Nous sommes en pleine période de tractations autour des joueurs les plus talentueux de la planète foot. Mais la crise force certains clubs à repenser leur politique de transferts. " La nôtre sera minimaliste ", assure Adriano Galliani, l'administrateur délégué du Milan AC. " Nous avons décidé d'opter pour des joueurs qui doivent encore effectuer un grand bond en avant dans leur carrière. La morosité économique ambiante fera en sorte que seuls certains cercles de l'élite européenne dépenseront des fortunes. Je m'attends à davantage d'échanges que d'achats de joueurs à titre définitif. "
...

Nous sommes en pleine période de tractations autour des joueurs les plus talentueux de la planète foot. Mais la crise force certains clubs à repenser leur politique de transferts. " La nôtre sera minimaliste ", assure Adriano Galliani, l'administrateur délégué du Milan AC. " Nous avons décidé d'opter pour des joueurs qui doivent encore effectuer un grand bond en avant dans leur carrière. La morosité économique ambiante fera en sorte que seuls certains cercles de l'élite européenne dépenseront des fortunes. Je m'attends à davantage d'échanges que d'achats de joueurs à titre définitif. " Et certaines opérations fracassantes pourraient même subir un coup d'arrêt. Ainsi Manchester City, propriété des cheikhs d'Abu Dhabi jamais à court d'idées pour recruter les meilleurs joueurs à l'aide de leurs millions de pétrodollars comme pour Robinho, aura du mal à faire signer les gros bras à Eastlands vu que le club n'a décroché aucun sésame européen. A l'autre bout du spectre financier, Valence est criblé de dettes (on parle de 575 millions d'euros) et sera forcé de monnayer ses meilleurs talents. La quête désespérée de cash du club andalou causera peut-être leur perte. Rafa Benitez, le manager de Liverpool, s'est déjà plaint que les négociations autour du médian David Silva soient rendues difficiles à cause de la gourmandise de son ancien club concernant le montant du transfert. " Quelqu'un a dû trop parler ", affirme Benitez. " Si nous sommes à l'affût d'un joueur, nous ne le crions pas sur la place publique, nous tentons de faire cela de manière correcte et dans le plus grand secret. " Pendant ce temps, le buteur David Villa, qui est la ressource financière la plus précieuse de Valence, s'inquiète. L'attitude de son club pourrait l'empêcher de réaliser le transfert d'envergure dont il rêve : " Officiellement, Valence a mis ma tête à prix pour 60 millions mais je doute qu'un club souhaite mettre autant d'argent sur la table pour s'attirer mes services. " On s'attend néanmoins à ce que Villa parte quand même, à destination de l'un des rares super clubs capables de répondre à la demande de ses employeurs. C'est le passage à l'action de ces clubs phares qui dictera la valse des transferts cet été, puisque les liquidités ruissellent d'habitude depuis le top niveau européen vers le bas. Au Real Madrid, Florentino Perez va reprendre les rênes. Pour rappel, Il avait été intronisé au sommet du club madrilène en 2000 et avait promis de faire venir Luis Figo de Barcelone, l'éternel rival catalan. Ce fut chose faite et les spéculations vont bon train quant à un remake de cette politique galactique avec comme noms les plus cités : Cristiano Ronaldo, Zlatan Ibrahimovic et Kaká. " Florentino Perez peut réaliser tout ce qui lui passe par la tête ", dit Ernesto Bronzetti, un important agent de joueurs proche du Real. " Il a la puissance pour conclure des deals que personne n'imagine, y compris Kaká et Cristiano Ronaldo. " Le génial médian brésilien avait justement refusé une offre de Manchester City en janvier dernier, alors que Milan était prêt à accepter une offre mirobolante du club anglais. La vente de Kaká peut permettre au club lombard de reconstruire une équipe vieillissante. " Perez tentera vraisemblablement de refaire le coup de l'été 2008 et d'essayer de transférer Cristiano Ronaldo. Après des mois de supputations, le Portugais avait lié son futur à Manchester United pour une année supplémentaire en août 2008... après que le club anglais ait menacé de traîner le Real devant la FIFA. A l'époque, ses commentaires avaient largement été interprétés comme un signe qu'il rejoindrait l'Espagne en 2009. Le manager d'United, Alex Ferguson, ne l'entend apparemment pas de cette oreille, puisqu'il a qualifié de " pathétiques " les échos venus de Madrid, affirmant que CR7 était sur le départ. Pendant ce temps, on évoque à Manchester un passage de Franck Ribéry dont l'horizon au Bayern Munich s'est assombri. A l'été 2007, le club bavarois avait payé un montant record à Marseille pour s'attirer le médian français. Lors de sa première saison, il remporta une série de récompenses individuelles et fut le principal inspirateur du jeu du Bayern, qui décrocha le titre. Cette saison, il reprit le collier plus tard à cause d'une blessure encourue lors de l'EURO 2008 et des rumeurs contradictoires circulèrent quant à son avenir durant la trêve hivernale. Il y a quelques semaines, Ribéry a assuré aux fans et à la direction qu'il comptait bien aller jusqu'au bout de son contrat en 2011. Il a affirmé " que personne n'avait de soucis à se faire. Je suis heureux au Bayern, j'aime les supporters et je pense qu'ils m'apprécient aussi. Cela n'a jamais été une question d'argent mais bien de savoir dans quel club je suis heureux de déployer mon football. "On est en droit de se demander s'il est toujours aussi heureux après l'éviction de Jurgen Klinsmann et le constat qu'au niveau européen le Bayern a du mal à rivaliser avec les meilleurs comme en atteste la cuisante élimination face au FC Barcelone. Justement, le Barça a été prompt, par la voix de son président Joan Laporta, à faire taire les rumeurs concernant un éventuel intérêt du club catalan pour Ribéry : " Je veux clouer le bec à ceux qui lient Ribéry à Barcelone. Nos bonnes relations avec le Bayern sont plus importantes qu'un seul joueur. Ribéry est aux Bavarois ce que LionelMessi représente pour nous. " Laporta a dans la foulée insisté que les joueurs clés resteraient au Camp Nou. " J'estime que Samuel Eto'o est le meilleur buteur du monde et je ferai tout pour le retenir. Contrairement à ce que certains affirment, nous sommes très contents de notre gardien Victor Valdes. " Au Barça, la situation au rayon transferts demeure intrigante. Malgré le fait que Thierry Henry ait vécu une belle saison, retrouvant sa forme de l'époque Arsenal, combien de temps encore durera la confiance de Barcelone à l'égard d'un joueur de 31 ans, souvent blessé ? Et puis, Eto'o, dont le club voulait se débarrasser il y a un an mais dont le salaire découragea plus d'un candidat, est aujourd'hui en position de force et a plusieurs fois émis dans la presse ses désirs d'évasion. Le Camerounais est sous contrat jusqu'en 2010 mais de nombreux clubs de Serie A le suivent, et non des moindres comme l'Inter, où José Mourinho reste malgré son échec en Ligue des Champions. " Je ne suis pas du genre à uniquement viser des résultats à court terme ", a déclaré le terrible Portugais. " J'ai commencé à remporter des titres dès mon arrivée à Chelsea et j'espère que la même chose m'arrivera ici. Mais tout le monde parle de Mourinho qui va quitter l'Inter... Pourquoi donc n'écrivez-vous jamais que Mourinho sera à l'Inter les quatre à cinq prochaines années ?"La prudence est le maître-mot chez les Nerazzurri où le président Massimo Moratti est prompt à calmer les rumeurs de gros transferts. " Parler de nous en disant que nous allons dépenser quatre fois plus que l'an dernier est complètement déplacé ", a-t-il déclaré. " Mourinho est plein de bon sens et la crise économique mondiale l'oblige à être prudent. Je pense que nous avons une bonne équipe qui ne nécessite que des améliorations mineures. Nous voulons mettre davantage l'accent sur notre magnifique académie des jeunes. " Mourinho espère toujours l'un ou l'autre renfort de choix, pourtant : " Il nous manque un médian créatif, afin de diriger la man£uvre et si l'on en trouve un bon je serai heureux. Néanmoins, ce que dit Moratti est vrai, il ne s'agit pas tellement de changer des joueurs mais bien la philosophie du club. L'Inter doit clôturer un chapitre et en entamer un autre. Nous nous devons d'avoir des jeunes ayant un potentiel, même si cela réduit nos chances de gagner des trophées à court terme. C'est un risque que nous n'avons pas peur de prendre. " La confusion la plus totale règne autour de l'avenir de Zlatan Ibrahimovic, figure de proue de l'Inter dominatrice en championnat et pâle sur le scène européenne. Mourinho dit qu'il veut que le Suédois reste mais Moratti a évoqué une vente en admettant : " Je ne dirais pas non à une offre de 100 millions pour Ibra. "Chelsea, l'ancien club de Mourinho, connaîtrait des problèmes de liquidités, ce qui n'empêche pas des signes avant-coureurs de grosses dépenses, surtout qu'un nouvel entraîneur ( Carlo Ancelotti ?) fera son arrivée à Stamford Bridge. Assistera-t-on à une surenchère entre Chelsea et Manchester City pour attirer David Villa ? Des sources proches de Roman Abramovitch, propriétaire du club, ont fait état d'une volonté du milliardaire russe de délier les cordons de la bourse pour attirer à nouveau des grands noms. A un niveau juste en dessous, certaines décisions semblent déjà entérinées. Ainsi Karim Benzema restera sans doute à Lyon. En marge du duel de Ligue des Champions contre Barcelone, l'attaquant avait déclaré vouloir rester chez les Gones jusqu'en 2010 parce qu'il ne voulait pas changer de club l'été juste avant une Coupe du Monde, ce qui est une explication un peu faiblarde. La vraie serait plutôt à chercher du côté des 100 millions d'euros que le président lyonnais Jean-Michel Aulas réclamerait pour son poulain. En ces temps d'économies relatives au top de la planète foot, ce genre de montant semble avoir été botté en touche. par nick bidwell et gavin hamilton (world soccer)