Sur un terrain de foot, il y a des footballeurs. Des bons, des très bons, des moins bons. Il y a aussi des artistes, des compétiteurs et puis, il y a les êtres supérieurs. " Êtres " parce que footballeurs mais pas que. D'abord, des hommes qui font plus que jouer. Ils font gagner, rêver. Ce sont les légendes.

L'une d'elles vient d'annoncer sa retraite. Il s'appelle Didier Drogba. Le travail invisible d'un leader. Les mots qui transcendent, Drogba les avait. Un guide spirituel qui donne au rituel des allures de quête inéluctable de succès.Un homme devenu messager messianique.

Un messie est un personnage qui met fin à l'ordre présent. Imparfait ou mauvais pour instaurer un ordre de justice et de bonheur. C'est exactement ce que fait " Tito " (son surnom) quand il arrive dans un club.

Que ce soit l'Olympique de Marseille ou Chelsea. Depuis lui, ce ne sera jamais plus comme avant. Rare sont ceux qui ont le pouvoir, la force, le talent et la conviction de changer la destinée d'un club, d'une ville, des hommes. Il l'a fait. Son histoire a quelque chose de mythique.

Envoyé à l'âge de cinq ans en France par ses parents. Chez un oncle footballeur pro. Puis renvoyé en Côte d'Ivoire, puis ré-renvoyé en France. Pour de bon, pour le bon. Il devient stagiaire au Mans. Ses deux premières saisons sont un cauchemar. Fracture du péroné, de la cheville, de deux métatarses. Il s'accroche.

Son destin va passer par la vision d'un recruteur qui vient observer semaine après semaine le centre-avant titulaire du Mans. Drogba n'est que remplaçant et joue au mieux le dernier quart d'heure. Mais c'est lui qui tape dans l'oeil et les compétences de celui qui va changer son destin. Il signe à Guingamp. Il a déjà 24 ans et le destin réaffirme sa loi quand, lors de sa deuxième saison, c'est une autre blessure qui lui permet de devenir un vrai footballeur. Il manque d'endurance.

Pendant sa rééducation, on lui fait travailler le physique. Six semaines pour donner un vrai moteur à la belle carrosserie. La limousine est lancée sur l'autoroute du succès. En quatre mois, il marque 17 buts.

Destination Marseille, 32 buts sur sa saison. Il devient l'idole de la Canebière. Des années plus tard, les supporters de l'OM vont organiser un " Drogbathon " pour récolter les 28 M euros nécessaires pour le faire revenir de Chelsea. En vain.

À Chelsea il est, aussi, déjà devenu une légende. Il marque les buts qui font gagner les titres (4) et les trophées (10). Dont le plus grand. La Ligue des Champions. Avant cette finale de 2012, il se révèle déjà déterminant ...la veille. David Luiz est blessé. Cinq semaines sans jouer, il se ré-entraîne sur une jambe.

Drogba vient lui parler : " Tu n'a plus qu'une jambe mais demain si tu le veux tu en auras cinq. Parce que cette finale, c'est ton rêve. Et c'est le mien aussi. Se contenter de la réalité, c'est pour les perdants. " Le lendemain, ils la gagneront ensemble. David Luiz sera excellent et transformera même un tir au but.

Dans cette finale qui se joue à Munich contre le...Bayern, Drogba va se rapprocher encore un peu plus de la mythologie. Arjen Robben ouvre le score à la 83e, cela semble plié. Non ! Didier s'élève et égalise. Tel Icare mais il ne va pas se brûler. Il va incendier les certitudes bavaroises avant de les consumer définitivement en marquant le tir au but décisif. Décisif, l'adjectif qui lui convient le mieux.

Il y a ceux qui jouent, font jouer et ceux qui font gagner. Et changer le monde. En tant que capitaine de la Côte d'Ivoire, il s'adressera à son peuple en direct à la TV pour faire arrêter les combats d'une guerre civile sans fin. L'hebdo américain " The Times " va même le classer parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète.

Moi, il m'a donné foi en l'homme. Un soir de Ligue des Champions, son Chelsea bat Bordeaux. Après le match, je demande une interview à un joueur bordelais. Réponse : " T'es qui toi ? Casse-toi. " Ok ! Je me retourne, Drogba est là. " Didier deux questions pour la télévision belge, svp ". Réponse : " Bien sûr, avec plaisir. " Tout est dit.

L'homme est encore plus grand que le footballeur. C'est une légende.

Sur un terrain de foot, il y a des footballeurs. Des bons, des très bons, des moins bons. Il y a aussi des artistes, des compétiteurs et puis, il y a les êtres supérieurs. " Êtres " parce que footballeurs mais pas que. D'abord, des hommes qui font plus que jouer. Ils font gagner, rêver. Ce sont les légendes. L'une d'elles vient d'annoncer sa retraite. Il s'appelle Didier Drogba. Le travail invisible d'un leader. Les mots qui transcendent, Drogba les avait. Un guide spirituel qui donne au rituel des allures de quête inéluctable de succès.Un homme devenu messager messianique. Un messie est un personnage qui met fin à l'ordre présent. Imparfait ou mauvais pour instaurer un ordre de justice et de bonheur. C'est exactement ce que fait " Tito " (son surnom) quand il arrive dans un club. Que ce soit l'Olympique de Marseille ou Chelsea. Depuis lui, ce ne sera jamais plus comme avant. Rare sont ceux qui ont le pouvoir, la force, le talent et la conviction de changer la destinée d'un club, d'une ville, des hommes. Il l'a fait. Son histoire a quelque chose de mythique. Envoyé à l'âge de cinq ans en France par ses parents. Chez un oncle footballeur pro. Puis renvoyé en Côte d'Ivoire, puis ré-renvoyé en France. Pour de bon, pour le bon. Il devient stagiaire au Mans. Ses deux premières saisons sont un cauchemar. Fracture du péroné, de la cheville, de deux métatarses. Il s'accroche. Son destin va passer par la vision d'un recruteur qui vient observer semaine après semaine le centre-avant titulaire du Mans. Drogba n'est que remplaçant et joue au mieux le dernier quart d'heure. Mais c'est lui qui tape dans l'oeil et les compétences de celui qui va changer son destin. Il signe à Guingamp. Il a déjà 24 ans et le destin réaffirme sa loi quand, lors de sa deuxième saison, c'est une autre blessure qui lui permet de devenir un vrai footballeur. Il manque d'endurance. Pendant sa rééducation, on lui fait travailler le physique. Six semaines pour donner un vrai moteur à la belle carrosserie. La limousine est lancée sur l'autoroute du succès. En quatre mois, il marque 17 buts. Destination Marseille, 32 buts sur sa saison. Il devient l'idole de la Canebière. Des années plus tard, les supporters de l'OM vont organiser un " Drogbathon " pour récolter les 28 M euros nécessaires pour le faire revenir de Chelsea. En vain. À Chelsea il est, aussi, déjà devenu une légende. Il marque les buts qui font gagner les titres (4) et les trophées (10). Dont le plus grand. La Ligue des Champions. Avant cette finale de 2012, il se révèle déjà déterminant ...la veille. David Luiz est blessé. Cinq semaines sans jouer, il se ré-entraîne sur une jambe. Drogba vient lui parler : " Tu n'a plus qu'une jambe mais demain si tu le veux tu en auras cinq. Parce que cette finale, c'est ton rêve. Et c'est le mien aussi. Se contenter de la réalité, c'est pour les perdants. " Le lendemain, ils la gagneront ensemble. David Luiz sera excellent et transformera même un tir au but. Dans cette finale qui se joue à Munich contre le...Bayern, Drogba va se rapprocher encore un peu plus de la mythologie. Arjen Robben ouvre le score à la 83e, cela semble plié. Non ! Didier s'élève et égalise. Tel Icare mais il ne va pas se brûler. Il va incendier les certitudes bavaroises avant de les consumer définitivement en marquant le tir au but décisif. Décisif, l'adjectif qui lui convient le mieux. Il y a ceux qui jouent, font jouer et ceux qui font gagner. Et changer le monde. En tant que capitaine de la Côte d'Ivoire, il s'adressera à son peuple en direct à la TV pour faire arrêter les combats d'une guerre civile sans fin. L'hebdo américain " The Times " va même le classer parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète. Moi, il m'a donné foi en l'homme. Un soir de Ligue des Champions, son Chelsea bat Bordeaux. Après le match, je demande une interview à un joueur bordelais. Réponse : " T'es qui toi ? Casse-toi. " Ok ! Je me retourne, Drogba est là. " Didier deux questions pour la télévision belge, svp ". Réponse : " Bien sûr, avec plaisir. " Tout est dit. L'homme est encore plus grand que le footballeur. C'est une légende.