Dimanche prochain, Gand se rend à Anderlecht. Les Bruxellois n'ont pas oublié que, lors des derniers play-offs, un homme leur a fait très mal à la Ghelamco Arena. Entré au jeu en fin de match parce qu'il revenait d'une blessure à la cheville, le Brésilien RenatoNeto a touché deux ballons ce soir-là. Dont un pour faire 2-1 de la tête.
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Dimanche prochain, Gand se rend à Anderlecht. Les Bruxellois n'ont pas oublié que, lors des derniers play-offs, un homme leur a fait très mal à la Ghelamco Arena. Entré au jeu en fin de match parce qu'il revenait d'une blessure à la cheville, le Brésilien RenatoNeto a touché deux ballons ce soir-là. Dont un pour faire 2-1 de la tête. Renato Neto : Le match contre Anderlecht était spécial car c'était juste après le décès de GregoryMertens. A l'échauffement, je pensais à sa famille. Ce but, c'était pour lui. C'était le plus important de ma carrière. Neto :Oui. J'ai été opéré du ménisque deux jours après le dernier match et je n'ai eu que quatre jours de vacances. Nous sommes donc partis au Portugal. Neto :Non. Contre Lokeren, j'ai ressenti une première douleur au genou. Le lendemain, je pouvais à peine marcher et j'ai passé un scanner. Le docteur m'a dit que je pouvais continuer à jouer sous infiltration car je ne voulais pas manquer les play-offs. J'aurai le temps d'aller au Brésil plus tard. Neto :Ma mère vit et travaille à une heure de São Paulo mais le reste de la famille est à 100 km de Salvador de Bahia. Il n'y avait pas de plage près de chez moi, je jouais dans la rue. Mais à 12 ans, j'ai quitté la maison pour l'Etat de Santa Catarina, dans le sud du Brésil. Je ne regrette rien : c'est la vie que j'ai choisie. Neto :Oui, ils se sont quittés quand j'avais neuf ans. Pendant longtemps, je n'ai pratiquement pas eu de contact avec mon père mais quand je suis parti au Portugal, comme je n'avais pas 18 ans, je devais être accompagné d'un parent. Et comme ma mère avait peur de l'avion, c'est lui qui est venu. Depuis, on s'entend mieux. Neto :Très pauvre. Salvador est une belle ville mais on ne voit pas ce qui se passe derrière les plages. J'ai eu de la chance d'avoir une mère travailleuse. Elle a fait beaucoup de sacrifices, dont celui de partir à São Paulo. C'est ma grand-mère qui s'est occupée de nous et nous a maintenus sur le droit chemin car nous aurions facilement pu gagner de l'argent autrement. Neto : En vendant de la drogue. On a des amis qui l'ont fait mais mon frère et moi avons toujours voulu rester honnêtes. Neto :J'avais un ami qui y jouait et a demandé à son coach si je pouvais venir. Je ne suis rentré que onze mois plus tard car le trajet était trop cher. Nous étions logés et nourris au centre d'entraînement mais nous n'étions pas payés et ma mère devait m'envoyer de l'argent. Je n'étais pas d'accord alors j'ai bluffé, j'ai fait ma valise et j'ai dit que je rentrais chez moi. Du coup, ils m'ont donné 70 euros par mois. Neto :Ma mère ne veut pas. Elle me dit d'épargner. Elle est très indépendante, comme moi. Neto :D'abord à Benfica mais l'agent qui m'y a envoyé demandait trop d'argent. Alors je suis allé au Sporting. Neto : On y fait attention à tout, surtout à la mentalité. Aurelio, l'homme qui a découvert Ronaldo, disait toujours que l'homme comptait plus que le joueur. On allait à l'école, il y avait une piscine, une salle de fitness, un psychologue et un style de jeu. En cas de problème, on pouvait toujours s'adresser à quelqu'un. Le centre de formation peut accueillir 50 joueurs dès l'âge de 13 ans. Il y a quatre terrains. Le Sporting recrute dans le monde entier. Neto (il rit) : J'ai vécu plus longtemps seul qu'en famille. Mon frère m'a rejoint pendant quelques mois et j'aimerais que ma mère vienne un jour, qu'elle voie ma maison, mon bébé... Elle a déjà moins peur de l'avion, son passeport est prêt, mon frère l'accompagnera. Neto :Au Sporting, on voulait me faire jouer en 10 mais c'était difficile. Un coach m'a alors placé en 6, ce qui me convenait mieux car je pouvais faire valoir mon jeu de tête et mes longues passes. Au Cercle, je jouais aux côtés d'Arnar Vidarsson. Il restait et je faisais office de box-to-box. Et c'est un peu la même chose à Gand, ce qui explique que je me sois adapté aussi facilement. Neto : Je vais souvent courir. Je pense que, l'an dernier, peu d'équipes avaient autant de condition que nous. Et nous devrons être plus forts physiquement cette saison encore car on attend toujours davantage du champion. Neto :C'est vrai. La saison dernière, j'en ai marqué sept, c'est déjà mieux mais je veux encore progresser dans ce domaine. Il faut repousser ses limites. Neto : Plus de sept (il rit). Ce n'est pas le plus important mais je veux faire mieux. Neto :Mon agent et Mister Louwagie ne m'ont rien dit. Tout le monde sait que je rêve de la Premier League. Pour le moment, ce n'est pas possible car je ne suis pas international et je n'aurai la nationalité belge que dans un an ou deux. Mais je ne suis pas pressé, je suis heureux ici. Je me réjouis de voir ce que nous pouvons faire en Ligue des Champions. Beaucoup de gens sont soucieux mais pas moi. On a battu Bruges et Anderlecht, ce n'est quand même pas rien. Neto : Pas encore mais un ami d'Uros Vitas va m'en faire un. C'est le premier titre de ma carrière, je dois graver cet instant. PAR PETER T'KINT - PHOTO BELGAIMAGE