1. Raymond Goethals 07/10/1921 - 06/12/2004

Sept finales européennes et dix ans à la tête de l'équipe nationale : voilà comment on peut résumer l'impressionnante carrière de Raymond Goethals. Pendant 35 ans, le Bruxellois a entraîné au plus haut niveau. Il a toujours prétendu que personne ne ferait aussi bien. Car il aimait mettre ses résultats en valeur et ne manquait pas de confiance en soi. Selon lui, un entraîneur devait juste voir ce qui ne fonctionnait pas et intervenir. Il savait le faire mieux que quiconque et prétendait que des confrères qui étaient dans le métier depuis 30 ans ne voyaient rien. Parler avec Raymond Goethals, c'était quelque chose. Quand on lui demandait s'il acceptait de retracer sa carrière au cours d'une interview, il demandait au journaliste s'il avait deux jours devant lui. Goethals était un tacticien. Que ce soit à la tête de l'équipe nationale, d'Anderlecht, du Standard ou de l'Olympique de Marseille, il a toujours travaillé de la même façon. On a souvent dit que c'était un entraîneur défensif mais quand on le confrontait à cela, il se lançait dans un exposé sans fin.
...

Sept finales européennes et dix ans à la tête de l'équipe nationale : voilà comment on peut résumer l'impressionnante carrière de Raymond Goethals. Pendant 35 ans, le Bruxellois a entraîné au plus haut niveau. Il a toujours prétendu que personne ne ferait aussi bien. Car il aimait mettre ses résultats en valeur et ne manquait pas de confiance en soi. Selon lui, un entraîneur devait juste voir ce qui ne fonctionnait pas et intervenir. Il savait le faire mieux que quiconque et prétendait que des confrères qui étaient dans le métier depuis 30 ans ne voyaient rien. Parler avec Raymond Goethals, c'était quelque chose. Quand on lui demandait s'il acceptait de retracer sa carrière au cours d'une interview, il demandait au journaliste s'il avait deux jours devant lui. Goethals était un tacticien. Que ce soit à la tête de l'équipe nationale, d'Anderlecht, du Standard ou de l'Olympique de Marseille, il a toujours travaillé de la même façon. On a souvent dit que c'était un entraîneur défensif mais quand on le confrontait à cela, il se lançait dans un exposé sans fin. Goethals était un personnage haut en couleur. Pourtant, c'était un solitaire. Après avoir remporté la Ligue des Champions avec Marseille, il est rentré seul dans sa chambre d'hôtel, s'est assis sur la terrasse et a fumé tranquillement une cigarette. C'était sa façon à lui de savourer.Alors que Guy Thys entraînait l'Antwerp, le président Eddy Wauters lui demanda pendant combien de temps encore il comptait aligner Jos Heyligen. Selon Wauters, cela équivalait à jouer à dix. Mais l'Antwerp était deuxième. Thys a donc répondu sans sourciller qu'il ne voulait pas prendre le risque de jouer à onze. Cette réponse caractérise Guy Thys, qui donnait souvent l'impression d'écouter les autres et était effectivement ouvert au dialogue mais ne se laissait rien dicter par personne. L'Anversois était passé maître dans l'art de relativiser et de se dégager de la pression qui pesait sur ses épaules.Il a entraîné l'équipe nationale pendant quatorze ans, étant le premier sélectionneur à franchir la barre des 100 matches chez nous. À sa façon, avec beaucoup de psychologie et en faisant une confiance aveugle aux joueurs, à qui il faisait comprendre qu'ils seraient titulaires. Thys, qui n'aimait pas les individualistes, restait calme en toute circonstance. Il minimisait toujours son apport, ne gesticulait pas le long de la ligne de touche et ne croyait pas aux changements-miracles. C'était un homme très simple qui affirmait que les meilleurs entraîneurs étaient ceux qui entraînaient les meilleurs joueurs. Le stade du RRC Etterbeek porte aujourd'huis son nom.Eric Gerets a entamé sa carrière au FC Liège, par une chaude soirée de l'été 1992. Ce soir-là, sa nouvelle équipe a partagé l'enjeu au CS Bruges (2-2). Un beau résultat mais le Cercle a égalisé sur un coup-franc à la dernière minute et Gerets était désespéré. Il a donc envoyé son adjoint, Daniel Boccar, à la conférence de presse, et est allé s'asseoir tout seul dans le car des joueurs, le regard vide. Gerets, dans ses nouvelles attributions, a surtout dû apprendre à perdre après une carrière active où il s'était le plus souvent trouvé dans le camp des vainqueurs. Car, pour le reste, il a très vite appris le métier. Cet homme qui aimait se sentir entouré et protégé a eu une très belle trajectoire, dont le point culminant fut sans doute le titre de champion de Belgique décroché avec le Lierse en 1997.Par la suite, il a confirmé au Club Bruges, avec qui il a été champion avec dix-huit points d'avance avant de tenter sa chance à l'étranger, où il allait également marquer les esprits . Gerets aimait le football de mouvement, avec des combinaisons rapides et précises, il admettait que ses joueurs prennent des risques. Souvent victime de sa rage de vaincre, il s'est calmé au fil des années et est encore devenu meilleur lorsqu'il a compris qu'en matière d'analyse, l'émotion était souvent mauvaise conseillère.Bizarrement, Hugo Broos n'a réellement eu la reconnaissance qu'il méritait qu'en 2017, après avoir remporté la Coupe d'Afrique avec le Cameroun. Pourtant, le Brabançon a fait de l'excellent boulot dans de nombreux (grands) clubs. Mais Broos n'est pas exubérant, il ne cherche pas à se montrer. C'est un homme loyal pour qui un contrat a encore de la valeur. Broos a connu des hauts et des bas. Il a toujours été très prudent. Il ne parlait pas beaucoup avec ses joueurs et cela l'a poursuivi tout au long de sa carrière. Il avait cependant une explication à cela : pour lui, celui qui parle beaucoup finit toujours par se contredire. Il a notamment entraîné le Club Bruges, Anderlecht et le RC Genk. Il a été sacré Entraîneur de l'Année à quatre reprises mais, en 2011, plus personne en Belgique ne s'intéressait à lui. Alors, il est parti à l'étranger. Avec succès...Peu d'entraîneurs sont autant concernés par le football que Michel Preud'homme, qui regarde des vidéos de l'équipe adverse jusque tard dans la nuit. Preud'homme était déjà comme cela lorsqu'il était gardien et il tente de transmettre ce fanatisme à ses joueurs. Aujourd'hui, ce n'est pas toujours facile et ça l'énerve. À cause de son tempérament, Michel Preud'homme s'en prend souvent aux arbitres. Il ne supporte pas l'erreur, ni la critique. Il les considère comme des insultes à son travail. Michel Preud'homme est entré dans l'histoire en 2008, lorsqu'il a rendu au Standard le titre que le club de Sclessin attendait depuis 25 ans. Il est étonnant qu'à près de 60 ans, le Liégeois n'ait décroché que trois titres et trois coupes. D'autant que, partout où il est passé, on souligne ses compétences. Ce n'est pas pour rien qu'il a été élu à trois reprises Entraîneur de l'Année.Pendant plus de quinze ans, Aimé Anthuenis a été considéré comme un entraîneur méritant. Puis il a vécu un conte de fées avec le KRC Genk, qu'il a conduit au titre. Cela lui a valu un passage à Anderlecht et un poste de sélectionneur national. Travailleur et affable, Aimé Anthuenis est toujours resté fidèle à ses principes. Il n'est jamais sorti de son rôle. Même pas lorsqu'il a été très critiqué, comme à Anderlecht. Il a encaissé et a toujours cherché à dialoguer avec les journalistes. Il n'a jamais ménagé ses efforts. Lorsqu'il a mis un terme à sa carrière en septembre 2010, après avoir été licencié par le Lierse, il était toujours le même entraîneur que lorsqu'il dirigeait les juniors UEFA de Lokeren en 1980. Son palmarès fait état de trois titres de champion de Belgique. Il a également été trois fois Entraîneur de l'Année.Tout le monde a été surpris lorsque, le 25 septembre 1982, Anderlecht a choisi Paul Van Himst pour succéder à Tomislav Ivic. Après un peu plus de deux ans sous le régime parfois étouffant du Croate, Van Himst a restauré un climat plus paisible et l'équipe s'est réveillée. Elle n'a pas réussi à décrocher le titre mais a remporté la Coupe UEFA. L'année suivante, Van Himst a lancé Enzo Scifo, qui n'avait que 17 ans. En 1987, il est devenu directeur technique du RWDM mais il a démissionné lorsque le club est descendu et a pris, pendant un certain temps, ses distances avec le football. Van Himst n'a jamais donné l'impression d'avoir le feu sacré. Il a pourtant dirigé l'équipe nationale pendant cinq ans. Il ne surchargeait pas ses joueurs de missions, sans doute parce que, joueur, lui-même n'avait jamais aimé qu'on lui impose un carcan. Lorsqu'il a été limogé par l'Union belge, en 1996, il a mis un terme à sa carrière d'entraîneur.Son limogeage récent à Anderlecht n'y change rien : au cours des dernières années, Hein Vanhaezebrouck a marqué le football belge de son empreinte. Il a fait de l'excellent travail à Courtrai et est devenu un grand entraîneur à Gand, à qui il a offert le titre en 2015, sans pouvoir compter sur des joueurs hyper talentueux. Son système de jeu et sa façon de neutraliser l'adversaire étaient particuliers. Il avait réussi à transmettre sans difficulté sa philosophie offensive à des joueurs qui le suivaient aveuglément. A la Ghelamco Arena, il avait beaucoup de pouvoir. Puis le ressort s'est brisé. Anderlecht aurait dû lui permettre de confirmer mais cela ne s'est pas passé comme il le souhaitait. Son message n'est jamais passé et son caractère obstiné en a énervé plus d'un. La rupture était inévitable.En trente ans, Urbain Braems a entraîné de Zottegem à la Mer Noire. C'était un professionnel rigoureux et méthodique. Un entraîneur et un pédagogue. Il a découvert très rapidement qu'il savait parler aux gens. Urbain Braems aime beaucoup parler de son époque à Beveren avec qui il a remporté la Coupe de Belgique (1978) et le titre (1984). Il aimait trouver les joueurs qui allaient hausser le niveau de l'équipe et acheter à l'étranger des joueurs bon marché qui comblaient les trous. Braems a remporté cinq coupes de Belgique, il a disputé sept finales et a été champion avec Anderlecht ainsi qu'avec Beveren. Il a terminé sa carrière à Trabzonspor, où les gens l'adoraient et scandaient son prénom comme un cri de guerre : Urbaïn, Urbaïn. Braems n'y était pas insensible. Il aimait aussi dire que, partout où il était passé, on le regrettait.Tout à fait inconnu jusque là, Robert Goethals a été champion avec Beveren, club à la tête duquel il a aussi livré des matches mémorables en Coupe d'Europe. Adepte de la méthode douce, il prônait avant tout les valeurs humaines. Goethals était un amateur : lorsque Beveren a disputé un quart de finale de Coupe d'Europe face à l'Inter Milan, il a donné cours à Bruges jusqu'à 13 heures puis il a pris l'avion pour Milan. Licencié en éducation physique, Robert Goethals s'intéressait à tous les aspects du football. Il n'était pas du tout stressé car il savait qu'il pouvait toujours compter sur son métier d'enseignant. Après son limogeage à Gand, il n'a même pas cherché à récupérer son argent. Goethals n'a travaillé au plus haut niveau que pendant cinq ans. Par la suite, il a écrit un livre : Leren voetballen. L'enseignement et le football ont marqué sa vie.