" On ne garde plus le ballon derrière " (Dominic Foley, capitaine)

" Trond Sollied met sans cesse l'accent sur la nécessité de repartir très vite vers l'avant. - A quoi sert-il de conserver le ballon derrière ?, demande-t-il. Les trois joueurs offensifs doivent dès lors être impliqués aussi vite que possible dans le jeu. Avec Georges Leekens, les défenseurs et les médians devaient avant tout veiller à ce que le bloc reste compact. Il fallait limiter les espaces puis, seulement, penser à attaquer. Les entraînements étaient, dès lors, très différents. Aujourd'hui, nous travaillons beaucoup plus avec le ballon. Avec Leekens, on savait chaque semaine ce qui nous attendait : congé le lundi, course et musculation le mardi, entraînements calmes le mercredi et le jeudi, match à onze contre onze le vendredi. Ce dernier était l'équivalent du shadow game actuel : nous répétions, face à des défenseurs passifs, les phases offensives afin de les maîtriser ...

" Trond Sollied met sans cesse l'accent sur la nécessité de repartir très vite vers l'avant. - A quoi sert-il de conserver le ballon derrière ?, demande-t-il. Les trois joueurs offensifs doivent dès lors être impliqués aussi vite que possible dans le jeu. Avec Georges Leekens, les défenseurs et les médians devaient avant tout veiller à ce que le bloc reste compact. Il fallait limiter les espaces puis, seulement, penser à attaquer. Les entraînements étaient, dès lors, très différents. Aujourd'hui, nous travaillons beaucoup plus avec le ballon. Avec Leekens, on savait chaque semaine ce qui nous attendait : congé le lundi, course et musculation le mardi, entraînements calmes le mercredi et le jeudi, match à onze contre onze le vendredi. Ce dernier était l'équivalent du shadow game actuel : nous répétions, face à des défenseurs passifs, les phases offensives afin de les maîtriser au mieux. L'entraîneur actuel parle beaucoup moins pendant l'entraînement mais il observe tout dans les moindres détails. Comme le disent ses adjoints : il ne parle pas beaucoup mais voit tout. Les entraînements durent souvent deux heures. C'est donc un peu plus dur physiquement mais on ne le remarque pas car on travaille toujours avec le ballon. La seule chose, c'est que nous avons moins de temps libre. Le lendemain d'un match, nous ne devons pas nous présenter au stade mais nous avons un programme de course à exécuter. Il n'est pas très lourd, juste de quoi rester en mouvement. La différence entre les deux entraîneurs se remarque aussi à de petits détails. Un bête exemple : aujourd'hui, après avoir mangé, nous pouvons faire ce dont nous avons envie. Avec Leekens, il fallait attendre que tout le monde ait terminé. C'est une situation amusante, les joueurs respectent cette petite latitude, nous savons que nous ne devons pas exagérer. Sur le terrain, nous faisons ce qu'on nous demande mais nous avons tout de même un peu de liberté de man£uvre, aussi. Je peux ainsi changer de position avec l'ailier droit ou l'ailier gauche. Le système Sollied offre plus de possibilités à un attaquant de donner le ballon : il y a toujours deux joueurs près de moi et un qui surgit de l'entrejeu. Comme l'accent est mis sur l'offensive, on joue souvent dans le camp de l'adversaire. Celui-ci se crée moins d'occasions et nous, davantage. Mais pour le moment, je ne peux pas encore jurer que je vais inscrire plus de buts pour la cause ". " Leekens exigeait que tout soit réglé dans les moindres détails, du terrain d'entraînement à la couleur de l'équipement de l'adversaire. Trond ne se soucie guère de tout cela. Il laisse faire les gens. Tout ce qu'il demande, c'est que ça marche. Cela vaut pour moi mais aussi pour les joueurs. C'est à eux de savoir s'ils font du bon boulot ou pas. La grande différence, c'est cela. Je suis donc beaucoup plus proche de l'équipe aujourd'hui. Avant, en cas de problème, les joueurs allaient trouver l'entraîneur. Maintenant, ils viennent me voir. Sur le banc, Leekens s'occupait davantage d'aspects externes que Sollied. Georges était très présent, très critique envers les arbitres. Sollied, beaucoup moins. Il reste calme en toutes circonstances et ne s'occupe que de ce qu'il se passe sur le terrain. Georges et son adjoint Freddy Heirman étaient très complémentaires mais aujourd'hui aussi, les rôles sont bien répartis. Cedomir Janevski, Chris Van Puyvelde et Sollied se comprennent parfaitement. Ils sont toujours du même avis, c'est assez fantastique. La différence, c'est qu'avec Leekens, Heirman travaillait toujours dans l'ombre tandis que Sollied délègue davantage. Chris s'occupe de l'aspect physique, Cedo du technique et Trond observe ". " Sollied mise avant tout sur les qualités de son équipe : il attaque et presse. La défense joue plus haut que la saison dernière et ce n'est pas sans conséquences pour le gardien. Sollied veut qu'il soit alerte et joue loin de son but. Il doit pouvoir anticiper sur une passe en profondeur et ne pas laisser trop d'espaces dans le dos de la défense, afin d'empêcher l'adversaire de se présenter seul devant lui. Lors des matches d'entraînement, je le coache donc dans ce sens. Sollied est plus philosophe. Il dit souvent des choses qui vous étonnent. C'est la preuve qu'il est très intelligent. Avec Leekens, la hiérarchie des gardiens était très claire puisque Frédéric Herpoel était le numéro un absolu. Cette saison, nous avons Bojan Jorgacevic et Alexandre Martinovic, deux gardiens du même niveau ou presque. Trond doit donc faire un choix. Au cours des derniers jours avant le match à Mouscron, nous en avons parlé, nous avons dressé une liste des pour et des contre. Finalement, c'est Bojan qui a été choisi. Après les entraînements aussi, Sollied aime dresser un bilan. Je n'ai vraiment pas l'être la cinquième roue de la charrette ".