M arcel Decorte (78 ans), qui a pris sa retraite en juin après avoir été actif pendant 35 ans au RSCA (attaquant de 1950 à 1959, 140m/37b, entraîneur des jeunes, scout) a vu à l'£uvre tous les puncheurs anderlechtois pendant 50 ans et nous livre ses impressions.
...

M arcel Decorte (78 ans), qui a pris sa retraite en juin après avoir été actif pendant 35 ans au RSCA (attaquant de 1950 à 1959, 140m/37b, entraîneur des jeunes, scout) a vu à l'£uvre tous les puncheurs anderlechtois pendant 50 ans et nous livre ses impressions. Premier Sportingman à avoir accédé à la notoriété internationale. Surnommé le Bombardier à cause de sa frappe lourde du droit, il avait aussi un jeu de tête précis et puissant. Il faisait le ménage tout en étant habile dans les combinaisons au sol. Je me souviens d'un triple une-deux entre lui et moi lors d'un match de gala contre le Racing Club de Buenos Aires. Intransférable, il aurait fait le bonheur des plus grands clubs anglais ou italiens. Le meilleur centre-avant du Sporting : tir meurtrier des deux pieds, heading dévastateur, vitesse de course et tempérament. Il provoquait l'adversaire par le geste et la parole, mais savait encaisser les coups. Il demandait parfois à ses coéquipiers d'être plus durs avec lui à l'entraînement. Hugo Broos s'en souvient... Chacun se souvient de la reprise acrobatique de Mémé Tchité qui avait permis au RSCA de l'emporter au FC Brussels lors de la saison 2006-07. Des rétros pareils, Polyte en était coutumier, tout comme de volées et demi-volées. Il n'évoluait pas en pointe mais intérieur droit, comme infiltreur. Un sixième sens, celui du but. Il flairait toujours la bonne occase et se plaçait toujours judicieusement. Il aurait pu se rapprocher de ses devanciers s'il avait su jouer des coudes. Mais il préférait de loin la finesse à la force. Son tir du gauche surpassait Mermans, Mulder, van den Bosch et même le défenseur Arsène Vaillant, qui avaient une frappe de mule. Mais lui il a fait long feu au Parc Astrid, victime de l'avènement de la génération Sinibaldi et dont Paul Van Himst allait être la figure de proue. Il a cette faculté de jaillir au bon endroit au bon moment. Sans lui, l'équipe n'est pas la même et j'ai rarement vu le RSCA être aussi tributaire d'un joueur. Il est utile comme nul autre en termes de rendement. " Avec le kangourou, le titre c'est dans la poche ", disait Raymond Goethals. L'Australien rapporta bel et bien un écusson national aux Mauves lors de ses débuts en 1987. Fort de la tête, il n'était pas maladroit des pieds mais allait devoir s'effacer au profit de Luc Nilis. Outre ses actions spectaculaires (rétros, centres derrière la jambe d'appui), c'était un sprinter plus rapide balle au pied que son adversaire sans. Le duo idéal avec Frutos. Dommage qu'ils n'aient pas eu davantage l'occasion de jouer ensemble. Il était moyen en tout mais excellait dans la déstabilisation de l'opposant et de l'arbitre. A la longue, il finissait même par taper sur le système de ses partenaires. Finalement, le club a été content de se débarrasser de lui. Sa moyenne est d'autant plus frappante qu'il a souvent été amené à devoir déménager sur l'aile au profit d'un attaquant axial comme Jacky Stockman d'abord et, plus tard, Mulder. Le Canadien allait plus vite encore que Tchité et était aussi capable de tirer son épingle du jeu au sein d'une formation qui faisait le jeu. Son association avec Jan Koller constituait une pure merveille. Le Sporting n'a plus connu un duo plus performant. Le meilleur Anderlechtois de tous les temps. La classe mondiale. Le Néerlandais a inscrit un nombre très élevé de buts comme pur ailier gauche ! Il pouvait soutenir la comparaison avec les meilleurs ailiers comme l'Anglais Stanley Matthews ou le Brésilien Garrincha. Chacun connaissait sa feinte mais personne ne pouvait jamais dire quand il allait l'exécuter. Quelques coups d'éclat : un authentique hat-trick en amical au Heysel, face au Brésil (5-1) ou ce but qui permit d'arracher dans les années 60 un test-match face au FC Bologne. Pour le reste, il était très fruste, limité techniquement. Il alliait force et la finesse, gauche et droit, alors que les plus prolifiques dans ce classement avaient plutôt un bon pied. Avec le Hollandais Johnny Bosman, le plus élégant. S'est pleinement épanoui au PSV où il a fait montre de davantage de punch encore qu'ici. S'est essentiellement signalé par ses frasques en dehors des pelouses. Au même titre qu'à Feyenoord, il a brillé lors de ses premiers mois avant de s'éteindre progressivement Ah, s'il avait été plus discipliné ! Je savais qu'on détenait un super mais il nous a filé entre les doigts pour faire le bonheur du Standard. Au sein de la direction, beaucoup s'en mordent toujours les doigts. On parle toujours aujourd'hui d'un but à la Czerniatynski, lisez un goal tiré par les cheveux. Et c'est vrai qu'Alex avait le monopole des buts invraisemblables, marqués à l'arraché. Il n'était pas académique mais comme baroudeur, il n'avait pas son égal. Ni un numéro 9, ni un numéro 10 mais un 9,5 régisseur et finisseur. Des aptitudes telles celles d' Enzo Scifo, Marc Degryse et Pär Zetterberg. Mais Popol possédait un sens du but nettement plus aiguisé. Mulder, De Vrindt, Stockman ou Attila Ladinsky se sont réalisés pleinement aux côtés de ce quadruple Soulier d'Or. Eduqué à l'école de l'Ajax Amsterdam, il était d'un classicisme à toute épreuve, à l'image de son prédécesseur là-bas, Marco van Basten. Son association avec Luc Nilis était idéale, le jeu de tête du Hollandais se mariant à merveille avec le jeu au pied de l'autre. Le géant tchèque marquait à la pelle, participait aux offensives et prêtait régulièrement main forte à la défense sur les phases arrêtées. Depuis 2000, personne n'a fait mieux. Un des plus grands leaders d'attaque du RSCA aux côtés de Mulder, Mermans, Paul Van Himst et Vandenbergh.