Depuis son sacre européen en 1996, l'Allemagne n'a plus gagné de tournoi. En douze ans, la finale du Mondial 2002 et la finale B de son propre tournoi, en 2006, ont été ses seules sources de satisfaction. Son élimination au premier tour, il y a quatre ans, a provoqué un électrochoc. JürgenKlinsmann a obtenu les moyens nécessaires, les clubs ont soutenu sans plus aucune réticence leur équipe nationale. Le départ de Klinsi au profit de Joachim Löw n'a inquiété personne : celui-ci a toujours été le maître ès tactique tandis que Klinsmann était le motivateur. Il a confié : " Je n'ai compris l'intérêt d'une défense à quatre qu'à l'école d'entraîneurs de Cologne, quand Joachim me l'a expliqué ".
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Depuis son sacre européen en 1996, l'Allemagne n'a plus gagné de tournoi. En douze ans, la finale du Mondial 2002 et la finale B de son propre tournoi, en 2006, ont été ses seules sources de satisfaction. Son élimination au premier tour, il y a quatre ans, a provoqué un électrochoc. JürgenKlinsmann a obtenu les moyens nécessaires, les clubs ont soutenu sans plus aucune réticence leur équipe nationale. Le départ de Klinsi au profit de Joachim Löw n'a inquiété personne : celui-ci a toujours été le maître ès tactique tandis que Klinsmann était le motivateur. Il a confié : " Je n'ai compris l'intérêt d'une défense à quatre qu'à l'école d'entraîneurs de Cologne, quand Joachim me l'a expliqué ". L'Allemagne est généralement un diesel. Versée dans une poule abordable, elle pourra progresser au fil des matches sans hypothéquer la suite du tournoi. Systématiquement, les jeunes talents ont été passés en revue de 2004 à 2006, au point de susciter des critiques, à quelques mois du Mondial : quels automatismes cette équipe pouvait-elle avoir alors que Klinsmann ne cessait d'appeler de nouveaux joueurs ? Les critiques se sont muées en franc enthousiasme durant un tournoi où l'équipe a joint aux résultats un football étonnamment chatoyant. Le Mondial venait pourtant trop tôt. Avant même son début, Klinsmann et Löw l'avaient proclamé : cette équipe atteindrait son apogée pour l'EURO 2008. Elle a gagné en maturité, en expérience, les joueurs ont progressé individuellement et disposent de bons automatismes. L'Allemagne a été la première à se qualifier pour ce tournoi. Elle s'est relâchée ensuite, gâchant un peu la fin de sa campagne, mais elle a l'art de se ressaisir quand il le faut. Löw prône un football offensif, une circulation du ballon fluide, sans détours. Un jeu vertical, droit au but. L'organisation défensive et la discipline collective permettent à l'Allemagne de contrarier le jeu de son adversaire jusqu'à l'entrejeu. Tout est défini : que faire quand l'équipe est menée, quand il faut à tout prix briser la muraille adverse ou quand la fatigue s'installe ? Le 4-4-2 offre deux attaquants théoriquement démarqués verticalement, les médians latéraux se muent fréquemment en ailiers et accroissent la pression offensive. Michael Ballack et son acolyte défensif (généralement Torsten Frings), peuvent jaillir par l'axe tandis que la défense opère en ligne. En 4-4-2, Löw préfère un entrejeu plat, pour éviter que la défense ne soit couverte que par un seul homme. Ballack n'hésite pas à voler au secours de la dernière ligne. Le 4-4-2 est flexible et peut se muer en 4-3-3 ou en 4-1-4-1. La transition est rapide : le ballon récupéré, les joueurs filent vers le but, en un minimum de passes. Ballack est à la fois chef d'orchestre et attaquant. La précision des Allemands et leur condition leur permettent d'atteindre une vitesse d'exécution élevée. Löw a calculé que ses joueurs mettaient 1,5 seconde à recevoir et à passer le ballon. La clarté des tâches de chacun constitue un atout supplémentaire. Les trajectoires de course, avec et sans ballon, le passing, le démarquage font l'objet de répétitions à l'entraînement et sont devenus des réflexes, sans brider la créativité des joueurs. Les internationaux ont retrouvé le plaisir d'enfiler le maillot frappé de l'aigle, ils s'entraident et sont animés de la farouche ambition d'ajouter une ligne à leur palmarès. Ils ont retrouvé cette assurance qui frise l'arrogance aux yeux des observateurs non avertis. René Adler, Timo Hildebrand, Robert Enke, Jens Lehmann... L'Allemagne possède une belle palette de gardiens, d'Adler, le plus jeune, au vétéran d'Arsenal. Hildebrand a été écarté au profit d'Adler mais Lehmann conserve la préférence de l'entraîneur. Las, il a perdu sa place de titulaire à Arsenal et il va sur ses 39 ans. Il n'a participé qu'à 13 matches cette saison. Peu sûr en Autriche, lors d'un match amical, il s'est ressaisi en Suisse quelques semaines plus tard. Il est invaincu depuis 621 minutes en équipe nationale. La problématique des gardiens constitue un luxe : Adler est jeune, il manque d'expérience mais pas de talent et peut à tout moment remplacer Lehmann sans subir la pression qui l'accablerait s'il entamait le tournoi comme titulaire. Par contre, l'attaque est devenue muette en Bundesliga, hormis Mario Gomez. Normalement, Miroslav Klose est le numéro un incontesté de cette ligne. Mais il n'a marqué qu'un but au second tour. Certes, il s'est placé au service de Luca Toni au Bayern mais un attaquant infécond se pose des questions. Gomez est en forme olympique mais manque d'expérience. Il formerait un duo redoutable avec un Klose en forme. Sinon, il faudra compter sur les éclairs de génie de Ballack et beaucoup de sueur pour marquer car d'autres attaquants, comme Lukas Podolski et Kevin Kuranyi, ont aussi marqué le coup. En 1996, Oliver Bierhoff est entré dans l'histoire du football, en marquant le golden goal en finale de l'EURO contre la Tchéquie. Ce but mettait immédiatement fin aux prolongations, avant leur terme habituel. Bierhoff, joker de luxe et aujourd'hui manager de la Mannschaft, a ainsi offert à l'Allemagne son dernier titre de championne d'Europe.