S'il existait un classement des clubs hollandais dont les supporters sont précédés de la plus mauvaise réputation, ADO La Haye terminerait certainement sur le podium. Les anecdotes et les récits d'exactions de ses turbulents fans jalonnent l'histoire footballistique d'outre-Moerdijk. Bagarres, envahissements de terrain, grève des joueurs contre la violence, vandalisme, le problème fut si aigu qu'en 1987, la finale de Coupe contre l'Ajax dut se disputer sur le terrain des premiers nommés, le Zuiderpark (inauguré le 28 octobre 1928). Aucune autre vill...

S'il existait un classement des clubs hollandais dont les supporters sont précédés de la plus mauvaise réputation, ADO La Haye terminerait certainement sur le podium. Les anecdotes et les récits d'exactions de ses turbulents fans jalonnent l'histoire footballistique d'outre-Moerdijk. Bagarres, envahissements de terrain, grève des joueurs contre la violence, vandalisme, le problème fut si aigu qu'en 1987, la finale de Coupe contre l'Ajax dut se disputer sur le terrain des premiers nommés, le Zuiderpark (inauguré le 28 octobre 1928). Aucune autre ville du pays n'avait voulu accueillir cette rencontre explosive soldée par une victoire des Ajacides (4-2 après prolongations). La descente du club de la capitale administrative des Pays-Bas à l'étage inférieur fut même souvent espérée de manière à peine voilée par la Fédération néerlandaise ! A l'aube de cette saison, ce vieux vaisseau a été déserté pour une nouvelle enceinte à l'extérieur de la ville : le Forepark (15.000 places). Il ne reste plus du vieux stade que la tribune officielle, le reste ayant été rapidement rasé comme s'il s'agissait de faire disparaître au plus vite ces murs suintant de violence. Nous avions pris la température de ce lieu à l'atmosphère sulfureuse en 2005, lors d'une rencontre contre NAC Breda (6-2). L'endroit relevait davantage du camp retranché que du terrain de sport. Cette sensation se faisait directement ressentir à l'extérieur par les douves qui ceinturaient partiellement le site. Actuellement, les guichets, devenus espaces d'expression pour as de la bombe de couleur, n'ont pas encore été détruits et semblent encore en vie par le truchement de petites fresques en forme de visages menaçants. Allons vers la tribune Aad Mansveld, du nom du joueur emblématique de l'équipe qui remporta la Coupe en 1968 au sein de laquelle évoluait aussi un certain Henk Houwaart. C'est le territoire aujourd'hui disparu des plus chauds partisans locaux et des vestiges de tags témoignent des alliances entre noyaux durs : Legia Varsovie, Juventus et le Club Bruges. Ici, les résultats des Blauw en Zwart étaient même annoncés par le speaker officiel. Le stade aux sièges de couleurs passées et mal assorties (que venait y faire le bleu ?), présentait une particularité : les pylônes d'éclairage, situés à hauteur de chaque tiers (et non aux angles du terrain), traversaient la toiture et les travées ! Et pour ne pas être en reste, la tribune des visiteurs placée derrière un des buts était une véritable prison éloignée de l'aire de jeu par un fossé de trois mètres de profondeur, pourvue de grillages et de filets anti-projectiles. Marqué pas de chance, l'ex-équipe de Laurent Delorge et Stijn Vreven est descendue en D2 juste avant l'inauguration de son nouveau cadre. Contribuera-t-il à l'assagissement de hooligans parmi les plus violents d'Europe ? par rudi katusic