Chaque année, l'arrivée de la Noël est une période propice à la réflexion. Les illuminations, l'odeur de la dinde, l'approche des fêtes, la musique, c'est comme si le monde cessait un moment de s'agiter. Même dans une année d'angoisse et de terreur, d'attentats et de guerres, de mécontentement, de manifestations sportives dont les sites ressemblaient à des forteresses suite aux mesures draconiennes de sécurité. Le sport doit rester un lien entre les différentes cultures et religions dans ce monde déchiré.
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Chaque année, l'arrivée de la Noël est une période propice à la réflexion. Les illuminations, l'odeur de la dinde, l'approche des fêtes, la musique, c'est comme si le monde cessait un moment de s'agiter. Même dans une année d'angoisse et de terreur, d'attentats et de guerres, de mécontentement, de manifestations sportives dont les sites ressemblaient à des forteresses suite aux mesures draconiennes de sécurité. Le sport doit rester un lien entre les différentes cultures et religions dans ce monde déchiré. Le monde sportif reste sur une année très contrastée. Les médailles olympiques ont compensé un EURO très décevant. Il y a exactement un an, notre pays se préparait à un tournoi grandiose et le sélectionneur Marc Wilmots avait reçu le Globe Soccer Award Trofee qui récompense le meilleur entraîneur du monde. Cette élection s'est produite à l'issue d'une piètre délibération d'un jury peu crédible mais elle a encore augmenté l'image que Wilmots avait de lui-même. Il s'était dit ouvert à tout et avait rappelé qu'il aimait le projet à long terme dans lequel il était impliqué. Rien ne s'envole plus vite que ce genre de propos, en sport. L'EURO s'est achevé sur une gueule de bois, Wilmots a dû faire ses bagages et n'a toujours pas de club. Reste à voir si le nouveau sélectionneur, Roberto Martinez, va parvenir à tout changer, malgré le beau début en qualifications pour le Mondial. Un moment donné, l'Espagnol a bien dû constater que les Diables Rouges manquaient de rage de vaincre. C'est consternant dans le chef de footballeurs qui évoluent dans les championnats les plus ardus. S'il manque quelque chose au monde du football, c'est bien l'autocritique. La FIFA et l'UEFA ont tremblé sur leurs bases, ce qui n'a pas empêché Sepp Blatter et Michel Platini de tenter de s'accrocher à leur pouvoir par des procédures en appel. Dans notre pays, le besoin de continuité sportive et de stabilité est criant alors que la réflexion à court terme devient répétitive. Sans que nul, au sein des directions, ne se remette en question. La Jupiler Pro League en est à six remplacements d'entraîneurs jusqu'à présent et ça ne s'est pas toujours passé collégialement. Ainsi, quand Mircea Rednic a succédé à Glen De Boeck à Mouscron, il a déclaré que le club possédait de bons joueurs mais pas une bonne équipe. Si c'était pour rendre courage aux joueurs, il devait tenir ces propos en interne et pas les jeter en pâture à la presse. Mais ça illustre l'évolution de ce petit monde. Les entraîneurs sont devenus des survivants, en D1A comme en D1B. Dans cette série, il y a déjà eu sept changements d'entraîneurs dans seulement quatre clubs. Certains se comportent comme des projectiles incontrôlables le long de la ligne avec, dans le rôle du bouc émissaire, l'arbitre. L'autocritique n'est pas non plus leur point fort car elle pourrait être interprétée comme un signe de faiblesse alors que d'un autre côté, on demande aux footballeurs de bien jauger leurs capacités. Étrange dualisme. Il reste deux journées de championnat avant que le carrousel observe un temps d'arrêt. Ce sera le moment de combler les brèches, de chercher une aiguille dans une botte de foin. Les transferts hivernaux empêchent toute forme de stabilité et, en plus, ils faussent le championnat. Il ne faut pas s'attendre à de nouvelles tendances. Un nouvel afflux d'étrangers est garanti, même s'ils sont déjà assez nombreux. Le week-end dernier, 221 joueurs sont entrés en action en Jupiler Pro League. Parmi eux, 148 étrangers, soit 67 %. C'est surtout pour la galerie qu'on parle de l'éclosion des jeunes. Ce numéro, rempli de beaux reportages, couvre une période de deux semaines. Nous sommes de retour le 4 janvier, sous une nouvelle forme, avec un contenu encore meilleur et surprenant. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir à nous lire. Maintenant et l'année prochaine. PAR JACQUES SYSPlus que jamais, les entraîneurs sont des survivants.