Mercredi 30 avril 2014, c'est jour de fête à Mons. Un mois avant le Doudou, la liesse populaire envahit la place Nervienne, où la Belgian Homeless Cup (BHC) a pris ses quartiers. Deux terrains de street soccer ont été construits pour l'occasion à dix minutes de la gare. Au total, 120 participants et 12 équipes (9 officielles et 3 invitées) disputent ce tournoi national sud. Le soleil cogne dur, les prix sont très démocratiques (soupe à 1 euro, hamburger à 2 euros et café gratuit !) et les gens ont le sourire.
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Mercredi 30 avril 2014, c'est jour de fête à Mons. Un mois avant le Doudou, la liesse populaire envahit la place Nervienne, où la Belgian Homeless Cup (BHC) a pris ses quartiers. Deux terrains de street soccer ont été construits pour l'occasion à dix minutes de la gare. Au total, 120 participants et 12 équipes (9 officielles et 3 invitées) disputent ce tournoi national sud. Le soleil cogne dur, les prix sont très démocratiques (soupe à 1 euro, hamburger à 2 euros et café gratuit !) et les gens ont le sourire. Cinq Dragons de l'équipe pro de Mons (Soumah, Le Postollec, Dussenne, Saussez et De Belder) sont même venus apporter leur soutien en disputant (et en remportant 6-3) un match amical contre une équipe homeless. " C'est quand même leur septième victoire de la saison ", charrie l'attaché de presse du club de Mons. " On est surtout là pour prendre du plaisir ", résume Flavien Le Postollec. Premières impressions en passant d'un terrain à l'autre : ça joue vite et bien. Le niveau technique est impressionnant mais la condition physique de certains reste un point faible. Et pour cause, si tous les participants ne sont pas forcément sans-abris, ils ne vivent pas dans les meilleures conditions. " Ce n'est pas parce que tu as un toit que tu as un chez toi ", résume assez bien Bert Ballegeer, coordinateur de la BHC. Certains joueurs n'ont tout simplement pas d'endroit où ils peuvent dormir en sécurité. Les équipes qui évoluent aujourd'hui sont le fruit d'un partenariat entre des organisations sociales (CPAS, éducateurs de rue, maisons d'accueil,...) et un club pro ou semi-pro. " On donne beaucoup d'amour, on s'investit énormément ", explique Renaud, éducateur de l'équipe de Mons, qui vient de recadrer un des joueurs après la sévère défaite (7-1) subie par son club contre l'équipe du Luxembourg, non pas pour son manque d'efficacité mais bien pour son manque de fair-play. L'humour est aussi une arme contre la précarité, en témoigne le surnom donné à Jean-Christophe, gardien de l'équipe locale, rebaptisé Jean-Chris Phoque, à cause de ses plongeons d'animaux... Entre deux matches, une banderole est affichée : " COURAGE ABOVE ALL ", le slogan de la BHC. " Tu vois à quel point le foot leur apporte quelque chose de positif dans la vie. Après un tournoi, il arrive que certains fassent des démarches pour obtenir un meilleur logement. Ils reprennent confiance en eux ", souligne CarolineJacquinet, collaboratrice de la BHC pour la Wallonie. Porter fièrement les couleurs de clubs comme Anderlecht ou le Standard permet de retrouver une certaine structure et d'appartenir à quelque chose. Avec à la clé l'objectif pour la meilleure équipe d'aller représenter la Belgique à la " Homeless World Cup " d'Amsterdam en 2015. En attendant, le tournoi final de la BHC se tiendra aux abattoirs d'Anderlecht les 10 et 11 juin, juste avant l'autre Coupe du Monde. Avis donc aux amateurs. Plus d'infos sur : www.belgianhomelesscup.be ?PAR SAMUEL IDMTAL - PHOTOS:JONAS MARIS" Ce n'est pas parce que tu as un toit que tu as un chez-toi. "