Son accent chantant du Médoc se laisse déguster et nous rappelle qu'après les tempêtes de neige et les sols gelés suivra le printemps annonciateur de journées plus ensoleillées. Cela fait maintenant huit mois que cet air mélodique traîne dans les travées du Tivoli. Pourtant sur le terrain, la voix se fait plus sèche. C'est qu'en vrai commandant de la défense, il doit s'époumoner pour maintenir l'ordre dans la maison. Mais pour lui, c'est bon signe. Car s'il crie, c'est qu'il joue. Et c'est pour cette raison qu'il avait quitté Nancy, après une saison de galère. Attiré par le discours d' Albert Cartier, il s'était lancé le défi de retrouver le plaisir du terrain. Et force est de constater qu'il peut tirer un bilan positif de ses premiers mois à La Louvière.
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Son accent chantant du Médoc se laisse déguster et nous rappelle qu'après les tempêtes de neige et les sols gelés suivra le printemps annonciateur de journées plus ensoleillées. Cela fait maintenant huit mois que cet air mélodique traîne dans les travées du Tivoli. Pourtant sur le terrain, la voix se fait plus sèche. C'est qu'en vrai commandant de la défense, il doit s'époumoner pour maintenir l'ordre dans la maison. Mais pour lui, c'est bon signe. Car s'il crie, c'est qu'il joue. Et c'est pour cette raison qu'il avait quitté Nancy, après une saison de galère. Attiré par le discours d' Albert Cartier, il s'était lancé le défi de retrouver le plaisir du terrain. Et force est de constater qu'il peut tirer un bilan positif de ses premiers mois à La Louvière. A 31 ans, Geoffray Toyes s'est imposé dans l'arrière-garde des Loups au point d'être devenu un incontournable au sein d'un effectif particulièrement chamboulé au dernier mercato. Etonnante quand même sa trajectoire car, rappelons-le, le Français jouait à Bordeaux quand l'équipe perdit en finale de la Coupe de l'UEFA 1996 contre le Bayern, qui gagna 2-0 et 3-1. Toyes s'était blessé juste avant la double finale mais avait disputé toute la campagne (au départ de l'Intertoto !) avec les Zinédine Zidane, Bixente Lizarazu et ChistopheDugarry. " J'étais venu pour me relancer. Quand Albert Cartier m'a contacté, mon moral et ma forme n'étaient pas exceptionnels. Il voulait quelqu'un d'expérience et la moindre des choses, c'était que je lui rende la confiance qu'il avait placée en moi. Je ne suis pas venu pour l'argent, sinon cela se saurait. Même si la saison n'est pas encore terminée, je suis d'ores et déjà content car je m'amuse sur le terrain ". Depuis le départ de Daniel Camus, le Bordelais est aussi devenu le doyen du groupe. Une sorte de chef de meute ? " Il y a plusieurs leaders dans un groupe. Il y en a qui le montrent sur le terrain, d'autres en dehors. Moi, je suis surtout un chef pour ma défense. Je suis le premier à gueuler pour réveiller les troupes. Mais on ne peut pas parler de moi comme d'un leader naturel. Cela m'est venu tout doucement, au fil des années ". Depuis l'entame de la saison, tous les secteurs de jeu louviérois ont évolué au gré des blessures, suspensions et départs. Pourtant, une fois la solution adoptée par Albert Cartier, l'axe central Geoffray Toyes- Olivier Guilmot, un cran devant le gardien Silvio Proto n'a pas bougé. " On a mis un certain temps à trouver cette stabilité. Pendant la préparation d'avant saison, cela ne marchait pas et puis après quelques matches, la sauce a pris. Du jour au lendemain, on a commencé à être efficace défensivement alors que jusque-là, on prenait beaucoup de buts. Avec Olivier Guilmot, on a appris à se connaître. On a réussi à combler les lacunes et désormais, on n'a même plus besoin de se parler. Quand on doit reculer, on le fait en même temps. On a aussi établi des automatismes avec nos latéraux : moi avec Georges Blay, lui avec Michael Klukowski d'abord puis avec Laurent Montoya. On essaie de réduire les espaces entre l'axe et les côtés mais aussi entre l'axe et le milieu de terrain. De plus, entre Olivier et moi, il y a une couverture mutuelle. On peut vraiment compter l'un sur l'autre ". Au sein du duo, le Français doit apporter son sens du placement, son vécu et a certainement permis à Guilmot de franchir un palier. Il ne tarit d'ailleurs pas d'éloges envers son compère : " C'est quelqu'un de très intelligent qui apprend très vite. On n'a pas besoin de lui dire deux fois les mêmes choses. Il s'aperçoit lui-même de ses erreurs et tente d'y remédier. On dit souvent que le football se joue avec les pieds. Mais cela se dispute beaucoup plus avec la tête. Olivier l'a compris et c'est pour cela qu'il a progressé. Car il dispose d'une capacité d'adaptation et de réceptivité. On souligne souvent ses qualités physiques et athlétiques mais il faudrait pourtant surtout mettre en avant ses aptitudes intellectuelles. En début de saison, il n'était pas serein au niveau de la relance. S'il avait compris que sa mission première s'articulait sur le fait de ne pas prendre de buts, il se débarrassait trop vite du ballon. Maintenant, il ose plus ". Cette progression a également son incidence sur le jeu de Toyes : " Le fait de le voir aussi serein et efficace sur l'homme, cela ne peut que me mettre en confiance. Et puis, on sait aussi qu'il y a Silvio Proto. Et que même en pleine bourre (sic), il y a du solide derrière. Inconsciemment, cela joue dans les têtes. Quand vous avez un gardien qui laisse tout passer, vous évoluez avec un surplus de pression ". Paradoxe : Toyes s'est affirmé comme libero alors qu'il avait débuté sa carrière belge au poste d'arrière droit. " L'entraîneur voulait d'emblée me faire jouer dans l'axe pour apporter une certaine stabilité mais il a d'abord opté pour la formule Guilmot- YannickZambernardi. Il m'a alors placé à droite ". Pourtant Albert Cartier paraît surtout au plus pressé . L'entraîneur des Loups :" Je n'avais pas encore trouvé l'homme qu'il me fallait à droite et je savais qu'il avait déjà pu se tester à cette position à Bordeaux et à Metz. Il a répondu à mes attentes mais sa place de prédilection demeure au centre. Cependant, je n'exclus pas l'idée de l'appeler encore en dépannage à droite ". Si le triangle défensif fonctionne aussi bien, c'est sans aucun doute parce qu'il a eu le temps de se roder. Un oasis dans ce désert de changements ? Geoffray Toyes : " Les chamboulements n'ont jamais trop porté leurs fruits. Par contre, on a réussi à conserver cette épine dorsale qui nous permet de réaliser encore de bonnes prestations défensives. Il faut évidemment intégrer dans cette bonne tenue, le travail de sape que les autres secteurs ne manquent pas d'effectuer. Si on avait conservé cette stabilité dans toutes les lignes, on aurait pu jouer encore un rôle au niveau de la 3e place. Aujourd'hui, c'est un peu compromis. Et il n'y a pas de secret, si on a quelque peu rétrogradé au classement, c'est en partie à cause des départs. Nous sommes quand même la seule équipe à avoir perdu trois titulaires durant le mercato. Sur 10 joueurs de champ, c'est quasiment un tiers. Vu la situation financière du club, on a été amputé de trois pions primordiaux. Cependant, on est là pour construire derrière. Ceux qui sont arrivés possèdent autant de qualités que ceux qui sont partis. Ils doivent simplement s'adapter. Ils ne sont pas inférieurs aux anciens. Ils sont différents. Laurent Montoya n'a, par exemple, rien à envier à Michael Klukowski. Mais ils n'évoluent pas dans le même registre. Mike apportait plus sur le plan offensif. Laurent n'a pas grand-chose à se reprocher. Une fois qu'il aura trouvé ses repères et ses automatismes avec Julien Pinelli, il aura une tout autre incidence sur le jeu ". Comme une grosse partie des Français débarqués dans le Centre, Geoffray Toyes n'a signé qu'un contrat d'un an. A l'époque, les dirigeants louviérois effectuaient un pari. Si ces joueurs échouaient, les risques étaient atténués par leur bail qui ne courait que sur une saison. Mais le problème se pose autrement en cas de réussite des transferts. Le défenseur ne serait pas réfractaire à l'idée de prolonger au Tivoli. " Cela fait quelques semaines que j'attends un rendez-vous avec le président pour discuter d'un nouveau contrat. Cela ne me dérangerait pas de rester mais à certaines conditions. Primo, il faut que Cartier reste. Secundo, il faut examiner les ambitions du club. Si c'est pour vendre tout le monde et passer une saison de galère, cela ne m'intéresse pas. J'ai déjà connu cela à Metz. Assurer la pérennité du club, c'est une chose mais il faut conserver certaines ambitions sportives. On ne peut pas dilapider de la sorte tout le travail de l'entraîneur. Je suis conscient que cela va être difficile de réaliser deux fois la même saison avec de telles bonnes affaires. Le club a embrigadé des joueurs qui ont fait des sacrifices financiers et cela a fonctionné. Tant mieux pour le club mais on ne peut pas passer des années à agir de la sorte. Le président et le manager ne trouveront pas chaque année des jeunes éléments, talentueux et gratuits. Il faut savoir mettre la main à la poche de temps en temps ". Après avoir bien bourlingué en France passant des rives de la Gironde à celle de la Moselle, Toyes a découvert un nouvel environnement et une nouvelle réalité footballistique. Il ne se montre pas tendre vis-à-vis de la politique sportive belge. " Quand je suis arrivé, le manque de professionnalisme m'a choqué. Parfois, cela peut paraître des détails mais c'est assez révélateur. Je m'occupe de la caisse des amendes et j'ai perçu un manque de rigueur notamment au niveau du respect des horaires. Certains effectuaient l'entraînement trop en dilettante. On peut rigoler mais il y a un temps pour tout. Il faut un minimum de concentration. Les jeunes s'amusent, n'écoutent pas. Cela ne doit pas se passer comme cela. Mais il y a d'autres exemples. Cela arrivait que les équipements ne soient pas prêts. Cartier a essayé de mettre de l'ordre en instaurant des règles de vie. Et on peut déjà remarquer des progrès ". Il pointe également l'incompétence de l'Union Belge. " Quand tu vois les conflits communautaires en Belgique, tu te demandes comment l'équipe nationale peut fonctionner. Pour la bonne cause (celle de la patrie), on pourrait mettre les querelles de côté. Prenez le cas de Silvio Proto. Si Albert Cartier n'avait pas insisté sur ses qualités, il ne serait peut-être toujours pas chez les Diables Rouges. Et quand tu vois la sélection, tu te rends compte qu'il y a quelque chose qui cloche. Il ne faut pas nous prendre pour des naïfs. Le milieu de terrain prend l'eau et on ne pense pas une seconde reprendre Gunter Van Handenhoven ". Et quand on parle de la fédération, cela nous amène tout naturellement à évoquer l'affaire du ballon crevé contre Anderlecht. " Quand on voit l'influence de certaines personnes dans cette affaire, on se dit qu'on n'avancera jamais. Regardez le temps que l'on prend pour la juger ! Il s'agit ni plus ni moins d'un problème de règlement. Le ballon, personne ne l'a vu éclater mais personne, dans un rayon de 10-15 mètres, n'a pu passer à côté du bruit. J'ai d'abord cru à un pétard mais quand j'ai été rechercher le ballon au fond des buts, j'ai tout de suite capté. L'arbitre n'a rien voulu entendre. Je ne sais pas si c'est une méconnaissance du règlement ou de la mauvaise foi. Or, il s'agit du tournant de ce match puisqu'à ce moment-là, Anderlecht n'en menait pas large ". Dans sa carrière, Toyes a toujours vécu de belles histoires en Coupe. Pourtant son bilan le laisse un peu perplexe : trois finales perdues. De quoi vouloir prendre sa revanche avec La Louvière. " Le chemin est encore long. On ne peut pas encore dire qu'il s'agit de notre dernier objectif. On veut encore engranger des points en championnat. Le retour face à Bruges risque de se dérouler en avril. On ne peut donc pas uniquement se focaliser sur la Coupe. Cependant, tout le groupe sait que l'on a un bon coup à jouer. A l'aller, on a surpris les Brugeois par nos choix tactiques et notre agressivité. On les a pris tout de suite à la gorge. Cependant, ce 2-2 ne nous a pas mis plus en confiance. On n'est pas à l'abri d'un but brugeois. On ne sait pas si on doit maintenir le résultat ou au contraire attaquer. Les circonstances risquent de nous dicter notre conduite ". Stéphane Vande Velde" Regardez LE TEMPS QUE L'ON PREND POUR JUGER l'affaire du ballon crevé ! "