La courte pause qu'observe le championnat vient à point pour maints clubs qui, après un sombre week-end, vont avoir l'occasion de réfléchir à ce qui n'a pas marché ces dernières semaines. Le Standard a surchauffé au Club Bruges et a fustigé l'arbitrage de Luc Wouters. Au repos, tant l'entraîneur Guy Luzon que le président Roland Duchâtelet s'en sont pris à l'arbitre. Trois jours plus tôt, le Standard était déjà frustré par la validation injuste du premier but de Feyenoord en Europa League.
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La courte pause qu'observe le championnat vient à point pour maints clubs qui, après un sombre week-end, vont avoir l'occasion de réfléchir à ce qui n'a pas marché ces dernières semaines. Le Standard a surchauffé au Club Bruges et a fustigé l'arbitrage de Luc Wouters. Au repos, tant l'entraîneur Guy Luzon que le président Roland Duchâtelet s'en sont pris à l'arbitre. Trois jours plus tôt, le Standard était déjà frustré par la validation injuste du premier but de Feyenoord en Europa League. La remise en cause des arbitres est un phénomène récurrent. Leurs erreurs traumatisent une série de personnes, les réactions sont de plus en plus virulentes et il n'est plus guère question de self-contrôle. Le Standard vit dans la conviction d'avoir perdu le dernier championnat à cause des arbitres. Les plaies engendrées n'ont pas encore cicatrisé. Le mécontentement suscité par quelques décisions de Luc Wouters est justifié. Après l'exclusion d'EyongEnoh, il a notamment omis de montrer la carte rouge à Ruud Vormer. Cela ne peut toutefois éclipser la réalité : il n'y a pas de ligne dans le jeu du Standard, même si celui-ci marque autant qu'Anderlecht manque d'efficacité devant le but. Bien que les Rouches aient affiché un semblant d'organisation à Feyenoord, pour la première fois de la saison, les nouveaux joueurs ne sont pas encore intégrés, pas plus que les schémas ne sont au point. Le Standard n'est pas le seul à chercher les bonnes pièces du puzzle. Le Club Bruges a également du pain sur la planche. Dimanche, Michel Preud'homme a constaté que la défense formait un bloc mais que le jeu était crispé et les combinaisons brouillonnes. Le Club a développé un football lent, dénué de mouvements. Après la victoire 3-0 de son équipe, l'entraîneur a procédé à une analyse sereine mais approfondie de son football. Depuis le début du championnat, le Club Bruges a dû intégrer six joueurs. Le Standard a, lui, recruté sept footballeurs, dont quatre ont été titularisés dimanche à Bruges. Durant cette période, on a accueilli 52 joueurs, dont 35 étrangers. Le temps où la préparation servait à affûter les automatismes est bien révolu mais nul ne s'en inquiète, pas plus qu'on ne dramatise la perte de points. A l'heure actuelle, on est même deuxième en ayant perdu 12 points sur 30. Le championnat régulier n'est plus qu'une longue répétition générale en prévision des play-offs. Les nouveaux étrangers bénéficient de tout le temps nécessaire pour s'intégrer. Et se mettre en vitrine. Pour ensuite rejoindre très vite des sphères plus élevées. La Jupiler League est devenue un championnat de transit depuis longtemps. Le Standard en a fait l'expérience l'été dernier avec les départs de Michy Batshuayi, Imoh Ezekiel et William Vainqueur. On cherche de nouveaux étrangers mais quand ils signent leur contrat, ils songent déjà à leur projet suivant. Le phénomène est général. Les footballeurs sont des passants dépourvus d'amour de leurs couleurs. La fidélité de Pierre Denier, l'entraîneur adjoint de Genk, qui sera fêté samedi pour ses 40 ans de service, n'en est que plus belle. Denier a débuté à Winterslag. En journée, il travaillait pour une laiterie, ce qui lui avait valu le surnom de Snoepke (sucrerie). Quand il accompagnait ses coéquipiers en sortie, il ne buvait jamais de bière : il emmenait une tablette de chocolat. L'énergique médian rêvait de réussir une grande carrière en terre genkoise. Depuis1992, Denier est entraîneur-adjoint du RC Genk. Il n'a jamais cédé à l'appel d'autres clubs. Les 40 ans qu'a passé Pierre Denier à Genk sont 40 ans de loyauté et de collégialité. Une bouffée d'air pur dans un monde du football excité et imbu de lui-même, un monde qui multiplie, semaine après semaine, les déclarations fracassantes, toujours grossies. La discussion entre les Anderlechtois Youri Tielemans et Nathan Kabasele pour laconversion du penalty aurait presque fait figure de nouvelle mondiale.PAR JACQUES SYSOn peut être deuxième du championnat en ayant perdu 12 points sur 30.