Les 850 personnes dispersées dans les travées du Kehrweg semblent faire partie des irréductibles. Ceux qui supportent leur club coûte que coûte, quels que soient la météo et les résultats. C'est seulement la troisième journée des play-offs 2, mais Pandas et Zèbres semblent déjà engagés dans un duel qui sent la fin de saison.

Malmenés par leur 0/6 initial, les hommes de Felice Mazzù retrouvent leur solidité défensive par la grâce d'une défense à cinq, mais peinent à se montrer dangereux. C'est alors que Victor Osimhen traverse le terrain pendant que le chrono du stade égrène ses dernières secondes, et offre le but de la victoire à Jérémy Perbet au bout d'un solo débordant de puissance.

Depuis ce succès arraché dans les Cantons de l'Est, Charleroi est sorti de la tombe. Une nouvelle fois incapables de battre Ostende, leur bête noire cette saison (deux nuls et deux défaites), les Carolos ont rendu cinq clean-sheets sur leurs six dernières sorties, soit un bilan de 16/18 qui leur a permis de prendre la tête de leur groupe, et de s'offrir une balle de match dès la neuvième journée sur la pelouse du Kuipje. L'histoire d'un réveil qu'on n'attendait plus.

SE RELEVER DU CHAOS

" Au début des play-offs 2, on a fait de la merde ", sourit Javier Martos, presque gêné de dégainer un mot qu'il sait inadapté à l'exercice de l'interview. Après la victoire face à Saint-Trond, qui place les Zèbres en tête de leur groupe, tout le vestiaire est à la fête. La défaite inaugurale au Stayen, tellement amère, est presque oubliée : " Ce premier match nous a fait mal. On fait une bonne première mi-temps, on a les occasions pour tuer le match, et on finit par le perdre. "

Le coup est énorme sur la tête d'un groupe qui s'était rassemblé au bout de la phase classique, toujours groggy d'une absence inconcevable du peloton de tête à l'approche du sprint final. " On s'était préparés pour être en play-offs 1, et on n'y est pas arrivés ", conclut Martos. " Le vestiaire, le club et les supporters, on sentait que tout le monde avait une frustration énorme. "

La remobilisation par la parole ne dure que nonante minutes. Abattu par sa défaite dans le Limbourg, le club carolo encaisse un nouveau coup en étant giflé à domicile face à Ostende. La saison zébrée est aux soins intensifs, et les médecins sont pessimistes. D'aucuns commencent à douter des capacités de Felice Mazzù, plus que jamais sur le départ, à remobiliser une nouvelle fois un groupe qui glisse à chaque fois qu'il tente de se relever.

RETOUR AUX SOURCES

L'atmosphère s'allège quand la quête de la fraîcheur mentale prend le pas sur celle de la plénitude physique. Les team-buildings se multiplient et soudent un groupe effrité par les désillusions de la saison. Les victoires aident évidemment à oublier quelques accrochages, comme celui entre Osimhen et Adama Niane, acteurs principaux d'une discussion animée lors de la victoire des Zèbres face à Westerlo.

L'embryon de conflit avait été réglé dès le retour aux vestiaires, avec Nurio dans le rôle de l'improbable interprète entre le français de Niane et l'anglais d'Osimhen. Le groupe vit mieux, et les sourires reviennent dans la foulée des succès.

Après la victoire probablement déterminante face à Saint-Trond, Felice Mazzù affiche son humeur grinçante en évoquant son étiquette d'entraîneur défensif tout en distribuant des louanges à un Massimo Bruno de plus en plus impliqué dans l'idée collective.

Quelques mètres plus bas, pendant que Gaëtan Hendrickx raconte son but, Adama Niane traîne des pieds et claque les portes. Le Malien a très mal supporté d'être relégué sur le banc au profit de Ryota Morioka, de retour de blessure, et l'a bruyamment fait savoir à son coach et à Mehdi Bayat. Le point de non-retour semblait alors être atteint, mais c'est pourtant Niane qui a inscrit le troisième et dernier but du succès zébré au Kiel.

Après une discussion aux allures de recadrage avec Mehdi Bayat durant la semaine, le buteur venu de France a été relancé par un Mazzù toujours aussi habile à l'heure de faire parler son sens de la psychologie. La saison du Malien, rendue encore plus difficile par un drame familial, avait déjà mal démarré quand il avait été relégué sur le banc une première fois, frappé de plein fouet par l'explosion d'Osimhen.

Remobilisé, et malgré un temps de jeu pas toujours énorme, il tutoie son concurrent nigérian dans la course au Zèbre le plus décisif des PO2 (quatre buts et une passe décisive chacun).

L'EUROPE VIA SCLESSIN ?

Le Sporting a retrouvé les valeurs collectives chères à son entraîneur. Celles-là mêmes qui font que Felice Mazzù est considéré comme un coach défensif, et qui amènent Ivan De Witte à hésiter quand le nom du Sambrien atterrit au sommet de la pile des candidats à la succession d'un Jess Thorup fragilisé par la défaite de Gand en finale de la Coupe. La rencontre du 1er mai avait d'ailleurs été suivie avec attention dans le Pays Noir, dans la foulée de l'entraînement matinal.

Charleroi recommence désormais à rêver d'Europe, alors que ses espoirs semblaient se limiter à l'arrivée précoce de la fin de saison voici quelques semaines. Au bout de ce groupe de play-offs 2, il y aura encore un déplacement à Courtrai, qui avait souri aux Zèbres lors de la phase classique. Dans la foulée de cette finale, la perspective d'un duel pour l'Europe contre le meilleur ennemi liégeois fait évidemment saliver les supporters.

Dans les bureaux du boulevard Zoé Drion, certains auraient probablement préféré se rendre au Bosuil, vu les antécédents des Carolos en bord de Meuse. Mais finalement, quoi de plus symbolique qu'une première victoire à Sclessin depuis 2008 pour écrire le point final du deuxième cycle de trois ans du plan Bayat ?

Les 850 personnes dispersées dans les travées du Kehrweg semblent faire partie des irréductibles. Ceux qui supportent leur club coûte que coûte, quels que soient la météo et les résultats. C'est seulement la troisième journée des play-offs 2, mais Pandas et Zèbres semblent déjà engagés dans un duel qui sent la fin de saison. Malmenés par leur 0/6 initial, les hommes de Felice Mazzù retrouvent leur solidité défensive par la grâce d'une défense à cinq, mais peinent à se montrer dangereux. C'est alors que Victor Osimhen traverse le terrain pendant que le chrono du stade égrène ses dernières secondes, et offre le but de la victoire à Jérémy Perbet au bout d'un solo débordant de puissance. Depuis ce succès arraché dans les Cantons de l'Est, Charleroi est sorti de la tombe. Une nouvelle fois incapables de battre Ostende, leur bête noire cette saison (deux nuls et deux défaites), les Carolos ont rendu cinq clean-sheets sur leurs six dernières sorties, soit un bilan de 16/18 qui leur a permis de prendre la tête de leur groupe, et de s'offrir une balle de match dès la neuvième journée sur la pelouse du Kuipje. L'histoire d'un réveil qu'on n'attendait plus. " Au début des play-offs 2, on a fait de la merde ", sourit Javier Martos, presque gêné de dégainer un mot qu'il sait inadapté à l'exercice de l'interview. Après la victoire face à Saint-Trond, qui place les Zèbres en tête de leur groupe, tout le vestiaire est à la fête. La défaite inaugurale au Stayen, tellement amère, est presque oubliée : " Ce premier match nous a fait mal. On fait une bonne première mi-temps, on a les occasions pour tuer le match, et on finit par le perdre. " Le coup est énorme sur la tête d'un groupe qui s'était rassemblé au bout de la phase classique, toujours groggy d'une absence inconcevable du peloton de tête à l'approche du sprint final. " On s'était préparés pour être en play-offs 1, et on n'y est pas arrivés ", conclut Martos. " Le vestiaire, le club et les supporters, on sentait que tout le monde avait une frustration énorme. " La remobilisation par la parole ne dure que nonante minutes. Abattu par sa défaite dans le Limbourg, le club carolo encaisse un nouveau coup en étant giflé à domicile face à Ostende. La saison zébrée est aux soins intensifs, et les médecins sont pessimistes. D'aucuns commencent à douter des capacités de Felice Mazzù, plus que jamais sur le départ, à remobiliser une nouvelle fois un groupe qui glisse à chaque fois qu'il tente de se relever. L'atmosphère s'allège quand la quête de la fraîcheur mentale prend le pas sur celle de la plénitude physique. Les team-buildings se multiplient et soudent un groupe effrité par les désillusions de la saison. Les victoires aident évidemment à oublier quelques accrochages, comme celui entre Osimhen et Adama Niane, acteurs principaux d'une discussion animée lors de la victoire des Zèbres face à Westerlo. L'embryon de conflit avait été réglé dès le retour aux vestiaires, avec Nurio dans le rôle de l'improbable interprète entre le français de Niane et l'anglais d'Osimhen. Le groupe vit mieux, et les sourires reviennent dans la foulée des succès. Après la victoire probablement déterminante face à Saint-Trond, Felice Mazzù affiche son humeur grinçante en évoquant son étiquette d'entraîneur défensif tout en distribuant des louanges à un Massimo Bruno de plus en plus impliqué dans l'idée collective. Quelques mètres plus bas, pendant que Gaëtan Hendrickx raconte son but, Adama Niane traîne des pieds et claque les portes. Le Malien a très mal supporté d'être relégué sur le banc au profit de Ryota Morioka, de retour de blessure, et l'a bruyamment fait savoir à son coach et à Mehdi Bayat. Le point de non-retour semblait alors être atteint, mais c'est pourtant Niane qui a inscrit le troisième et dernier but du succès zébré au Kiel. Après une discussion aux allures de recadrage avec Mehdi Bayat durant la semaine, le buteur venu de France a été relancé par un Mazzù toujours aussi habile à l'heure de faire parler son sens de la psychologie. La saison du Malien, rendue encore plus difficile par un drame familial, avait déjà mal démarré quand il avait été relégué sur le banc une première fois, frappé de plein fouet par l'explosion d'Osimhen. Remobilisé, et malgré un temps de jeu pas toujours énorme, il tutoie son concurrent nigérian dans la course au Zèbre le plus décisif des PO2 (quatre buts et une passe décisive chacun). Le Sporting a retrouvé les valeurs collectives chères à son entraîneur. Celles-là mêmes qui font que Felice Mazzù est considéré comme un coach défensif, et qui amènent Ivan De Witte à hésiter quand le nom du Sambrien atterrit au sommet de la pile des candidats à la succession d'un Jess Thorup fragilisé par la défaite de Gand en finale de la Coupe. La rencontre du 1er mai avait d'ailleurs été suivie avec attention dans le Pays Noir, dans la foulée de l'entraînement matinal. Charleroi recommence désormais à rêver d'Europe, alors que ses espoirs semblaient se limiter à l'arrivée précoce de la fin de saison voici quelques semaines. Au bout de ce groupe de play-offs 2, il y aura encore un déplacement à Courtrai, qui avait souri aux Zèbres lors de la phase classique. Dans la foulée de cette finale, la perspective d'un duel pour l'Europe contre le meilleur ennemi liégeois fait évidemment saliver les supporters. Dans les bureaux du boulevard Zoé Drion, certains auraient probablement préféré se rendre au Bosuil, vu les antécédents des Carolos en bord de Meuse. Mais finalement, quoi de plus symbolique qu'une première victoire à Sclessin depuis 2008 pour écrire le point final du deuxième cycle de trois ans du plan Bayat ?