Même si l'UCI n'a encore conclu aucun accord avec les équipes, les coureurs et les organisateurs, elle est décidée à mener des réformes drastiques en 2017. Ainsi, le calendrier du WorldTour va être réduit : il n'y aura plus deux courses au même moment et les courses par étapes comme la Vuelta compteront moins de jours. Il y aura encore un plafond salarial, des normes de sécurité et une nouvelle répartition des équipes, avec seize écuries WorldTour au lieu de 18 et huit équipes B, qui pourront briguer la montée chaque saison. Ces 24 équipes devront aligner une formation espoirs et ne pourront compter que 22 coureurs au lieu de trente.
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Même si l'UCI n'a encore conclu aucun accord avec les équipes, les coureurs et les organisateurs, elle est décidée à mener des réformes drastiques en 2017. Ainsi, le calendrier du WorldTour va être réduit : il n'y aura plus deux courses au même moment et les courses par étapes comme la Vuelta compteront moins de jours. Il y aura encore un plafond salarial, des normes de sécurité et une nouvelle répartition des équipes, avec seize écuries WorldTour au lieu de 18 et huit équipes B, qui pourront briguer la montée chaque saison. Ces 24 équipes devront aligner une formation espoirs et ne pourront compter que 22 coureurs au lieu de trente. Coureurs et managers grognent. Deux équipes WorldTour de trente coureurs, plus seize équipes avec huit coureurs de moins, cela représente une perte de 188 places pour les professionnels. Les managers anticipent en réduisant progressivement le nombre de coureurs et en modifiant leur politique des jeunes. Tant Giant-Shimano qu'Omega Pharma-Quick-Step, qui devient Etixx-QS en 2015, vont désormais offrir un suivi individuel et renoncer à l'équipe formatrice. Dans le cas d'OPQS, cela signifie que Patrick Lefevere met fin au soutien financier et matériel à EFC-Quick-Step (espoirs) et Avia (juniors). " EFC poursuit sa collaboration avec Etixx d'Omega Pharma mais indépendamment de mon équipe. " Etixx-Ihned, l'équipe satellite continentale tchèque, devra également gagner son indépendance et changer de nom, tout en bénéficiant encore des fonds du milliardaire Zdenek Bakala et du soutien matériel de l'équipe WorldTour. Lefevere insiste : il est obligé de changer de cap. " Pourquoi continuerais-je à investir dans une pyramide des âges, qui m'a coûté l'équivalent d'un appartement haut de gamme à Knokke en l'espace de dix ans, si on me pique chaque année des talents ? On, c'est notamment Lotto, avec l'argent des contribuables (trois juniors d'Avia, parmi lesquels le champion de Belgique, Enzo Wouters, rejoignent l'équipe U23 de Lotto en 2015, ndlr). À partir de 2017, j'aurai plus de mal à promouvoir les meilleurs dans l'équipe WorldTour, puisque je ne pourrai plus aligner que 22 hommes. J'y suis parvenu la saison écoulée avec Julien Alaphilippe et Petr Vakoc et en 2015 avec Lukasz Wisniowski, qui vient d'Etixx-Ihned - la preuve que la pyramide fonctionne - mais le rapport rendement-coût va baisser. Nous voulons donc offrir un suivi individuel à une dizaine d'espoirs, de quelque nationalité qu'ils soient. Nous leurs ferons subir des tests au centre Bakala de Louvain, ils effectueront des stages avec les professionnels, ils recevront des vélos. Ces jeunes seront sélectionnés après un scouting intensif ou par l'intermédiaire de notre camp annuel. Igor Decraene a été le premier mais il n'est malheureusement plus là. Nous avons déjà recruté deux talents. Je ne citerai pas de noms. D'autres vont suivre. D'autres équipes pourront tout aussi bien les recruter par la suite mais au moins nous auront-ils moins coûté que cette pyramide. C'est l'UCI qui oblige à poser ce choix. Des équipes WorldTour de 36 coureurs dont 28 coureurs chevronnés et huit jeunes constitueraient une meilleure option mais l'UCI ne nous écoute pas, en ça comme en d'autres choses. " PAR JONAS CRÉTEUR" Pourquoi investir dans les jeunes si on nous prend nos talents ? "