En l'espace de quatre jours, Anderlecht aurait pu tuer à la fois ses matches contre l'AEK Athènes ainsi que le Club Bruges et s'assurer un avenir radieux, tant en Europa League qu'en championnat. Il ne l'a pas fait et pourrait s'en mordre les doigts. Peut-être pas en Belgique, où il a encore l'occasion de rectifier le tir, mais sûrement sur la scène continentale où il ne lui reste que deux rendez-vous à honorer, dont le prochain au Zenit Saint-Pétersbourg qui lui avait infligé une raclée au Parc Astrid.
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En l'espace de quatre jours, Anderlecht aurait pu tuer à la fois ses matches contre l'AEK Athènes ainsi que le Club Bruges et s'assurer un avenir radieux, tant en Europa League qu'en championnat. Il ne l'a pas fait et pourrait s'en mordre les doigts. Peut-être pas en Belgique, où il a encore l'occasion de rectifier le tir, mais sûrement sur la scène continentale où il ne lui reste que deux rendez-vous à honorer, dont le prochain au Zenit Saint-Pétersbourg qui lui avait infligé une raclée au Parc Astrid. Un nul sur le score de 1-1 dans la capitale grecque, un autre par 2-2 contre les Bleu et Noir pour deux joutes ô combien différentes. Au stade Spiros Louis, les hommes d' Ariel Jacobs auront à nouveau joué petit bras, avec comme seul mot d'ordre de tenir le zéro au marquoir le plus longtemps possible avant de se montrer un peu moins frileux sur la fin. Une approche qu'on eût aimé voir plus tôt qu'après l'entrée de Matias Suarez, tant l'AEK était à prendre. Contre Bruges, le Sporting a attendu d'être largué avant de réagir et recoller au score avant la pause. Il lui restait une mi-temps pour crucifier son opposant mais il s'est révélé incapable de porter l'estocade. " On avait laissé pas mal d'énergie lors de notre périple athénien ", observe Guillaume Gillet. " A 2-2, mieux valait ne plus trop insister, d'autant que l'adversaire était fort en contre. Sur l'un d'entre eux, on aurait d'ailleurs pu perdre. Bruges est resté remuant jusqu'au bout et nous a fait mal, comme l'année passée. " Il y a un an, le Clasico au stade Constant Vanden Stock avait déjà été de toute beauté et s'était soldé par 3-2. Mbark Boussoufa avait été le bourreau des Brugeois, en inscrivant le but de la victoire, d'une frappe géniale lors du temps additionnel. On se souviendra que ce soir-là, les troupes d' Adrie Koster avaient déjà gêné les Anderlechtois, en s'appuyant très régulièrement sur l'un ou l'autre élément offensif évoluant en décrochage. Ce coup-ci, Bruges fit plus fort encore car c'est sur base d'un 4-2-4 qu'il étouffa son hôte. " Ils étaient quatre au lieu de trois pour enquiquiner l'arrière-garde des Mauves ", dit Eddy Snelders, consultant pour BelgacomTV Flandre. " Avec un trio pour faire le pressing sur la défense, le Sporting en a déjà plein les pieds, même contre des équipes plutôt moyennes. Alors, si en face on s'y met à davantage encore pour freiner sa progression, le déchet n'en est que plus grand. Certains sont franchement passés complètement à travers. Comme Gillet, roulé dans la farine sur les deux buts brugeois. Et sur l'autre flanc, Jan Lecjaks ne valait pas mieux. Wilfried Dalmat a plongé dans son dos à qui mieux-mieux. " Titularisé au back gauche depuis la blessure d' Olivier Deschacht, faute de mieux, le jeune Tchèque n'a pas marqué de points. Au contraire, on serait plutôt enclin de dire qu'il en a coûtés. Et même plus, puisque l'autogoal au Partizan Belgrade, pour les besoins de son entrée en matière officielle, aura eu une lourde répercussion sur l'éviction du RSCA au dernier tour préliminaire de la CL. Depuis, l'ex-footballeur du Viktoria Plzen a soufflé le chaud et le froid. En Grèce, c'est de son côté qu'est venu tout le danger de l'AEK lors des 45 premières minutes. Chaque fois, le gars se faisait déposer. Idem, une semaine plus tôt, face aux modestes joueurs de l'US Centre en Coupe de Belgique. Pourtant, entre les deux confrontations, le gaucher avait livré un match de toute bonne facture à Genk. D'autres affichent eux aussi des prestations en dents de scie depuis le début de cette campagne, sans que le staff comprenne toujours pourquoi. C'est le cas de Suarez. En l'absence de Boussoufa, c'est sur lui qu' Ariel Jacobs comptait au premier degré, face au Club, pour apporter de la créativité dans le jeu. Sur base de cette joute, c'est plutôt raté, bien sûr, car l'Argentin était aux abonnés absents, aussi bien à la construction qu'à la finition puisqu'il loupa l'immanquable quand le tableau marquoir affichait déjà 0-2. Devant le Club, c'est finalement un des autres polyvalents des Mauves, car utilisable aussi bien sur le flanc que dans l'axe, qui aura parfaitement doublé le Marocain : Kanu, auteur de deux assists, et qui aurait pu ponctuer sa performance en signant le but de la victoire. Mais, une fois n'est pas coutume, le tir du Brésilien était trop enlevé. Comme Mati, Kanu constitue une véritable énigme, tant il alterne les bonnes et les moins bonnes choses. Roi du terrain contre les Flandriens, son introduction au jeu à Athènes s'était avérée pathétique. Un Anderlechtois, par contre, qui n'a pas de problèmes de saute de forme est Sacha Kljestan. De tous les nouveaux venus, c'est l'Américain qui avait laissé la meilleure impression lors des matches de préparation d'avant-saison. L'ancien médian des Chivas avait montré la voie à suivre lors des débuts européens face aux Gallois de The New Saints. Au retour, c'est lui qui avait délivré l'assist pour le but de Tom De Sutter. Plus tard, c'est toujours lui qui inscrivit le but d'ouverture sur une reprise de demi-volée à Lokeren, contribuant aux 0-3 des siens. Mais par la suite, il disparut tout à fait de la circulation avant d'être repêché en raison des blessures qui décimèrent l'effectif. " J'avais le sentiment de m'être très vite adapté ", avoue-t-il. " Jusqu'au jour où le coach me sacrifia une première fois, puis une deuxième, au point d'être finalement réduit à devoir suivre le match en tribune. Je n'y comprenais rien car je n'avais pas du tout l'impression de mal faire. J'ai eu une conversation franche avec Jacobs à cette époque. Il m'a fait remarquer qu'il était normal que je sois content de moi, dans la mesure où je ne prenais pas le moindre risque sur le terrain. Et c'est vrai que j'avais une telle peur de perdre le ballon que je me contentais de passes latérales ou vers l'arrière. Il n'y avait pas le moindre élément de surprise dans mon jeu. J'ai continué à travailler à l'entraînement en tenant compte des remarques. Et, progressivement, ça a porté ses fruits. Dernièrement, le T2, Besnik Hasi, m'a dit : - Tu as parfois un éclair de génie en match, il faut que cela t'arrive plus souvent. Et c'est ce que je m'efforce de faire. Ce n'est pas évident, pour un joueur fraîchement débarqué de trouver sa place. D'autant plus qu'il y a déjà eu pas mal de joueurs utilisés dans l'entrejeu. Vu les indisponibilités, j'opère le plus souvent au côté de Cheikhou Kouyaté ces derniers temps. Et on se complète bien. " Le Sénégalais aura été l'une des clés du match contre le Club. Afin de contrecarrer les Bleu et Noir, qui s'étaient promenés durant quasi toute la première mi-temps, le coach anderlechtois passa du 4-4-2 à un 4-1-4-1 avec des lignes plus resserrées et le grand Cheikh comme essuie-glace devant la défense. Coulissant de gauche à droite et vice-versa, c'est lui qui était chargé de couper l'alimentation dans les intervalles. " Je reviens tout doucement à mon meilleur niveau ", observe-t-il. " J'ai connu une baisse de régime pendant le ramadan. J'ai été logiquement évincé de l'équipe car je ne répondais pas à l'attente. J'ai l'impression d'être enfin reparti du bon pied. J'avais trouvé ma place au milieu, en 2009-2010 avec LucasBiglia et Jelle Van Damme. Il serait vraiment dommage de ne pas la récupérer alors que l'un est parti à Wolverhampton et que l'autre est temporairement blessé. J'ai un bon mois pour convaincre et je veux mettre tout en £uvre pour y arriver. D'autant plus qu'il y aura des échéances importantes durant cette période sur la scène européenne et dès ce mercredi en Coupe de Belgique. " Un match où le Sporting comptera tout particulièrement sur l'un de ses hommes en vue : Jonathan Legear. Le Liégeois accumule les matches de haut vol depuis ses débuts tonitruants avec les Diables Rouges devant l'Autriche. Jeudi dernier, c'est lui qui, au départ d'un de ces raids dévastateurs dont il a le secret sur son flanc droit, fut à la base du but de l'égalisation signé Jan Polak. " Il y a trois types de joueurs à Anderlecht ", souligne le manager du RSCA, Herman Van Holsbeeck. " Il y a ceux qui se mettent la pression, comme Pablo Chavarria. Il y a ceux qui jouent sans la moindre arrière-pensée, à l'image de Biglia. Et puis il y a Jona. Lui, quand il est sur le terrain, c'est pour en mettre plein la vue. Et ça lui réussit plutôt bien ces derniers temps. " " Quand je suis en pleine possession de mes moyens, je me sens particulièrement à l'aise ", remarque Legear. " L'ennui, c'est que je ne sais jamais très bien ce qui m'attend. Contre l'Autriche, je n'ai pas ressenti la moindre gêne et j'ai pu me livrer corps et âme. Mais face au Cercle Bruges, quelques jours plus tard à peine, j'étais à la ramasse, sans que je comprenne pourquoi. Mon match contre le Club me laisse satisfait. Westerlo, en Coupe, sera peut-être différent. Une chose est sûre : si nous voulons durer dans cette épreuve, nous devrons sortir un autre match qu'au Tivoli au tour précédent car nous n'aurons pas toujours la baraka de notre côté. Ça n'arrive qu'une fois lors de ce genre de parcours et nous avons déjà eu notre dose. Il sera bon de s'en rappeler au Kuipje. "PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS: REPORTERS" Quand je suis en pleine possession de mes moyens, je me sens fort. L'ennui, c'est que je ne sais jamais très bien ce qui m'attend. " (Jonathan Legear) " Le coach m'a dit qu'il était normal que je sois content de moi : je ne prenais pas le moindre risque sur le terrain. " (Sacha Kljestan)