1. Danny Boffin (St-Trond) 218 points
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1. Danny Boffin (St-Trond) 218 pointsIl a dû attendre 36 ans mais c'est désormais chose faite: Danny Boffin est L'homme de la saison pour nous. Ce n'est pas un hasard s'il obtient cette consécration alors qu'il évolue à St-Trond. Il s'épanouit dans son club d'origine mieux que partout ailleurs. Il a vécu de grands moments à Anderlecht et à Metz mais c'est sous la vareuse trudonnaire que Boffin obtient le meilleur rayonnement sportif. Il l'a avoué lui-même: jamais il n'a joué comme depuis son retour sur ses terres. Il se sent libéré. En Hesbaye, Danny Boffin a retrouvé ses racines et s'est senti pousser des ailes. Il évolue à gauche de l'entrejeu, en principe, mais dès le coup d'envoi, il se promène là où le pousse son instinct. Il n'obéit pas à une consigne tactique mais nul ne le lui reproche: il marque et fait marquer, donc tout le monde s'adapte à lui, les uns plus que les autres. A 36 ans, maître de lui-même, Danny Boffin rêve également du brassard de capitaine, qu'il ne porte qu'en l'absence de Peter Voets. Dans le vestiaire, dissimulé par un panier à linge rempli d'un vingtaine de paires de chaussures, il rigole: -Nous ne perdons jamais quand je suis capitaine.En fait, il veut dire: -Donnez-moi ce brassard et la saison prochaine, nous serons peut-être champions.2. Matthieu Verschuere (La Gantoise) 214 pointsMatthieu Verschuere préfère garder un profil bas. Il aime rester à l'arrière-plan. Il n'exige pas le ballon mais il est toujours prêt à le récupérer au profit de footballeurs plus doués. Bien que le Français possède la touche de balle, l'abattage et les qualités de meneur qui lui permettraient de revendiquer un rôle important, il accorde la piorité à sa mission défensive. Dommage, car il lit le football comme nul autre. A l'entraînement, cette bête de travail tape toujours dans l'oeil. Là, il se montre beaucoup, parce qu'il s'entraîne comme il joue: avec beaucoup d'engagement mais en restant sobre.Le football est et reste son gagne-pain, surtout à cause de la maladie de croissance de sa fille. Verschuere est tout à fait conscient de ses responsabilités. Sa femme consacre elle-même quatre à cinq heures par jour à leur fillette. Verschuere ne va donc pas se lancer à la recherche d'un autre club: déménager n'est pas évident et il partage son énergie entre son travail et sa famille. Avant, le football était un exutoire. Maintenant, le réalisme prime. Il ne faut donc pas lui demander pourquoi son second tour a été moins bon. 3. Timmy Simons (Bruges) 213 pointsTimmy Simons (25 ans) était confronté à la saison de la confirmation, la plus difficile. Il a franchi l'obstacle avec verve. Il s'est même forgé une place en équipe nationale et a participé à la qualification pour le Mondial au détriment de la Tchéquie. Il a été brillant, comme sur ce penalty décisif qu'il a converti dans les arrêts de jeu du match contre Anderlecht. Hormis le fait que, pour des considérations pratiques, il a été le dernier footballeur professionnel à s'acheter un gsm, Timmy Simons est resté semblable à celui qu'il était à son arrivée à Bruges. Sa modestie, son self-contrôle, sa patience, sa volonté, sa concentration et son engagement constituent autant d'atouts. Il est infatigable. Et fair-play. En deux saisons au Club, il n'a reçu que trois avertissements. Timmy Simons ne tackle guère. Il mise sur son jeu de position ou sur l'interception.Une photo de Peter Van Der Heyden orne son armoire, dans le vestiaire: -Parce qu'il joue bien...et que nous sommes deux radoteurs.4. Bernd Thijs (Genk) 211 pointsSon père est l'entraîneur qui a travaillé le plus longtemps avec Bernd Thijs. Huit ans. Au Wellense SK. Minime, il pouvait déjà rejoindre le Standard mais la maman trouvait l'étape prématurée. Le transfert a été postposé. Après son père, il a ensuite connu, au Standard et à Genk, Waseige, Daerden, de Mos, Boccar, Peruzovic, Ivic, Mijac, Thissen, puis encore Ivic, Heyligen, Boskamp, Denier, Vergoossen. 13 entraîneurs mais le pire était déjà passé: son père avait été deux fois plus sévère à son égard qu'à celui des autres. Bernd devait tout faire deux fois mieux que tout le monde. Cette saison, chaque vendredi, il a consacré un quart d'heure aux coups francs et aux penalties, après l'entraînement. Comme Ronald Koeman en son temps à Barcelone, avec le mur un peu plus près que neuf mètres, à l'image de ce qui se passe dans les matches. Prendre un peu d'élan puis tirer, du gauche ou du droit. Thijs est un footballeur consciencieux. Mais Bernd est sensible à l'ambiance. Il peut se laisser déstabiliser quand l'atmosphère est un peu trop détendue. Il aime la clarté. Plus qu'un autre encore, il a besoin de se sentir bien avant de s'épanouir. 5. Filip De Wilde (Anderlecht) 209 pointsUne fois de plus, le portier d'Anderlecht reste sur une saison impeccable. A 38 ans, le citoyen de Zele n'est pas encore usé, même si le staff mauve sait qu'un gardien de son âge commence à manquer de vitesse dans ses réflexes comme dans ses déplacements. De Wilde exerce donc spécifiquement le travail dans des espaces réduits, les déplacements latéraux et centraux, en séries. Si ses doublures, Pavlovic et Milojevic réalisent une dizaine de séries, puisqu'ils ne jouent pas, Jacky Munaron se contente de trois ou quatre séries avec De Wilde. Leur intensité reste élevée, car un gardien âgé en a besoin. Filip De Wilde est polyvalent. Il allie expérience, talent, vista, sérieux professionnel. Il est toujours affûté. En son for intérieur, il espérait une dernière sélection pour le Mondial mais son voeu n'a pas été exaucé.Il a connu un léger passage à vide, juste après le fameux vote contre Aimé Anthuenis, et a été plus silencieux que d'habitude dans le vestiaire, un peu absent. Sur le terrain, il a tenté de s'abstraire de ses problèmes mais sa concentration en a quand même pâti et il a commis quelques erreurs. 5. Francky Vandendriessche (Mouscron) 209 pointsDe la saison de Francky Vandendriessche, on retiendra avant tout un match de niveau mondial contre Lommel et les deux penalties interceptés en quarts de finale de la Coupe de Belgique, contre St-Trond. Comme sa sélection en équipe nationale et son élection, par ses pairs, au titre de Gardien de l'Année. A Mouscron, on affirme qu'il reçoit ainsi la récompense d'une saison de haut niveau. Jacky Munaron admire sa volonté qui lui a permis de revenir, après deux opérations au genou. Il a souligné sa force dans les duels et sa vitesse sur sa ligne, ajoutant qu'il a une marge de progression dans sa participation au jeu et dans les interventions aériennes. Et contrairement à beaucoup de gardiens Francky Vandendriessche n'est pas fou. Driessche, un fils de boucher de Waregem, ne fume pas, ne boit pas de bière, ne cherche à se distinguer en rien. Il est un simple père de famille qui n'aime rien tant que de travailler dans son jardin, tous les jours. 7. Josip Skoko (Genk) 208 pointsLe père Skoko aime à raconter comment il conduisait son Josip de Melbourne à Geelong, trois fois par semaine. Le père et le fils étaient confrontés à un trajet d'une heure et demie, de la high-school au club. Josip faisait ses devoirs dans l'auto, car il voulait combiner football et école. Il était parfaitement préparé et n'était donc jamais en proie à la nervosité. Amateur de constructions, il rêvait de devenir architecte. Jusqu'à ce que Hajduk Split se manifeste. Josip est quand même architecte. Moderne, en plus: cette saison, sa vista et ses passes ont construit l'équipe. Jeune homme, il avait déjà l'habitude de diriger les autres. Il s'exerçait sur son petit frère, qui n'avait pas sa constance et se consacrait un mois au football avant de se pencher sur ses livres scolaires. Lorsqu'ils évoluaient dans la même catégorie d'âge, Josip se coupait en quatre pour lui. Didulica, Seric et Arnold l'ont connu respectivement à Geelong, Hajduk et en équipe nationale. Ils sont unanimes. La devise de Skoko est: un pour tous, tous pour un. Cette saison, Josip Skoko, le seul qui parle croate, a drivé Mirsad Beslija à l'entraînement, chaque jour. De toute façon, il ne doit plus faire ses devoirs. 8. Marc Degryse (GBA) 207 pointsIl n'a certainement pas disputé la saison de trop: à 36 ans, il effectue ses adieux à la D1 avec huit buts et 11 assists. Degryse pourrait continuer plusieurs saisons encore: son corps, épargné par les blessures parce qu'il joue en un temps, limitant ainsi les risques, n'est pas encore usé, selon le staff technique du GBA. Depuis trois ans, il termine dans le top-cinq du GBA, parmi ceux qui ont disputé le plus de matches (respectivement 31, 32 et 33 sur 34). Marc Degryse connaît parfaitement son corps. Il sait comment le soigner.Alors que les plus jeunes disputent de 30 à 50% des entraînements au rythme des matches, Degryse se limite à 5 à 10%. Il n'est donc pas au meilleur de sa condition mais ça ne le handicape jamais en match, grâce à sa classe. Il joue intelligemment, il réalise en un temps ce que d'autres font en trois. Il se ménage ainsi, conservant un rendement élevé. Evidememnt, il doit être entouré de quelques bons coureurs, qui assument le travail défensif et sa part d'abattage, mais la créativité de Degryse lui permet de rester plus précieux que gênant.9. Carl Hoefkens (Lommel) 201 pointsIl y a un an, ce jeune produit du Lierse devait être transféré en Turquie mais il a refusé de suivre l'exemple de Daems et de Somers. Carl Hoefkens a préféré signer à Lommel, dont il est devenu un des piliers. Ce ne fut pas facile. Non seulement Hoefkens a dû s'adapter à une nouvelle équipe mais en plus, il a été associé à trois partenaires différents au fil de la saison: Daniel Nassen, Dirk Schoofs et Michel Noben. S'il s'est d'abord concentré sur ses propres prestations, au fil de la saison, il s'est impliqué davantage dans le jeu, même si Noben est resté le patron de la défense. Physiquement, Hoefkens est très fort. Il joue comme il s'entraîne, dur, avec engagement, ce qui a occasionné deux blessures, à Twan Scheepers et à Dieter Dekelver. Au Limbourg, les bons footballeurs ne peuvent se contenter de neutraliser leur adversaire direct. Comme Lommel a rapidement assuré son maintien, l'entraîneur a confié davantage de responsabilités à Hoefkens, l'alignant même au médian défensif. Van Veldhoven a assisté à l'émergence de Simons, passé du stopper au milieu avant Hoefkens, et il estime que celui-ci dispose des mêmes aptitudes: il a une bonne passe, un bon jeu de tête, il est fort homme contre homme. Il doit simplement apprendre à mieux choisir ses moments. 10. Wesley Sonck (Genk) 200 pointsMeilleur buteur, Soulier d'Or, Footballeur Pro de l'Année, champion: Wesley Sonck admire Michael Jordan. Pour Wesley, la façon dont l'ancien basketteur des Chicago Bulls a dominé son sport est géniale. Wesley jouait toujours à être Diego Maradona, lorsqu'il faisait une partie de foot avec son frère et ses amis devant le café familial. Il apprécie aussi beaucoup la manière avec laquelle Stefan Effenberg s'impose dans ses matches, avant de serrer sportivement la main de ses adversaires, au coup de sifflet final, malgré toutes les brutalités échangées. Pour Sonck, c'est une preuve de classe et de personnalité. Il éprouve beaucoup de respect pour les gens doués, fins techniciens, ou pour ceux qui jouent du piano, par exemple. Il est incapable de refuser un autographe à un enfant, car ils sont francs comme l'or, ce qu'il apprécie beaucoup. En fait, il en faut beaucoup pour que Sonck n'admire pas quelqu'un pourvu de bonnes intentions. 10. Michal Zewlakow (Mouscron) 200 pointsA l'intention de ceux qui ne distinguent pas les jumeaux Zewlakow, signalons que Michal est le défenseur, le plus âgé, de dix minutes, le plus mûr, le plus bavard, le plus dur. A l'intention de ceux qui ont vu les photos de nu qu'un magazine polonais a prises, et qui circulent à Mouscron, car les frères Zewlakow sont plutôt fiers de leur corps et ne se privent pas de le montrer: Michal est celui qui arbore le tatouage des Chicago Bulls sur la fesse. C'est aussi Michal qui est assuré de sa place en équipe nationale de Pologne, et celui que Ronald Koeman, l'entraîneur de l'Ajax, a déjà visionné, même si c'est resté sans suite. Michal peut évoluer dans l'axe de la défense comme à l'arrière gauche. Puissant, explosif, impitoyable dans les duels, rapide, il joue indifféremment des deux pieds. Son bagage défensif est complet mais quand il joue sur le flanc, il n'est pas homme à monter. Les deux Zewlakow sont athlétiques, motivés. Peut-être viennent-ils d'achever leur dernière saison en Belgique, car Mouscron a besoin d'argent et doit les vendre, comme Stefaan Tanghe, Yves Vanderhaeghe et Nenad Jestrovic avant eux. Raoul De Groote, Geert Foutré, Peter T'Kint, Christian Vandenabeele et Frédéric Vanheule.,Danny Boffin s'est épanoui en retrouvant le club de ses origines.Matthieu Verschuere lit le football comme personne.