L'Union va bien, merci pour elle. La " Vieille Dame " poursuit son développement et sa professionnalisation. Et en attendant que le Parc Duden subisse un lifting, c'est au stade Roi Baudouin que les Jaune et Bleu usent leurs crampons, un week-end sur deux, dans une enceinte bien trop grande pour eux mais éminemment historique. Et si les Bruxellois font bonne figure en ce début de saison au sein d'une mini-série de huit clubs, ils le doivent notamment à Nicolas Rajsel, leur attaquant français. L'actuel meilleur buteur de D1B a de l'ambition à revendre mais n'oublie pas les chemins de traverse qu'il a dû emprunter pour réussir, pas plus qu'il n'oublie ses longues années au PSG et ses entraînements avec les stars locales. Rencontre.
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L'Union va bien, merci pour elle. La " Vieille Dame " poursuit son développement et sa professionnalisation. Et en attendant que le Parc Duden subisse un lifting, c'est au stade Roi Baudouin que les Jaune et Bleu usent leurs crampons, un week-end sur deux, dans une enceinte bien trop grande pour eux mais éminemment historique. Et si les Bruxellois font bonne figure en ce début de saison au sein d'une mini-série de huit clubs, ils le doivent notamment à Nicolas Rajsel, leur attaquant français. L'actuel meilleur buteur de D1B a de l'ambition à revendre mais n'oublie pas les chemins de traverse qu'il a dû emprunter pour réussir, pas plus qu'il n'oublie ses longues années au PSG et ses entraînements avec les stars locales. Rencontre. Le goal que Nicolas Rajsel a inscrit, il y a quelques jours contre Lommel, a fait le tour de la toile. Et depuis le début de saison, c'est l'un des mecs qui font jaser dans l'antichambre. A 23 ans, il a déjà planté huit roses depuis l'entame de la compétition et il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. " C'est ma troisième saison à l'Union Saint-Gilloise et je m'y plais même s'il est clair, qu'un jour, j'envisagerai d'évoluer à un niveau supérieur ", explique-t-il. " Mais je suis quelqu'un d'honnête et je sais ce que je dois à ce club. Quand je m'y suis présenté, en août 2014, tout s'est joué en l'espace d'une seule journée. A l'époque, le coach était DrazenBrncic et il m'a jugé suffisamment bon que pour me faire signer à quelques heures de la fin du mercato. Depuis lors, j'essaie de rendre à l'Union ce qu'elle m'a apporté. Notamment la joie de jouer et la stabilité. " Le natif du Val d'Oise a passé huit ans au centre de formation du Paris Saint-Germain et a vu arriver les Qataris et leurs valises remplies de pétrodollars. Il a également vu débarquer des stars planétaires, qu'il a même côtoyées de près à certaines occasions mais au moment décisif, la direction ne lui a pas offert de contrat professionnel... " Je n'en veux pas au PSG et cela reste le club de mon coeur ", rétorque Nicolas Rajsel. " Je sortais d'une saison compliquée au cours de laquelle je n'avais pas beaucoup joué en raison d'une grave blessure et le club n'a pas misé sur moi. Psychologiquement, cela a été une épreuve difficile mais pouvoir passer outre fait partie de la carrière d'un footballeur pro. " L'attaquant s'est alors accroché aux lueurs de l'espoir plutôt que de sombrer. Combien d'anciennes grandes promesses du football ne finissent pas par taper la balle chez les amateurs parce qu'elles n'ont pas eu suffisamment de force de caractère ? Nicolas Rajsel le sait et c'est pour cette raison qu'aujourd'hui, il croque dans la vie à pleines dents. Et pourtant, l'après-PSG n'a pas été de tout repos. " J'étais tout jeune et je suis resté sept mois au chômage. Je me suis posé beaucoup de questions. Je n'avais pas d'agent et, dans ces conditions, c'est difficile de rebondir. J'ai alors reçu une proposition émanant d'un petit club slovène, le NK Celje. C'est mon pays d'origine et par l'intermédiaire de certains membres de ma famille qui y vivent, j'ai pu signer là-bas. Dans un sens, c'était agréable parce que je replongeais près de mes racines, pas trop loin de Ljubljana, et parce que j'avais surtout besoin de jouer. Mais a contrario, tant du point de vue du jeu, que des infrastructures et de l'organisation, c'était le jour et la nuit avec ce que j'avais connu auparavant. D'autant plus que le club ne jouait pas les premiers rôles. Mais je ne crache pas dans la soupe ! Je me suis relancé à Celje, j'ai même eu la chance d'être sélectionné chez les U21 slovènes et c'est aussi grâce à cette entité que j'ai abouti en Belgique. " La concurrence est toutefois rude en équipe nationale slovène et ses performances avec l'Union Saint-Gilloise ne lui permettront certainement pas de taper dans l'oeil de SreckoKatanec, le sélectionneur national. " Non, c'est tout bonnement impossible ", confirme-t-il. " Il y a des internationaux qui évoluent dans les meilleurs championnats européens, en Série A italienne notamment, et pour un jour pouvoir caresser ce rêve, il faudrait que j'évolue moi aussi au top niveau. Un de mes meilleurs potes, BenjaminVerbic, a affronté le Club Bruges avec Copenhague cette semaine en Champions League. Actuellement, on ne boxe pas dans la même catégorie. " Le garçon a pourtant évolué pendant quelques saisons à Celje lui aussi... Comme quoi, en football, tous les rêves sont permis. Le rêve, c'est peut-être aussi d'avoir rigolé avec David Beckham ou d'avoir assisté aux frasques de Zlatan Ibrahimovic. Nicolas Rajsel, lui, l'a vécu pour de vrai. " C'est fou tout ce que l'on peut dire ou penser de ces joueurs alors que lorsqu'on les côtoie, ce sont vraiment des chouettes gars. Je ne faisais pas partie intégrante du noyau A mais j'ai eu la possibilité de participer à plusieurs séances et c'était énorme de vivre quelques heures avec ces stars. Sur le terrain ou dans le vestiaire, ils étaient cool. Ibrahimovic par exemple, c'était un peu le " fouteur de gueule " de service. Quand il gagnait un petit match, autant vous dire qu'il vous charriait sec. Idem en ce qui concerne EzequielLavezzi. Il y a quelques jeunes de ma génération qui ont percé, comme Jean-Christophe Bahebeck, qui est maintenant à Pescara, ou encore Alphonse Aréola, qui va certainement devenir le numéro 1 du PSG pour les dix ans qui viennent. Je connais aussi Adrien Rabiot même s'il est un peu plus jeune mais il était toujours surclassé et on a joué pas mal de fois ensemble. Cela reste beaucoup de bons souvenirs pour moi. " Le souvenir est une chose, l'avenir en est une autre. Que l'on parle à court ou à long terme. Quant à l'histoire d'amour entre Nicolas Rajsel et l'Union, on la résumera en disant que c'est du moyen terme parce qu'à force d'empiler les goals et de faire trembler les filets, des clubs de l'élite finiront bien par s'attacher ses services. " J'ai énormément progressé au cours des derniers mois mais j'ai encore une marge d'amélioration. Lors de mes deux premières saisons à l'Union, j'ai mis chaque fois douze goals et cette année, je suis déjà à huit mais je ne me fais aucune illusion. Mes concurrents ont minimum quatre à cinq occasions par match alors que moi, je dois me débrouiller avec un ou deux tirs sur 90 minutes. J'aimerais vous dire que je vais planter vingt goals mais je n'en ai aucune idée. Enfin, tant que ça dure... Quand je suis arrivé à l'Union, on a pensé que j'étais un vrai numéro 9 parce qu'au PSG, c'est un rôle que l'on a tenté de me faire endosser, mais je n'accroche pas. Je suis bien plus à l'aise quand j'évolue sur un flanc, que je peux rentrer dans le jeu et frapper ou entamer une action. Mon contrat à l'Union court jusqu'en 2018 et je ne désespère pas de monter avec mon club mais dans le cas contraire, je ferai le point en fin de saison ", conclut le Parisien. PAR DAVID DUPONT - PHOTO BELGAIMAGE" Dans le vestiaire, Ibra était le fouteur de gueule de service " - NICOLAS RAJSEL