En 2011, Sebastian Vettel triomphait à la Merckx, autrement dit quand il le voulait. Cette année, il ne s'est encore imposé qu'une fois, à Bahrein. Quand l'ingénieur en chef Adrian Newey a remanié la voiture pour Valence, la Red Bull RB8 semblait de nouveau la meilleure, tant Vettel avait dominé le Grand Prix d'Europe, jusqu'à sa panne. Une course plus tard, son omnipotence s'était évaporée et depuis, il doit se contenter de suivre McLaren et même Ferrari.
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En 2011, Sebastian Vettel triomphait à la Merckx, autrement dit quand il le voulait. Cette année, il ne s'est encore imposé qu'une fois, à Bahrein. Quand l'ingénieur en chef Adrian Newey a remanié la voiture pour Valence, la Red Bull RB8 semblait de nouveau la meilleure, tant Vettel avait dominé le Grand Prix d'Europe, jusqu'à sa panne. Une course plus tard, son omnipotence s'était évaporée et depuis, il doit se contenter de suivre McLaren et même Ferrari. " L'interdiction de diffuseur gonflé nous coûte cher ", a récemment déclaré Newey. Durant l'intersaison, la FIA a en effet interdit cette invention géniale d'un ingénieur. D'autres innovations qui ont offert un avantage technologique à Red Bull en 2011 ne sont entre-temps plus autorisées. Autre phénomène encore plus frappant, cette saison, Red Bull a été fréquemment sifflé par les autorités, comme à Monaco. Une ouverture dans le plancher du bolide de Vettel a suscité la polémique, ce truc offrant apparemment un avantage aérodynamique. La brèche a été interdite pour le GP suivant. C'est surtout ce qui s'est produit à Hockenheim qui soulève des questions. Jo Bauer, le responsable du contrôle technique de la FIA, a annoncé que Red Bull employait un système illégal pour régler le couplage du moteur et enfreignait donc le règlement. Bauer a joué les juges alors qu'en fait, il ne doit mentionner ses découvertes qu'aux commissaires de course, auxquels la décision ultime revient. Cela alimente la rumeur selon laquelle Red Bull est traité avec plus de sévérité que les autres écuries. Il y aurait peut-être des raisons politiques à cela. Ainsi, Luca Di Montezemolo, le patron de Ferrari, est-il partisan d'une F1 moins chère et donc d'une limite aux budgets des écuries. Il voit aussi d'un bon £il des technologies moins néfastes à l'environnement, comme l'électricité. Red Bull ne veut pas entendre parler de tout cela. Di Montezemolo trouve pourtant une alliée en la FIA, présidée par Jean Todt, l'ancien patron de Ferrari. Or, cette même FIA est actuellement en bagarre avec un certain Bernie Ecclestone. L'enjeu ? L'argent car la FIA a besoin d'une injection d'euros et c'est la nouvelle Concorde - le contrat de mariage entre toutes les parties impliquées dans la F1 - qui décide de l'ampleur de l'aide puisque c'est elle qui gère les finances. On est en pleines négociations. Le hasard veut aussi que Christian Horner, le patron de Red Bull, s'entende très bien avec Ecclestone, ces derniers temps. Ils prennent même le thé l'un chez l'autre, en compagnie de leurs épouses. Et Red Bull, comme Ferrari, a obtenu les meilleures conditions durant les négociations avec Ecclestone pour les accords de la Concorde. Cela ne plaît pas à tout le monde dans le paddock. JO BOSSUYT