax, il en a inscrit autant en une saison. " Je ne sais pas si c'est la marque de fabrique de l'Ajax mais comme Vermaelen, il veut toujours progresser et ne rechigne pas au travail ", dit de Sart. Vertonghen, c'est un pitbull, le genre de joueur qui, s'il se déplace pour venir chercher le ballon, repart avec. Et en plus, il te sort, après ce harcèlement incessant, une passe en or ou un tir surpuissant. Avec Fellaini, il forme la paire médiane parfaitement complémentaire. Quand l'un monte, il sait qu'il sera couvert par l'autre. Blessé depuis début mars, son absence a pesé lourd dans le débat bosniaque. " Comme Kompany, c'est un futur grand leader ", lâchait Logan Bailly récemment. Il y a donc les Diables patauds sans Vertonghen et les Diables ambitieux avec lui. Stijnen sait se montrer décisif dans les petits matches mais rarement dans les grands rendez-vous. Bailly si. En s'expatriant, le Liégeois a acquis une nouvelle dimension. " C'est un gardien de classe internationale ! Personne ne peut en douter ", avance de Sart. " Et en partant à Mönchengladbach, il a fait le bon choix. Il a l'occasion de disputer un championnat de grande qualité. " Ses débuts allemands furent remarqués. Son équipe a retrouvé des couleurs et Bailly a endossé son costume de Superman, sauvant les meubles à plusieurs reprises. Bailly, c'est l'image du gardien casse-cou. " J'aime faire partie d'un spectacle ", a-t-il affirmé. Souvent montré du doigt pour son comportement en dehors des terrains, il a pourtant opté pour une approche plus rigoureuse du métier. Or, comme le talent, il l'a...On tient avec Hazard LA nouvelle pépite. Sans doute méritera-t-il même le label cinq étoiles dans un an ou deux. Ses apparitions sont une bouffée d'air frais pour le foot belge. Il a ridiculisé le septuple champion de France, Lyon, en Coupe de France, à lui tout seul. Résultat : deux buts, un assist. Et comme il a décidé de rivaliser avec Dembélé dans la beauté des gestes, cela donne un carton sur You Tube. " C'est un joueur décisif qui sait faire basculer un match ", explique de Sart. " Il est monstrueux ", titrait récemment L'Equipe qui l'a classé dans le top5 des talents de la Ligue 1. Au contraire de René Vandereycken qui en fait déjà le sauveur de la Belgique en le lançant à la mi-temps contre la Bosnie, l'entraîneur lillois Rudi Garcia le gère très bien en l'utilisant à doses réduites, lui ménageant de larges plages de récupération. " C'est un futur grand d'Europe mais il ne faut pas le carboniser ", continue de Sart. 1,70m de grand talent, rapide, technique et vision du jeu, tous les ingrédients pour servir de numéro dix ou de flanc créatif (à l'image de Cristiano Ronaldo) à la Belgique. A le voir errer comme une âme en peine et commettre des erreurs de débutant aux Jeux Olympiques, on croyait que sa carrière était terminée alors qu'elle venait de commencer. Un gros match contre l'Espagne plus tard et le revoilà indispensable à l'équipe nationale. " Il doit se servir de cette rencontre comme référence ", prétend de Sart. Vanden Borre, c'est un savant dosage de polyvalence (il peut jouer arrière droit ou médian droit), de qualités techniques et de gros potentiel physique. " On ne peut pas parler de mauvaise mentalité car c'est un battant ", affirme de Sart. " Il lui manque juste de la constance et de la maturité ; mais cela viendra avec l'âge. " Son expérience italienne ne peut lui être que bénéfique même s'il n'est pas titulaire à Genoa. " Avec lui, tu as souvent l'impression qu'il n'est pas concerné mais pour moi, c'est l'homme du futur au poste d'arrière droit ", prédit Gert Verheyen. En choisissant Steven Defour comme remplaçant de Fellaini au poste de récupérateur, Laszlo Bölöni a étoffé le registre de jeu de son capitaine. Le bon parcours européen du Standard lui aura permis de se mesurer au haut niveau. Et chaque saison, Defour non seulement confirme les espoirs placés en lui mais progresse et franchit un palier. " Il a encore élevé son niveau de jeu ", glisse de Sart. " On a l'impression qu'il a trouvé sa position et son style de jeu et pour moi, il n'est pas loin d'être actuellement le meilleur joueur du championnat. " Seul hic : il ne pourra pas jouer en équipe nationale à la place qui lui est dévolue en club puisque Vertonghen et Fellaini paraissent incontournables. Qu'importe ! Son intelligence de jeu, sa technique et son abnégation lui permettent de s'adapter à n'importe quelle position. Et plus haut il peut évoluer, plus il est content. " Witsel et Defour ont déjà reçu le Soulier d'Or. En disant cela, on a tout dit ", affirme de Sart qui avait pourtant décidé de se passer de ces deux éléments-là aux Jeux Olympiques. On oublie qu'ils ont 20 ans et déjà un paquet d'expérience. Witsel, c'est le talent à l'état pur. Sa baisse de forme au deuxième tour ne doit pas nous faire oublier que l'année passée, on le considérait comme sans doute l'élément le plus prometteur du Standard. Celui qui devait réaliser la carrière la plus aboutie. " C'est le joueur que les scouts suivaient le plus lors du premier tour ", nous expliquait récemment un manager. A l'instar de Defour, Witsel peut jouer dans l'axe ou sur les flancs mais contrairement à son capitaine, il est davantage décisif. Ses statistiques le prouvent : cinq buts et trois assists.En choisissant Saint-Etienne, Mirallas rêvait de gloire européenne et d'un statut d'incontournable. Des blessures et une place de reléguable ont quelque peu modifié les espoirs du Liégeois. Pourtant, son profil le rend indispensable à l'équipe nationale. Il sait occuper les espaces et plonger dans la profondeur. Il peut tenir une défense à lui tout seul, la harceler et courir d'un coin à l'autre de la pelouse et il lui faut peu d'occasions pour en mettre une au fond. Vous l'entourez de créateurs comme Dembélé, Defour, Witsel ou Hazard et cela peut faire des dégâts. Car, il possède cet instinct de buteur et sait se montrer égoïste quand il le faut (au contraire de Dembélé). Cette année, Alain Perrin l'utilise sur le flanc droit. " Ce n'est pas sa meilleure position mais cela enrichit sa palette ", analyse de Sart. Lui aussi aura profité des Jeux Olympiques pour lancer sa carrière internationale. Après une première saison d'apprentissage à l'AZ, il a profité de la vague de confiance des JO pour s'ériger en titulaire sur son flanc gauche. Depuis, l'AZ ne perd plus et vogue vers le premier titre de l'ère Van Gaal. Serviable, travailleur, appliqué, Pocognoli apporte de la bonne humeur, servant de lien entre les francophones qu'il a côtoyés chez les jeunes et au Standard, et les néerlandophones avec lesquels il a évolué à Genk et à l'AZ. Il parle d'ailleurs parfaitement la langue de Vondel. Dans le jeu, il passe rarement à côté de son sujet. " Il se connaît parfaitement bien. Il sait jusqu'où il peut aller et s'attache à montrer ses qualités ", explique de Sart. Sa propreté défensive, qu'il cultive à l'AZ avec deux entraîneurs spécifiquement attachés aux défenseurs, et son apport offensif (déboulés et qualité de centres) sont autant d'arguments pour l'avenir. De Sutter offre un profil complémentaire à Dembélé et Mirallas. C'est un pivot moderne qui a digéré parfaitement le passage du Cercle Bruges à Anderlecht. Avec brio, il a fait taire les critiques, qui dès son deuxième match lorsqu'il n'avait pas encore trouvé le chemin des filets, s'abattaient sur lui. Depuis, c'est un des seuls éléments réguliers au Parc Astrid. Il marque (cinq buts en huit matches), est dangereux sur chaque ballon aérien mais se débrouille très bien sur le plan technique, n'hésitant pas à descendre très bas pour offrir des solutions. " Il n'a jamais eu la grosse tête au Cercle ", affirmait récemment Denis Viane. Il cadre donc parfaitement avec la mentalité de la nouvelle génération : ambitieuse et respectueuse. " Je dois encore apprendre à tenir davantage le ballon et savoir à quels moments le lâcher ou le conserver mais cela viendra avec l'âge ", dit-il. Un vrai mélange d'ambition et de modestie. Le plus vieux de la bande, il a lâché prise après l'Euro Espoirs lors duquel de Sart lui avait préféré Sepp De Roover mais il est revenu grâce à ses prestations anderlechtoises. On l'attendait arrière droit et il fait fureur comme médian offensif. " C'est quelqu'un qui a un sens du but extraordinaire ", nous révélait Jonathan Legear. " Je ne sais pas comment il fait, mais il arrive toujours à se placer à l'endroit où traîne le ballon. " A Eupen, il avait déjà cette propension à apporter le surnombre en zone de conclusion avant que Georges Leekens ne le transforme en arrière droit à Gand. Aujourd'hui, il dépanne encore quelquefois en défense mais son avenir ne se situe plus à cette place (à moins que personne ne s'y impose en équipe nationale). Le hic se situe justement là : dans l'entrejeu, l'horizon semble bouché. Honnête, fonceur et ambitieux (cela lui a d'ailleurs valu quelques problèmes suite à l'incident de son penalty contre Mouscron), il possède toutes les qualités communes à cette génération.Formé à Anderlecht et poli aux Pays-Bas, cela vous confère naturellement un bagage technique intéressant. Calme et introverti, il a néanmoins rempli parfaitement ses obligations de capitaine lors des Jeux. Sens de l'analyse, exemple pour le groupe, discours dosé avant les matches, il a montré un sens des responsabilités aigu. Sur le terrain, son manque de rythme (il revenait d'une longue blessure) ne lui a pas permis de surclasser tout le monde mais son talent est indéniable. Cette saison, avec l'AZ, il est un pion inamovible et partage les mêmes statistiques que Dembélé (6 buts). par stéphane vande velde