S'il faisait partie d'une émission de téléréalité, il aurait déjà remporté le pactole après avoir résisté à toutes les éliminations. Depuis l'arrivée de Jos Daerden, il fait office de dernier des Mohicans. A 26 ans, Roberto Mirri n'est présent en Belgique que depuis une grosse année mais cela ne l'empêche pas d'avoir déjà vu défiler des pans de l'histoire du RAEC Mons. De l'équipe de base de janvier 2004, il est l'unique rescapé. Et c'est donc tout naturellement que ce Toscan a décroché le brassard de capitaine depuis qu' Olivier Suray patiente sur le banc.
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S'il faisait partie d'une émission de téléréalité, il aurait déjà remporté le pactole après avoir résisté à toutes les éliminations. Depuis l'arrivée de Jos Daerden, il fait office de dernier des Mohicans. A 26 ans, Roberto Mirri n'est présent en Belgique que depuis une grosse année mais cela ne l'empêche pas d'avoir déjà vu défiler des pans de l'histoire du RAEC Mons. De l'équipe de base de janvier 2004, il est l'unique rescapé. Et c'est donc tout naturellement que ce Toscan a décroché le brassard de capitaine depuis qu' Olivier Suray patiente sur le banc. Arrivé dans la capitale hennuyère lors du mercato 2004 qui, cette année-là, n'avait jamais aussi bien porté son nom dans la cité du Doudou, il avait été séduit par le cadre italien mis en place au stade Tondreau. Convaincu par Sergio Brio, il rejoignait ses compatriotes Alberto Malusci, qu'il connaissait depuis neuf ans et avec lequel il avait déjà évolué à la Fiorentina et à Catane, Alessio Scharchilli et Carlo Cardascio. Un an plus tard, l'Italie ne fait plus vraiment recette. Malusci est parti au Brussels alors que Scharchilli et Cardascio ont retrouvé leur patrie. " Je restais tout le temps avec ces trois personnes. C'est normal. Je débarquais dans un club que je ne connaissais pas et ma famille était restée en Italie. Je me sens un peu orphelin mais c'est la loi du football. Les personnes arrivent et s'en vont. Chacun a son histoire. Ils sont tous partis pour des motifs bien différents ", explique le défenseur natif d'Imola. Si les joueurs avaient déjà fui les contreforts de la collégiale Sainte-Waudru, l' allenatore a dû attendre l'affaire Nutella et le mois d'octobre pour repartir dans la Botte. " Grâce à la langue, j'avais un contact plus facile avec Sergio Brio. Il n'était pas rare que l'on se retrouve dans le même avion lors de nos retours fréquents en Toscane. On échangeait nos idées. Cependant, si discussions il y avait, le rapport joueur/entraîneur existait toujours et la plupart du temps, nos bavardages avaient trait au football. Depuis son départ, il m'a téléphoné à l'une ou l'autre reprises, notamment à Noël, pour prendre des nouvelles de ma famille. Il a été déçu de son limogeage mais c'est un homme fort. Il a d'ailleurs déjà retrouvé du travail puisqu'il est commentateur à la télévision ". Pourtant, malgré cette proximité, Mirri ne s'est jamais senti rejeté par le groupe. " Je n'avais pas l'impression d'être le joueur de Brio. C'est lui qui m'avait attiré à Mons au même titre que d'autres équipiers encore présents ". Désormais, il représente le dernier vestige de l'engouement italien voulu par le président Dominique Leone. S'il lui arrive d'encore voir Alberto Malusci en se rendant une fois par semaine à Bruxelles, il a dû s'adapter. " Maintenant, je peux encore parler italien avec quelques membres du staff, mais depuis le départ de tous mes compatriotes, mon français a fortement progressé ". Tous ces départs ont certainement un peu perturbé Roberto Mirri. En six mois, il avait réussi à s'imposer au sein de l'arrière-garde montoise. Mais son début de saison en cours fut loin d'être à l'aune de ses prestations du défunt championnat. A sa décharge, de nombreuses petites blessures mais également le manque de stabilité d'un axe central défensif qui a vu défiler Eric Rabesandratana, Olivier Suray, Daré Nibombé et même Alain Béhi pour suppléer les absences de Mirri. " Je m'entendais très bien avec Malusci. Mais j'ai réussi à m'adapter et je n'ai jamais été perturbé de jouer avec Rabesandratana, Suray ou Nibombé. Il faut chercher mes errements défensifs dans ma succession de blessures. J'ai été touché au mollet, aux deux chevilles et à l'épaule. Or je suis habitué à travailler beaucoup le côté physique. Lors des matches, je percevais que je n'avais pas pu forcer en semaine et je me sentais diminué. Je pratique souvent l'autocritique et je me rendais compte que je jouais mal ". Depuis le début du deuxième tour, Mirri a vu sa condition revenir. " J'ai douté car je pensais, chaque jour, qu'il allait encore m'arriver une bricole. J'avais peur de me re-blesser ". Mais il a aussi trouvé la stabilité en pouvant désormais compter sur Ivan Milas qui compose la charnière centrale à ses côtés. " Nous sommes deux joueurs similaires qui aimons bien l'engagement. Cela peut expliquer notre complémentarité même si je lisais très bien le jeu de Malusci, qui évoluait dans un autre registre. Il restait un cran derrière dans une position de libero. Il anticipait et relançait très facilement, me laissant me concentrer sur mon homme ". Avec Milas et Cédric Berthelin, il forme désormais un axe solide. " Il y a eu beaucoup d'arrivées pendant la trêve mais le noyau du premier tour ne manquait pas de qualités. Il suffit d'analyser notre prestation récente face à Anderlecht. Ce groupe a d'ailleurs réussi son entrée en matière en championnat avec de bonnes prestations contre St-Trond, Beveren et La Gantoise. Et puis, les défaites se sont enchaînées. Sergio Brio a été limogé après quatre revers d'affilée. Cela a considérablement détendu l'atmosphère dans les vestiaires et, malgré un bon match nul à Genk, les résultats n'ont pas suivi. Cela se jouait dans les têtes. Les transferts de janvier nous ont apporté de l'expérience et de la fraîcheur. Tous ces néophytes n'avaient pas connu les événements du premier tour. Je n'ai donc pas été surpris par l'enchaînement des bons résultats. En somme, je me suis dit que l'on se trouvait devant le même schéma que la saison précédente. On s'était sauvé car on montait sur le terrain le couteau entre les dents. On possédait une équipe combative, ce que l'on n'avait pas en début de saison. On a retrouvé cet esprit-là même si la formation actuelle dispose d'un registre plus technique ". Tous ces transferts n'ont pas eu effet sur l'Italien, qui a su résister au sein de l'équipe de base. Les tempêtes montoises ont emporté de nombreux joueurs mais pas Mirri qui a, dès lors, hérité du brassard de capitaine. " Sergio Brio me l'avait déjà confié à une reprise sans rien m'expliquer. Quand Jos Daerden est arrivé, il m'a demandé si ça me posait un problème de le récupérer. Je lui ai dit que j'étais d'accord. Cela m'oblige à parler davantage sur le terrain. Je dois également me faire comprendre auprès des arbitres. Ce qui n'est pas évident, surtout avec les Flamands. De toute façon, je n'aime pas trop discuter. Quand l'arbitre a sifflé, tu ne peux quand même rien y changer. Il faut toujours garder du respect pour sa décision. Le climat du match sera alors plus serein. Mais qu'on ne s'y trompe pas : le capitaine, c'est Olivier Suray. Moi, je ne suis que le vice-capitaine. C'est lui qui agit en leader dans le groupe. Pas moi ". En un an, Mirri s'est donc bien adapté à sa nouvelle réalité. Lui qui n'avait connu que la douceur de son Italie natale en débutant à la Fiorentina avant d'émigrer à Empoli et d'être prêté à Catane. " Je ne jouais pas à Empoli. Je ne sais pas ce qui n'allait pas car je me donnais à fond aux entraînements. Je n'ai disputé que quelques matches de Coupe d'Italie. La politique du club consistait à mettre en vitrine de jeunes joueurs pour pouvoir les vendre. Moi, j'étais déjà trop vieux. Si quelqu'un est plus fort que moi, je m'incline, mais à Empoli, ce n'était pas le cas ". Il lui fallait donc retrouver le terrain le plus vite possible. " Giacondo Martorelli m'a dit que Mons cherchait un défenseur. Je me suis renseigné auprès de mes compatriotes déjà présents au club. Malusci m'a dit que c'était différent de l'Italie mais que cela valait le coup de tenter le défi. J'ai alors cassé mon contrat et j'ai débarqué. J'ai de suite été frappé par... la présence de nombreuses maisons en brique rouge ". Et en Italie, les briques rouges, il ne connaît pas, lui qui rénove une maison dans le centre de Florence où vit sa femme Chiara et son fils de quatre ans, Mattia. " Je retourne leur rendre visite quand j'ai un peu de temps. Même si ce n'est que pour un jour. J'aime retrouver ma région. Je sais que je ne resterai pas toute ma vie à Mons. J'espère rebondir et me montrer pour pouvoir retourner en Italie. C'est là que se trouvent ma famille et mes racines ". Avant, il faudra sauver Mons. " On a réalisé de bonnes rencontres mais on aurait tort de croire que l'on est déjà arrivé à bon port. Ces victoires ne nous ont pas mis à l'abri. On a simplement réussi à ouvrir cette lutte pour le maintien à d'autres clubs que le Brussels et Ostende. Désormais, on parle d'une bataille à six. Notre défaite face à Anderlecht ne doit pas nous faire douter. Elle peut être positive si on l'analyse à tête reposée, sans trop se dire que maintenant que nous avons fait douter les champions en titre, plus rien ne peut nous arriver... " Stéphane Vande Velde" Qu'on ne se trompe pas ! LE CAPITAINE, C'EST OLIVIER SURAY. Moi, je ne suis que le vice-capitaine "