45 millions d'euros. C'est la clause de départ qui figure dans le contrat de William Carvalho (23 ans) qui vient de prolonger au Sporting du Portugal jusqu'à l'été 2020. De janvier 2012 à juin 2013, le milieu de terrain portugais a été prêté durant un an et demi au Cercle Bruges, qui avait à l'époque un accord de collaboration avec le club lisboète.
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45 millions d'euros. C'est la clause de départ qui figure dans le contrat de William Carvalho (23 ans) qui vient de prolonger au Sporting du Portugal jusqu'à l'été 2020. De janvier 2012 à juin 2013, le milieu de terrain portugais a été prêté durant un an et demi au Cercle Bruges, qui avait à l'époque un accord de collaboration avec le club lisboète. " Au début, je n'ai pas directement pensé qu'il irait aussi loin ", admet Lorenzo Staelens. L'actuel T2 de Mouscron a connu Carvalho, au Cercle, comme assistant de Bob Peeters et Foeke Booy puis comme entraîneur principal. " William n'avait encore que 19 ans. Nous avions reçu quelques jeunes joueurs du Sporting en prêt, comme Renato Neto (aujourd'hui à Gand, ndlr) et Nuno Reis (aujourd'hui au FC Metz en Ligue 2 française, ndlr) et on s'est vite aperçu que Carvalho était le plus talentueux. " Son ancien équipier Lukas Van Eenoo, aujourd'hui à Courtrai, se souvient surtout du caractère introverti du jeune Portugais. " Lorsqu'il est arrivé au Cercle, il était très timide. Il souffrait aussi du mal du pays, cela se ressentait à l'entraînement. Mais lorsque le moteur se mettait en route, on préférait l'avoir dans notre équipe. On se rendait alors compte que c'était un joueur de haut niveau et que le travail de formation effectué au Sporting est de grande qualité. " Van Eenoo a toujours du mal à imaginer qu'il a côtoyé un futur international portugais : " J'ai aussi joué avec Eidur Gudjohnsen, mais William est tout de même celui qui m'a laissé la plus forte impression. Il me fait penser à Yaya Touré, car il a aussi un air nonchalant mais on parvient difficilement à le déposséder du ballon. " Bob Peeters, qui était le coach du Cercle en janvier 2012, est directement tombé sous le charme du nouveau venu. Il ne met pas longtemps à le titulariser dans l'entrejeu aux côtés d'Arnar Vidarsson. Le Cercle joue alors un football chatoyant et remporte les play-offs 2, ce qui lui permet d'affronter Gand pour le dernier ticket européen, mais les Buffalos se montrent les plus forts. La saison suivante, Peeters ne trouve pas directement le bon rythme et cède le flambeau à Booy en octobre 2012. Sous la houlette du Néerlandais, Carvalho prend souvent place sur le banc. Son assistant Ronny Desmedt, qui travaille au Cercle depuis 25 ans, témoigne : " Un coach est toujours amené à faire des choix, mais j'ai tout de même eu du mal à comprendre pourquoi il se privait d'un talent comme Carvalho. William a eu la chance que Foeke ait été rapidement limogé, et il n'était pas le seul à être soulagé par son départ. Sans cela, je pense que nous serions descendus. " C'était en avril 2013. Le Cercle Bruges termine 16e et doit disputer les play-offs 3 contre le Beerschot afin de désigner le descendant. En outre, les " Vert et Noir " ont entamé cette mini-compétition avec trois points de retard et ont perdu le premier match au Kiel. La cause est quasiment désespérée lorsque Staelens est propulsé au rang de T1. " Foeke jugeait Carvalho trop nonchalant, mais je l'ai directement titularisé. Il est puissant, relativement rapide et solide sur ses jambes. Nous avions besoin d'un battant comme lui pour éviter la relégation. William s'est finalement érigé en sauveur du Cercle. " De fait, le premier match sous Staelens est remporté 1-0, avec un but de... Carvalho. L'ancien coach du Cercle ne peut masquer un sourire lorsqu'on lui rappelle cet épisode : " William a un peu trop fêté ce premier succès. Certes, les autres garçons sont sortis également ce soir-là, mais le lendemain, on a retrouvé William endormi au complexe d'entraînement. Nous avons dû lui rappeler ses obligations, et à partir de là, il s'est comporté en vrai professionnel. " Dans la foulée, le Cercle remporte les PO3 et également le tour final contre trois équipes de D2, pour se maintenir. Cerise sur le gâteau, il dispute la finale de la Coupe de Belgique contre Genk, mais Carvalho, qui joue l'intégralité de la rencontre, ne peut empêcher une défaite 2-0. Durant l'été 2013, le Sporting du Portugal rappelle sa petite perle, au grand désappointement de Staelens. " Carvalho avait atteint un très haut niveau, à ce moment-là. J'aurais aimé le conserver, mais il est parti en stage au Canada avec le Sporting et n'est plus revenu en Belgique. " Sous la houlette de Leonardo Jardim (aujourd'hui coach à l'AS Monaco), William ne tarde pas à acquérir ses galons de titulaire en tant que milieu défensif. Ses prestations ne passent pas inaperçues, car le 19 novembre 2013, moins de six mois après son départ du Cercle, il fête une première sélection en équipe nationale. Il monte au jeu à un quart d'heure de la fin du match de barrage contre la Suède, remporté 2-3 avec un triplé de Cristiano Ronaldo. Il atteint ensuite le sommet à la vitesse d'une comète. Le quotidien sportif Record l'élit meilleur joueur du championnat portugais et le sélectionneur Paulo Bento le retient pour la Coupe du Monde au Brésil. Il est réserviste lors de la défaite 4-0 contre l'Allemagne, mais monte au jeu contre les Etats-Unis et dispute l'intégralité de la rencontre contre le Ghana. L'été dernier, il a participé au Championnat d'Europe U21. Le Portugal y a atteint la finale, contre la Suède. Le match s'est terminé sur le score de 0-0. Carvalho a, malheureusement, raté son tir au but, ce qui a précipité la défaite des siens mais ça ne l'a pas empêché d'être élu meilleur joueur du tournoi. PAR PHILIPPE BRIERS ET XANDER CROKAERT - PHOTOS BELGAIMAGE