L'expulsion de Charles Smith à la suite du derby liégeois disputé à Pepinster a fait du bruit. Victime d'un coup de coude, le stratège américain répliqua en assénant un coup de poing.
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L'expulsion de Charles Smith à la suite du derby liégeois disputé à Pepinster a fait du bruit. Victime d'un coup de coude, le stratège américain répliqua en assénant un coup de poing. "Digne d'un boxeur professionnel", précisera même son coach John Van Crombruggen. Huit points de suture furent appliqués au visage du malheureux Benoît Rasquin qui séjourna quelques jours à l'hôpital. "Impossible pour moi d'encore envisager une quelconque collaboration avec lui", dit Van Crom. "On ne peut pas aller aussi loin. C'est scandaleux. Il y va de la réputation de tout un groupe". Il n'en demeure pas moins que John Van Crombruggen est plein de compassion à l'égard de Smith. Compassion, pas indulgence. En cause, le passé de cet ancien joueur des Boston Celtics. En aucun cas, il ne peut s'agir d'une excuse. "Il faut d'abord savoir que Smith jouit d'une très bonne cote aux USA. Des amis dirigeant des formations américaines avec qui je m'étais entretenu m'ont dit : -Quoi? Charles Smith joue en Belgique? C'est pas possible! Lorsqu'il était engagé dans les championnats universitaires, il faisait figure de réel espoir au plan national. D'où son passage à Boston. Ensuite survint un drame. Sous l'emprise de la boisson, il a été impliqué dans un grave accident de voiture, tuant deux personnes. Conséquence, un an et demi passé en prison. Là, il a changé. Ce que vous voyez dans les films est réel. Les détenus nettoient les autoroutes par deux. Enchaînés! Dans leur dos, des gardiens armés de fusils à pompe effectuent la surveillance. Derrière les barreaux, son caractère s'est modifié. Smith apprit à se battre. Parce que c'était ça ou devenir un souffre douleur". Ce tempérament impulsif, à la limite de la paranoïa se remarquait même lors des séances d'entraînement. Le mage de Louvain apprend encore : "Lorsque je serre la main de quelqu'un pour le saluer, j'ai l'habitude de regarder la personne dans les yeux. Charles m'a interrogé afin de savoir si je lui en voulais. Si quelque chose n'allait pas entre nous parce que je le fixais. J'ai demandé s'il préférait que je tourne la tête en m'approchant de lui. Il a compris. Quand se produisaient des contacts avec ses équipiers, il fallait que je me montre vigilant afin d'intervenir très rapidement. Un détail était de nature à mettre le feu aux poudres". (D. Renard)