Les articles parus ces dernières semaines sur Bart Swings font mention de chronos très rapides qu'il a signés dans des courses d'entraînement. Il a notamment amélioré son record personnel sur 3.000 mètres, une distance peu habituelle (3'36''), et réalisé son meilleur temps sur 5.000 mètres à l'Heerenveense Thialfstadion (6'16''). L'explication? Une amélioration de sa technique. Elle est encore plus cruciale que l'aspect physique en patinage.
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Les articles parus ces dernières semaines sur Bart Swings font mention de chronos très rapides qu'il a signés dans des courses d'entraînement. Il a notamment amélioré son record personnel sur 3.000 mètres, une distance peu habituelle (3'36''), et réalisé son meilleur temps sur 5.000 mètres à l'Heerenveense Thialfstadion (6'16''). L'explication? Une amélioration de sa technique. Elle est encore plus cruciale que l'aspect physique en patinage. Comment a-t-il acquis cette technique? Pourquoi renoue-t-il avec l'élite absolue sur 1.500, 5.000 et 10.000 mètres, alors que depuis des années, il récolte surtout des succès dans des sprints massifs (médaille d'argent aux Jeux 2018, d'or à l'EURO 2020), tout en étant irrégulier sur les longues distances? Il nous a fourni quelques explications depuis Heerenveen, où il habite un appartement près du stade avec son amie Annelyn, depuis le mois d'août. "Pour commencer, le fait que je réside ici. Je suis quatre ou cinq fois par semaine sur la glace. Je n'ai jamais passé quatre jours sans patinage ces derniers mois. Cette constance me faisait parfois défaut en Belgique. En plus, je m'entraîne chaque fois avec mes coéquipiers, de fins techniciens, comme Jan Blokhuijsen, sous la direction des coaches de l'équipe, Martin et Erwin ten Hove." Durant une de ses séances avec Blokhuijsen, Swings a remarqué un détail technique. "En reposant la jambe gauche dans les virages, il levait directement la droite. Sur les photos, j'ai constaté que dans un virage, il m'arrivait de rester les deux pieds sur la glace pendant une fraction de seconde, parce qu'on me disait que je faisais de trop petits pas. Pour y remédier, je m'élançais plus longuement, mais du coup, je ne parvenais pas à transposer tout mon poids sur une jambe. Et moins de pression équivaut à moins de vitesse, mais aussi un frottement plus important, quand les deux patins sont simultanément sur la glace. J'ai travaillé cet aspect et j'ai rapidement gagné en vitesse." Swings a également adapté sa technique dans les lignes droites. "On m'a souvent fait remarquer que mes pas étaient trop courts, que je devais augmenter l'ampleur de ma foulée. Du coup, comme j'ai des jambes arquées, en début de poussée, je m'appuyais sur l'extérieur des patins et je glissais trop longtemps comme ça. Je ne pouvais pas accélérer suffisamment, car on y parvient plutôt en appuyant sur le côté intérieur des patins. J'ai essayé de résoudre ce problème en prenant mon élan de l'intérieur du patin l'année dernière, mais c'était trop brusque et j'ai complètement perdu ma technique. Depuis l'été, je commence par l'extérieur, mais je passe beaucoup plus vite à l'intérieur. Je suis plus rapide et j'épargne mon énergie, ce qui me permet de ne plus me fatiguer trop vite." Swings a aussi de nouvelles chaussures. Ou, plutôt, il a repris les anciennes. "Elles ont été abîmées lors de ma chute au départ massif du Mondial 2019. J'ai donc changé de marque, passant de Groothuis à Viking. C'est très délicat et, de fait, la nouvelle paire ne m'offrait pas un soutien suffisant. J'ai donc fait réparer ma vieille paire Groothuis: on a renforcé la coquille en carbone et le pourtour. Je me sens beaucoup mieux ainsi." Swings est donc prêt à déployer ses ailes à l'EURO et au Mondial d'Heerenveen, où il va séjourner dans une bulle hôtelière pendant cinq semaines. Ses ambitions pour l'EURO? "C'est difficile à dire, car je n'ai vu à l'oeuvre que les Néerlandais. Patrick Roest est hors-catégorie, mais sinon, c'est très ouvert. Je vise donc une médaille."