Nous sommes le lundi 31 août. Dans une heure, le mercato ferme ses portes. A Naples, l'ambiance est tendue. Le club d'Aurelio De Laurentiis est prêt à débourser 13 millions d'euros pour acquérir les services de Roberto Soriano (Sampdoria). A 18 heures, le médian offensif âgé de 24 ans a refusé une offre de l'AC Milan mais les négociations avec Naples sont compliquées. De Laurentiis exige que tous les joueurs cèdent leur droit à l'image et Soriano n'est pas d'accord. A 22 h 20, alors qu'il reste 40 minutes avant la clôture, les deux parties finissent par tomber d'accord mais à 23 heures, De Laurentiis apprend que l'affaire a capoté.
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Nous sommes le lundi 31 août. Dans une heure, le mercato ferme ses portes. A Naples, l'ambiance est tendue. Le club d'Aurelio De Laurentiis est prêt à débourser 13 millions d'euros pour acquérir les services de Roberto Soriano (Sampdoria). A 18 heures, le médian offensif âgé de 24 ans a refusé une offre de l'AC Milan mais les négociations avec Naples sont compliquées. De Laurentiis exige que tous les joueurs cèdent leur droit à l'image et Soriano n'est pas d'accord. A 22 h 20, alors qu'il reste 40 minutes avant la clôture, les deux parties finissent par tomber d'accord mais à 23 heures, De Laurentiis apprend que l'affaire a capoté. Le secrétaire sportif du club et le nouveau directeur sportif, venu de Carpi, se trouvent à des endroits différents et les formalités administratives n'ont pu être remplies correctement. Napoli doit donc faire son deuil du trequartista dont le nouvel entraîneur avait fait son cheval de bataille : un meneur de jeu à l'ancienne, un joueur capable d'assurer la transition entre la ligne médiane et les deux attaquants. Sur la piazza, toujours prompte à s'enflammer, la colère gronde. L'entraîneur n'est pas content non plus. Quand on lui demande ce qu'il pense des renforts de dernière minute, il se montre on ne peut plus bref. Nathaniel Chalobah, venu de Chelsea ? " Je ne le connais pas ", répond Maurizio Sarri, qui n'est pas un grand fan de la Premier League. Il n'en sait pas davantage au sujet de Vlad Chiriches, le défenseur international roumain de Tottenham. " Je suppose que si le club l'a transféré, c'est qu'il a ses raisons ", dit-il en haussant les épaules. Naples a dépensé 35 millions d'euros sur le marché des transferts. C'est quatre fois moins que la Juventus mais, bien qu'il ait acheté pour 20 millions de plus que ce qu'il a vendu, le club ne semble pas sorti renforcé du mercato. Ennuyeux quand on sait que, l'an dernier, il a ramé, a connu des problèmes de gardien et n'a terminé que cinquième alors que le président/propriétaire avait évoqué le scudetto. De Laurentiis se défend : Soriano arrivera en janvier et les supporters qui se plaignent ne doivent pas oublier que, la saison dernière, il a allongé quinze millions d'euros de sa poche afin de combler le déficit budgétaire. Ils doivent aussi savoir que, cet été, il a refusé de vendre plusieurs joueurs pour un total de 98 millions. " La Juventus était prête à mettre 25 millions pour Hamsik. Je voulais DanieleRugani (un jeune international revenu à la Juventus après avoir été prêté à Empoli, ndlr) et AlessioRomagnoli (passé de la Sampdoria à Milan pour 25 millions) mais je ne les ai pas obtenus. " Après le départ de Rafael Benitez, parti rejoindre le Real en juin, Naples s'est mis à la recherche d'un nouvel entraîneur. Il a d'abord voulu engager un étranger mais son candidat n°1, Unay Emery, vainqueur de l'Europa League avec le FC Séville, n'était pas intéressé par un club qui ne disputait pas la Ligue des Champions. A la surprise générale, Naples s'est donc rabattu sur MaurizioSarri. Celui-ci avait certes fait impression à la tête de la modeste équipe d'Empoli qui, selon les connaisseurs, pratiquait le plus beau football d'Italie après la Juventus. Mais entre le petit club toscan qu'il avait fait monter l'année précédente et le volcan napolitain, le fossé est énorme. D'autant que Sarri a déjà 57 ans et très peu d'expérience au plus haut niveau. Il n'a joué dans aucune des quatre divisions professionnelles et n'a entraîné en D2 qu'à partir de 2005. La saison dernière était sa toute première en Serie A et il n'a jamais entraîné de club disputant la Coupe d'Europe. Le match d'Europa League face au Club Bruges sera son premier à ce niveau. On le compare souvent à Arrigo Sacchi, un ancien marchand de chaussures qui, voici quelques décennies, était aussi parti de rien pour faire carrière dans un grand club italien. Jusqu'en 2002, Sarri était gérant d'agence de banque. Mais Sacchi était quand même bien plus jeune lorsque Silvio Berlusconi lui avait confié les destinées de l'AC Milan. Le début de championnat de Sarri avec Naples n'a rien de bouleversant. Mais De Laurentiis lui maintient sa confiance. Avec lui, les joueurs doivent mouiller le maillot. Ses méthodes d'entraînement sont basées sur le travail, de longues séances d'entraînement au cours desquelles les phases sont répétées jusqu'à ce que les joueurs aient assimilé les différentes variantes du jeu. Afin de mieux observer les joueurs, Sarri a demandé au club d'acheter quelques drones qui filment les entraînements, après quoi il analyse les images. L'an dernier, sous sa direction, l'équipe d'Empoli ressemblait à une mécanique parfaitement huilée. Elle se basait sur une défense solide mais pouvait également faire le jeu lorsque c'était nécessaire. L'objectif de Naples est de terminer parmi les trois premiers, histoire d'accéder à la Ligue des Champions. Le club a besoin des revenus générés par celle-ci afin de pouvoir continuer à verser les salaires mirobolants qu'il octroie actuellement à ses joueurs. Mais les connaisseurs doutent que cette équipe soit capable d'assouvir ses ambitions. Lorsqu'il reprit le club failli en 2005 afin de redémarrer en troisième division, Aurelio De Laurentiis n'avait pas d'équipe, pas de staff technique, pas de maillot et pas de matériel. A son arrivée, il dévoila son projet : cinq ans pour construire puis cinq ans pour décrocher des trophées sans faire de folies sur le plan financier. Dans un football italien criblé de dettes, Naples fait désormais figure d'exemple au niveau de la gestion. Jusqu'en 2014, il a même fait du bénéfice. C'est ce qui lui a permis, l'été dernier, de dire non aux propositions intéressantes qui lui ont été faites au sujet de ses meilleurs joueurs. De Laurentiis était furieux lorsque l'agent de Dries Mertens a fait part de l'intérêt de l'Inter pour le Diable Rouge et pour l'autre attaquant, Manolo Gabbiadini. Il a aussi refusé avec le sourire une offre de 25 millions de la Juventus pour Hamsik. Et tant que les grands clubs anglais n'étaient pas prêts à mettre le prix de la clause de départ (94 millions) prévue au contrat de Gonzalo Higuain, il ne décrochait même pas son téléphone. Le tout est de voir si les joueurs qui se sont vu refuser la chance de relever un nouveau défi sont encore suffisamment motivés pour représenter Naples puisque, au cours des deux dernières saisons, le club a montré qu'il était un peu court pour rivaliser avec les meilleures formations européennes. Au cours de son deuxième quinquennat, De Laurentiis a remporté deux Coupes d'Italie et une Super Coupe. C'est beaucoup moins que ce dont il rêvait. Et tout Naples avec lui. ?PAR GEERT FOUTRÉ - PHOTO BELGAIMAGESarri a demandé au club d'acheter des drones pour filmer les joueurs aux entraînements.