Deux joueurs d'exception pour seulement 11 millions d'âmes, le ratio était déjà anormalement haut. Et pourtant, Yannick Carrasco est en passe de le relever. On ne s'en rend peut être pas toujours bien compte mais la Belgique peut réunir aujourd'hui Eden Hazard, Kevin De Bruyne et Yannick Carrasco sur la même feuille de match. Trois joueurs qui enflamment le foot européen depuis le début de saison. Et chacun à sa manière : Hazard, le provocateur, plus virevoltant que jamais, De Bruyne, l'architecte, qui voit tout avant tout le monde, et Carrasco, l'homme des percussions, capable de harceler une défense pendant 90 minutes. YC, c'est finesse technique hispanique combinée aux courses puissantes et répétées des meilleurs latéraux brésiliens. Un combo qui fait des étincelles depuis le début de saison et a fait basculer le numéro 10 de l'Atletico Madrid dans une autre dimension. Si l'an dernier, le Bruxellois s'est fait les dents dans le foot exigeant de Diego Simeone, cette saison il explose : 7 buts depuis le début de saison, c'est davantage déjà que sur l'ensemble de la saison 2015-2016 où il avait inscrit 5 buts en 43 rencontres. Ces performances de haut vol ne laissent évidemment pas insensible la concurrence.
...

Deux joueurs d'exception pour seulement 11 millions d'âmes, le ratio était déjà anormalement haut. Et pourtant, Yannick Carrasco est en passe de le relever. On ne s'en rend peut être pas toujours bien compte mais la Belgique peut réunir aujourd'hui Eden Hazard, Kevin De Bruyne et Yannick Carrasco sur la même feuille de match. Trois joueurs qui enflamment le foot européen depuis le début de saison. Et chacun à sa manière : Hazard, le provocateur, plus virevoltant que jamais, De Bruyne, l'architecte, qui voit tout avant tout le monde, et Carrasco, l'homme des percussions, capable de harceler une défense pendant 90 minutes. YC, c'est finesse technique hispanique combinée aux courses puissantes et répétées des meilleurs latéraux brésiliens. Un combo qui fait des étincelles depuis le début de saison et a fait basculer le numéro 10 de l'Atletico Madrid dans une autre dimension. Si l'an dernier, le Bruxellois s'est fait les dents dans le foot exigeant de Diego Simeone, cette saison il explose : 7 buts depuis le début de saison, c'est davantage déjà que sur l'ensemble de la saison 2015-2016 où il avait inscrit 5 buts en 43 rencontres. Ces performances de haut vol ne laissent évidemment pas insensible la concurrence. Jeudi dernier, la manchette du quotidien espagnol AS annonçait que le PSG serait prêt à casser sa tirelire dès cet hiver pour attirer l'international belge et épauler Edinson Cavani. Et ceci a évidemment un coût exorbitant : 100 millions d'euros, le coût de sa clause libératoire. Manchester United, peu regardant sur les dépenses ces dernières années, serait également sur les rangs alors que le Barça avait déjà montré de l'intérêt cet été. " Quand vous êtes un joueur décisif d'un des meilleurs clubs de la planète, il n'y a pas 36 endroits où vous rêvez de jouer ", explique l'agent de Yannick Carrasco, Christophe Henrotay, qui nous confirme l'intérêt croissant des plus grands clubs européens mais atténue cette fameuse clause libératoire qui a fait tant de bruit. A tout juste 23 ans, Carrasco est aujourd'hui considéré par le CIES (observatoire du football) comme le joueur belge le plus cher devant Hazard (78 millions) et Romelu Lukaku (58 millons). Et si l'on peut légitiment douter de la valeur scientifique de ce type de classement, Carrasco n'a pas encore l'aura d'un De Bruyne et encore moins d'un Hazard comme le souligne d'ailleurs le site Eurosport après la rumeur l'annonçant au PSG : " Carrasco n'est pas encore Neymar, Sergio Agüero ou encore son coéquipier Antoine Griezmann. Ni en termes de performances sportives. Ni en termes de résonance médiatique. " Le natif d'Ixelles n'est pas un as de la Com ou des réseaux sociaux (seulement 80.000 suiveurs sur Twitter). Et ne fait rien non plus pour se faire aimer. Le site de l'Avenir rappelait la semaine dernière son passage éclair devant les journalistes de la presse écrite après le partage aux Pays-Bas. Après avoir répondu à la télévision, l'attaquant de l'Atlético Madrid a traversé la zone mixte une première fois, sans répondre à personne. Il s'est représenté, ensuite, et a répondu à une question. Alors qu'un journaliste entamait une deuxième question, Carrasco a pris congé de tout le monde, en lançant : " Allez, c'est bon ainsi. " Pendant l'Euro déjà, en conférence de presse, Carrasco s'était signalé de façon maladroite pour protester contre des critiques qu'il jugeait infondées. Quand un journaliste a voulu remette en cause son absence d'auto-critique il a notamment lancé un " J'ai pas envie de répondre, une autre question. " Une arrogance de façade qui masque difficilement ses difficultés à s'exprimer en public. Car si Carrasco est aujourd'hui si bankable, il le doit uniquement à ses brillantes prestations sur le terrain. Son visage creusé, son absence de naturel aux micros, ses réponses souvent très plates, le placent parmi les mauvais clients de la profession. En dehors des terrains, Carrasco la joue plutôt discrète. Et ce n'est pas son amitié avec le rappeur La Fouine ou la médiatisation de sa relation avec l'ex-Miss Belgique Noémie Happart qui ont modifié la donne. Le Bruxellois préfère la chaleur de son tissu familial ou l'anonymat de soirées avec son noyau dur d'amis (voir cadre) au Royal Lounge à Vilvorde. Discret à la ville mais éclatant sur le rectangle, ou un rapide résumé du bonhomme. Car Carrasco n'est pas un homme de coups mais un joueur de répétition, qui court une dizaine de kilomètres par match et épuise, harcèle, les défenses. Un joueur labellisé " Diego Simeone " qui l'a métamorphosé en quelques mois. Le joueur d'actions période monégasque est devenu un joueur de grands rendez-vous, buteur décisif face au Bayern Munich le 28 septembre ou étincelant de bout en bout sur la pelouse du Camp Nou l'an dernier. Et le bouillonnant coach argentin de l'Atleti ne cache pas sa satisfaction de profiter d'une telle évolution. "Il est de ceux qui travaillent le plus, il récupère un nombre incalculable de ballons, tout en étant toujours disponible offensivement. Il connaît la même courbe que celle de Griezmann en son temps ". Avant de rappeler : " La plus grande qualité de Yannick est son ambition. " Voire une arrogance dans le jeu indispensable pour briller au plus haut niveau comme nous l'expliquait Roberto Martinez dans sa récente interview accordée à Sport/Foot Mag. Sa montée au jeu l'an dernier en finale de la Ligue des Champions le 24 mai 2016 à San Siro face au Real Madrid en est l'exemple le plus édifiant. Pour sa première touche de balle, Carrasco demande le cuir, provoque et déborde le malheureux Danilo dont la soirée vire au cauchemar avant de finir en happy end. Carrasco se loupe par moments, force son jeu, est imprécis parfois, mais qu'importe, il ose, il dribble, il tente. Son entrée éclabousse les regards de centaines de millions de téléspectateurs. Carrasco deviendra même le premier joueur belge de l'histoire à inscrire un but en finale de la Ligue des Champions. Depuis tout petit, Yannick n'est obnubilé que par une chose : percer dans le foot professionnel. Pour lui et pour ses proches. Et peu importe les chemins de traverse à emprunter. " Mes parents sont divorcés et j'ai grandi avec ma mère. Vu que j'étais l'aîné, et donc l'homme de la famille, j'ai toujours aimé être un leader, par ma position et les choix que j'ai été amené à faire. Je suis parti très tôt à l'étranger. J'y ai beaucoup mûri mais je continuais à avoir un regard sur mes deux frères et ma soeur ", raconte celui qui a signé à Genk à 12 ans vivant en famille d'accueil alors qu'Anderlecht et le Standard étaient pourtant sur les rangs. Quand Franky Vercauteren s'apprête à le convier au stage estival du groupe pro, Carrasco prend la tangente et s'en va pour Monaco à seulement 16 ans. En Principauté, les débuts sont pourtant difficiles. Il croit rejoindre la CFA de l'ASM mais s'assied sur le banc des U19. Son physique fluet est mis à rude épreuve au coeur d'un foot français très physique. Mais Carrasco s'accroche et fait son trou en Ligue 2 sous Claudio Ranieri. A la sortie de sa première saison chez les pros en 2012-2013, Carrasco est pourtant loin d'être rassasié et nous lance lors du tournoi de Toulon disputé avec l'équipe nationale Espoir : " Je sais ce que je vaux, je sais que je pourrai un jour rejoindre le très haut niveau. " " Yannick sait ce qu'il veut et fait tout pour l'atteindre. C'est une Formule 1 qui fonce dans sa carrière et qui ne veut surtout pas perdre de temps ", souligne Christophe Henrotay. " Mais il faut arriver à se rendre compte de tous les efforts qu'il a consentis pour arriver à un tel niveau. " " Je pense que je sais ce que sont les valeurs de la vie et que j'ai toujours su ce que je voulais. Je me suis battu pour cela. ", témoigne le jeune Carrasco quand on lui parle de cette forme d'arrogance qu'il traîne derrière lui. Une ambition donc, et des certitudes qui en font un fonceur dans la vie comme sur le terrain. Et ce slogan qui lui va à merveille : droit au but. Jean Petit, figure historique de Monaco depuis 40 ans et qui fut le coach adjoint de Monaco confirme que " Yannick a cette envie perpétuelle d'aller vers l'avant. Quand il élimine un joueur, ce n'est pas pour bêtement éliminer, mais pour aller au but. " Il y a un an, Carrasco, qui ne faisait pas encore figure de titulaire chez les Colchoneros, analysait ses manquements. " Quand tu vois Ronaldo à ses débuts, il dribblait sans arrêt. Aujourd'hui, il ne pense qu'au but. De mon côté, j'aime bien provoquer mais je dois progresser dans le dernier geste, dans cette recherche d'efficacité. " Que ce soit en club ou en sélection, l'enfant de Vilvorde est aussi devenu un homme de chiffres. Et devrait dans un futur proche faire exploser la banque. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS NIKE" La plus grande qualité de Yannick est son ambition. " DIEGO SIMEONE " C'est une Formule 1 qui ne veut surtout pas perdre de temps. " CHRISTOPHE HENROTAY " Quand il élimine un joueur, ce n'est pas pour bêtement éliminer, mais pour aller au but. " JEAN PETIT, EX-ENTRAÎNEUR ADJOINT À MONACO