On est habitués à voir Fernando Alonso et Linda Morselli se promener main dans la main ou manger une pizza au restaurant. En février 2017, ils ont publié sur Instagram leurs premiers mots doux. " Love. The one with a capital L. What makes you feel alive, a better person. That love which is the air for my lungs ", écrivait Morselli, alors âgée de 27 ans, à ses 220 000 abonnés.
...

On est habitués à voir Fernando Alonso et Linda Morselli se promener main dans la main ou manger une pizza au restaurant. En février 2017, ils ont publié sur Instagram leurs premiers mots doux. " Love. The one with a capital L. What makes you feel alive, a better person. That love which is the air for my lungs ", écrivait Morselli, alors âgée de 27 ans, à ses 220 000 abonnés. Avec le modèle italien, qui avait mis un terme quelques mois plus tôt à une relation avec le multiple champion du monde de MotoGP Valentino Rossi, l'Espagnol, alors âgé de 34 ans, avait enfin trouvé le " véritable amour ". À l'automne 2006, il avait épousé Raquel del Rosario, la chanteuse du groupe rock El Sueño de Morfeo, mais le mariage n'a pas tenu six ans. Il s'est alors intéressé avec succès à Dacha Kapoustina, un modèle russe qui a travaillé pour les plus grandes marques - Karl Lagerfeld, Gucci, Dior, YSL, Chanel... - mais l'idylle a pris fin après deux ans. Lara Álvarez, une présentatrice de la télévision espagnole, a rapidement dû faire place à Viki Odintsova, une Russe pulpeuse qui a, à son tour, été échangée contre signorina Morselli. Quelques mois plus tard, il s'est confié à l'hebdomadaire grec Proto Thema. Il séjournait dans un hôtel de Mykonos, une île de la Mer Egée, et avait passé quelques jours avec Linda à Paros. Dans un coin de la chambre, une paire de gants de boxe. " Ils sont à Linda. Moi, je ne fais que tenir le punching-ball ". Il était détendu et, selon le journaliste grec, " très accueillant. " Rien à voir avec l'image d'enfant terrible qu'on lui connaît. Il était même arrivé au rendez-vous avec dix minutes d'avance. Il regardait la mer et le soleil couchant. " Je suis surtout venu pour me reposer ", disait-il. Plus question de sorties comme celles qui avaient fait la réputation de son ex-équipier et rival Lewis Hamilton. L'Espagnol n'avait d'ailleurs que peu de raisons de faire la fête. Il vivait une très mauvaise saison : en 11 Grands Prix, il avait manqué deux fois le départ et avait abandonné quatre fois. En guise de meilleur résultat, il devait se contenter d'une sixième place en Hongrie. Il avait également laissé tomber le GP de Monaco pour participer aux 500 Miles d'Indianapolis. " C'était un rêve et ce fut une des plus belles expériences de ma carrière ". Étonnamment, il semblait même parti pour l'emporter jusqu'à ce qu'à 21 tours de la fin, le moteur de sa Honda rende l'âme. Honda... Il ne l'a pas dit comme ça mais son contrat avec McLaren se terminait en fin de saison et il n'avait pas envie de bricoler un an de plus avec un moteur Honda. " Depuis le début de la saison, en mars, j'ai pris l'avion tous les deux ou trois jours et j'ai parcouru plus de onze pays. On ne peut pas prendre une décision concernant l'avenir au cours d'une période aussi agitée. " Un mois plus tôt, interviewé par CNN, il semblait pourtant décidé : " Si je ne peux pas travailler au sein d'une équipe qui me permette de remporter des Grands Prix et des championnats du monde, je préfère quitter la F1 et faire autre chose ", avait-il dit. Car un coureur qui a détrôné définitivement le légendaire Michael Schumacher en étant champion du monde en 2005 et 2006 et qui a terminé trois fois deuxième sur Ferrari derrière Sebastian Vettel (2010, 2012 et 2013) ne peut pas se satisfaire d'une 17e, 10e ou 15e place. Mais en septembre, lorsque McLaren a annoncé sa collaboration avec Renault, il a immédiatement prolongé son contrat. " J'ai écouté mon coeur ", avait-il dit. Et peut-être un peu aussi les 25,8 millions d'euros par an qu'on lui offrait... La vie de riche que mène Fernando Alonso contraste singulièrement avec celle de son enfance. Car sa famille était loin de l'être. Sa mère travaillait au centre commercial d'Oviedo et son père était intérimaire dans une usine d'explosifs ou émigrait avec son fils en Italie. Enfant, Fernando était fan de Miguel Indurain et les spectacles de magie télévisés le fascinaient. Une fois arrivé en F1, il allait d'ailleurs épater ses équipiers avec ses propres tours de cartes. Luis, son père, aime les courses de voitures et, à l'époque, il bricole un kart pour sa fille de huit ans mais Lorena ne s'y intéresse pas. Il a alors mis des blocs sur les pédales pour que Fernando puisse s'asseoir au volant. Et le petit est doué. À 12 ans (1993), il devient champion d'Espagne. Trois ans plus tard, il est champion du monde juniors. En 1999, il remporte le championnat d'Europe en Formule Nissan. Par contre, il ne parvient pas à décrocher son permis de conduire du premier coup. Selon l'instructeur, il roule trop vite dans les rues d'Oviedo à bord de la... Renault Mégane familiale. Pour ses débuts en Formule 3000, il termine quatrième, éclatant en larmes à chaque fois qu'il ne monte pas sur le podium. On le surnomme le pleurnicheur. En 2000, la F1 lui semble encore inaccessible mais le richissime Adrián Campos - pilote F1 anonyme dans les années '80 - lui offre un baquet chez Minardi. Avec un tel cadeau, n'importe quel jeune homme aurait sauté de joie mais Alonso estime valoir mieux que cela. Il est têtu, n'écoute pas les ordres de l'équipe et aborde les virages à fond. À la fin de la saison (17 courses), il n'a pas récolté le moindre point - un drame pour quelqu'un qui déteste perdre - et se classe 23e sur 26. Quatre ans plus tard, il devient le plus jeune champion du monde de l'histoire... Ce succès, il le doit à Flavio Briatore, un homme d'affaire italien extravagant qui était également le managing director/team principal de Renault F1. En 2003, impressionné par le pilotage et la rage de vaincre de l'Espagnol, Briatore a éjecté Jenson Button pour faire place à Alonso, qui l'a remercié en remportant le Grand Prix de Hongrie, sa première victoire. L'Espagne, où le football et le cyclisme monopolisaient l'attention jusque là, découvre la F1. " Il a fallu attendre 2002 pour que les Grands Prix soient retransmis à la télévision. Je n'avais jamais vu rouler Ayrton Senna et, quelques années plus tôt, j'aurais pu marcher sur les pieds de Michael Schumacher sans le reconnaître ", a souvent dit Alonso, qui n'aime pas les médias espagnols. " Pendant des années, ils m'ont ignoré. Maintenant, ils campent devant chez mes parents. " Il a vécu à Oxford, parmi les étudiants qui ont fêté avec lui son premier titre mondial et ses sept victoires en Grand-Prix en 2005. Il est alors âgé de 24 ans, un record. Un an plus tard, il réédite son exploit et... part chez McLaren. Il n'en a jamais fait qu'à sa tête, raison pour laquelle ses amis d'enfance l'ont surnommé Karras. " C'était un personnage de film, un gars qui tuait tout le monde sans broncher. "( il rit)