Fraîchement international (8 sélections), il est déjà indispensable au football français. On se demande si Thierry Henry sera titulaire à l'Euro ou si David Trézéguet fera partie de la sélection... mais on se ne pose aucune question concernant Karim Benzema. Inconnu il y a un an et désormais pilier des Bleus de Raymond Domenech. Car, la France n'arrête pas ! Zinédine Zidane a pris sa retraite mais là où d'autres pays mettent une génération à s'en remettre, les Français ont vu immédiatement débouler Frank Ribéry. Et un an plus tard, c'est une fameuse génération qui pointe le bout du nez. Si fameuse qu'elle porte déjà un millésime (1987) et une couronne (championne d'Europe des -17 ans en 2004). Ce sont désormais les Samir Nasri, Jeremy Menez et Hatem Ben Arfa qui règnent sur la Ligue 1. Sans oublier le nouveau phénomène :...

Fraîchement international (8 sélections), il est déjà indispensable au football français. On se demande si Thierry Henry sera titulaire à l'Euro ou si David Trézéguet fera partie de la sélection... mais on se ne pose aucune question concernant Karim Benzema. Inconnu il y a un an et désormais pilier des Bleus de Raymond Domenech. Car, la France n'arrête pas ! Zinédine Zidane a pris sa retraite mais là où d'autres pays mettent une génération à s'en remettre, les Français ont vu immédiatement débouler Frank Ribéry. Et un an plus tard, c'est une fameuse génération qui pointe le bout du nez. Si fameuse qu'elle porte déjà un millésime (1987) et une couronne (championne d'Europe des -17 ans en 2004). Ce sont désormais les Samir Nasri, Jeremy Menez et Hatem Ben Arfa qui règnent sur la Ligue 1. Sans oublier le nouveau phénomène : Benzema. Première saison comme titulaire et premier sacre comme meilleur joueur de Ligue 1. Ah oui, et comme il joue attaquant, il est reparti avec le titre de meilleur buteur du championnat. 25 buts cette saison dont 20 en championnat. Quel âge ? 20 ans ! Tous les médias français l'ont compris. Le Monde, Le Figaro et L'Equipe ont déjà analysé sous toutes les coutures le nouveau phénomène : " Décidément, le football est injuste ", écrivait l'hebdomadaire généraliste Le Point, " Lyon écrase déjà la concurrence et voilà qu'en plus il touche, dans son centre de formation, un talent offensif comme on en déniche un tous les dix ou quinze ans ". Benzema est Lyonnais pure jus. Et percer dans un club qui vient de remporter sept fois le championnat de France n'est sûrement pas aussi aisé que forcer les portes d'une équipe en pleine crise. Né dans le quartier de Bron-Terraillon (où il habite encore dans la maison familiale malgré une villa avec piscine achetée pour toute la fratrie il y a six mois mais que personne ne se décide à investir), dans la banlieue de Lyon, c'est là qu'il débuta. A 8 ans. Il avait été refoulé par son éducateur parce que l'année avait déjà débuté. Revenu tout penaud à la maison, son père l'empoigna et retourna au terrain, parlementant avec l'éducateur pour qu'il fasse subir un test à son fils. A l'issue de celui-ci, Benzema signait sa première carte d'affiliation. S'en suivit la filière classique au sein du centre de formation, son père demandant même, à 15 ans, qu'il reste en internat (réservé normalement aux enfants qui habitent à plus de 50 kilomètres) pour lui éviter les mauvaises fréquentations. Car, Benzema, c'est aussi un exemple de modestie, de politesse et de bonne éducation dans une banlieue réputée pour ses mauvais coups. " C'est un étonnant mélange d'humilité et de grande assurance ", explique Gérard Houllier, son entraîneur à Lyon, la saison dernière. Benzema ne doute pas. Comme lorsqu'il fut incorporé dans le noyau A. Appelé à faire un discours comme tous les nouveaux, il bredouilla quelques mots, faisant sourire ses coéquipiers. Il répliqua alors - Ne rigolez pas, je suis là pour prendre votre place. Ce qui suscita le respect et les applaudissements. Et l'attaquant d'origine algérienne (kabyle comme Zizou) n'a pas menti. Depuis cette phrase, tout s'est accéléré. Débuts en ligue 1 en janvier 2005, puis une blessure de six mois, avant de redonner un coup d'accélérateur. Premier match en Ligue des Champions, contre Rosenborg, en décembre 2005 et un but. Premier pas sous le maillot tricolore en avril 2007 (contre l'Autriche), huit minutes de jeu et un but. Mais c'est cette saison qu'il va éclater. La blessure de Fred et le départ de John Carew vont obliger les dirigeants lyonnais à chercher un attaquant. Ils ne trouvent pas et font définitivement confiance à Benzema. Dans un 4-4-2 qui lui va mieux (Houllier optait davantage pour un 4-3-3, décentrant souvent Benzema), il réussit un début de saison en fanfare : huit buts en sept matches. " Le joueur a tout pour lui : rapidité du démarrage, qualité de dribble, sens du placement et du but et fermeté de tir. Comme son but contre les Glasgow Rangers où il décoche des 25 mètres en pleine course une frappe qui demande un équilibre extraordinaire du pied et de la cheville ", explique François-Guillaume Lorrain, journaliste au Point. Son statut a changé. Tant en coulisses où il se retrouve désormais entre Alain Delon et Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme sur le plateau du Grand Journal de Canal +que sur le terrain : " L'année dernière, on me disait les choses que j'avais à faire. Cette année, on me demande des conseils comme à Juninho ou à Sydney Govou ". Les superlatifs pleuvent. On dit que c'est le nouveau Zinédine Zidane en attaque. Et son prix s'est mis à flamber. Le Real Madrid est sur les rangs, tout comme Manchester United, séduit par ce jeune lors de la double confrontation entre Lyon et MU en huitième de finale de Ligue des Champions. Bernard Lacombe, conseiller du président lyonnais, a même dit qu'il valait 150 millions d'euros. par stéphane vande velde - photo: reporters