Dans la bouche d'un magazine corrosif comme le très français So Foot, cela sonne comme un compliment... " La fine gâchette du Bayer a une tête de mouton mais il a déjà scoré douze fois. Alors tant pis pour son look. Moqué pour sa maladresse depuis le début de sa carrière, le meilleur buteur du championnat a muté quand on ne s'y attendait plus ", écrivait il y a quelques semaines le mensuel lorsqu'il fallut élire le onze type de Bundesliga, version 2009-2010. Et c'est tout naturellement qu'une place en attaque avait été dégagée pour Herr Stefan Kiessling.
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Dans la bouche d'un magazine corrosif comme le très français So Foot, cela sonne comme un compliment... " La fine gâchette du Bayer a une tête de mouton mais il a déjà scoré douze fois. Alors tant pis pour son look. Moqué pour sa maladresse depuis le début de sa carrière, le meilleur buteur du championnat a muté quand on ne s'y attendait plus ", écrivait il y a quelques semaines le mensuel lorsqu'il fallut élire le onze type de Bundesliga, version 2009-2010. Et c'est tout naturellement qu'une place en attaque avait été dégagée pour Herr Stefan Kiessling. Même l'hebdomadaire allemand de référence, Der Kicker, l'a hissé au panthéon des joueurs de cette moitié de saison. Dans la catégorie attaquant, Kiessling trônait, en effet, en tête du classement, avec mention " classe internationale ", devant les cadors de la scène allemande : Kevin Kuranyi, Claudio Pizarro, Edin Dzeko et Ivica Olic. Une consécration pour ce joueur de 25 ans qui a attendu la fin de l'année avant de se voir appeler en sélection par Joachim Löw qui, dans un premier temps, l'a délaissé malgré ses cinq buts en cinq matches, avant de s'incliner face au talent de buteur de celui que l'on compare beaucoup à Miroslav Klose. " On a tendance à le considérer comme l'attaquant le plus complet de Bundesliga avec Klose ", expliquait récemment Rudi Völler, le directeur sportif du Bayer. " Il est bon de la tête, il combine très bien et sent les coups. Et pour un renard des surfaces, il n'est ni aveugle ni égoïste. Il suffit de compter le nombre d'assists qu'il avait donnés la saison passée à Patrick Helmes. " " Il est très similaire à Völler, avec une petite touche d' Oliver Bierhoff ", continue son agent, Ali Bulut. " Utilisé souvent comme target man, il bouge énormément et est difficile à marquer puisqu'il oblige souvent le défenseur commis à sa garde à quitter sa zone. " " Il y a peu d'attaquants allemands qui courent et travaillent autant que lui ", affirme d'ailleurs son entraîneur, Jupp Heynckes. " Vu ses qualités et sa progression, on n'a toujours pas compris la position du sélectionneur envers Kiessling ", explique le journaliste allemand, Philipp Arens, " Avant le match capital en Russie, Kiessling était le grand absent de la sélection alors que le secteur offensif était en pleine dépression. Mario Gomez éprouvait beaucoup de difficultés au Bayern et Cacau se trouvait dans la période la moins prolifique de sa carrière. Kuranyi, pourtant en forme, était laissé en tribune. Heureusement pour Löw, la victoire a couronné sa stratégie : en cas de défaite, on lui aurait reproché de ne pas avoir misé sur Kiessling. " Pourtant, on ne peut pas vraiment parler de mutation pour ce grand blond mais plutôt de maturation. Chaque saison, Kiessling s'est bonifié. Déjà l'année dernière, sous la houlette de Bruno Labbadia, il avait explosé avec son compère d'attaque, Helmes, avant de flancher en vue de la ligne d'arrivée. 12 buts au final. Cette saison, privé d'Helmes blessé, Kiessling s'est retrouvé seul sous les spots. Bien entouré et alimenté par une deuxième ligne composée de perforateurs de défenses comme Toni Kroos, nouvelle future star de la Bundesliga, d' Eren Derdiyok, le virevoltant jeune, et de Tranquillo Barnetta, la plaque tournante suisse, Kiessling a fait flèche de tout bois. 12 buts en une demi-saison. Grand (1m91) et fin (78kg), Kiessling fait donc, pour le moment, l'unanimité en Allemagne. Il a intégré la Mannschaft et le Bayern pense fortement à ce Bavarois d'origine pour suppléer Luca Toni. Oui mais pour cela, le Bayern devra débourser les 20 millions d'euros de sa clause libératoire. " Pour lui, les choses sont en train de changer ", se félicite Bulut. Arsenal, la Juventus et l'AC Milan ont déjà rejoint le Bayern sur la liste des concurrents. Tout a débuté en 2001 lorsqu'il fit ses débuts en Bundesliga pour le compte de Nuremberg. En régional de l'étape, après quelques années à Bamberg, il avait rejoint l'autre club de Bavière, le FC Nuremberg. A peine quelques mois et le voilà titulaire, au point d'attirer le regard de Leverkusen. Pourtant, il dut attendre juin 2006 pour rejoindre la BayerArena. A cette époque, il est pointé comme un des grands espoirs du football outre-Rhin. Son manque de sang-froid l'empêcha cependant de percer plus tôt, même si ses débuts avec les Espoirs allemands étaient ponctués de succès : un but avec des chaussures trois pointures trop petites prêtées par le gardien Michaël Rensing. Ce n'est qu'avec davantage de maturité que le grand blond à la chaussure noire allait s'immiscer dans le cercle fermé des tueurs de rectangle. par stéphane vande velde - photo: reuters"On le compare volontiers à Völler, Bierhoff ou Klose."