Le Finlandais Kimi Räïkkönen est assez jeune pour patienter jusqu'à la retraite du quintuple champion du monde Michael Schumacher, qui a 34 ans. Mais a-t-il assez de patience ?
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Le Finlandais Kimi Räïkkönen est assez jeune pour patienter jusqu'à la retraite du quintuple champion du monde Michael Schumacher, qui a 34 ans. Mais a-t-il assez de patience ? Comme Schumi, Räïkkönen a affûté ses réflexes en karting, pendant sa jeunesse. Il a débarqué en F1 il y a deux ans, à 21 ans, et il s'y est rapidement distingué, sans pour autant se laisser emporter par l'euphorie soulevée par ses prestations. D'ailleurs, il est impossible de trouver pilote plus cool que Räïkkönen dans le circuit. Schumacher dit de lui : " C'est le champion de demain. Ça dépend de lui, de la façon dont il exploitera son potentiel ". Le champion allemand est prudent. Il a connu trop d'étoiles filantes. Räïkkönen ne commet pas d'erreurs de pilotage, en tout cas. Ce n'est pas vraiment étonnant. Il a toujours été passionné de sport automobile. D'abord, il a arpenté le jardin de ses parents, à Espoo, avec une moto, jusqu'à ce qu'on lui offre un kart. Plus tard, le Finlandais a laissé tous ses adversaires derrière lui, dans une course anglaise réservée aux jeunes. Son manager anglais, Steve Robertson, l'a alors estimé mûr pour le grand saut. Räïkkönen a effectué un stage de trois jours chez Sauber. Dès le deuxième jour du test, il avait convaincu tout le monde. Le propriétaire de l'écurie, Peter Sauber, a proposé un contrat de pilote de F1 à " ce jeune au talent exceptionnel ". C'est une des meilleures décisions qu'ait jamais prises le chef de l'équipe suédoise. Un an plus tard, McLaren-Mercedes a racheté Räïkkönen pour 17 millions de dollars et quelques camions. Une saison après, à peine, le Finlandais a remporté en Malaisie son premier GP. Son commentaire, absolument dépourvu d'émotion : " Je sais maintenant que je suis capable de remporter des courses. Je ne dois plus me faire de souci pour ça ". " Kimi est extrêmement décontracté ", explique Norbert Haug, le patron de Mercedes Motorsport. " Il ne s'intéresse pas aux choses dépourvues d'importance ". Et hormis les courses automobiles, en fait, Räïkkönen ne trouve rien important. A part, peut-être, le fait qu'il touche un salaire de quatre millions de dollars par an. Stoïquement, il jette quelques répliques en pâture à la presse. " Oui, devenir le plus jeune champion du monde de tous les temps serait chouette mais ce n'est pas une obligation à mes yeux ". Il s'exprime toujours sur le même ton placide û comme s'il craignait de s'abîmer les cordes vocales. Pourtant, les journalistes finlandais affirment que Räïkkönen s'irrite d'être présenté comme un être froid et inaccessible. Mais alors, pourquoi son casque s'orne-t-il d'un Iceman ? Il rétorque : " C'était une idée de Ron Dennis ". " C'est exact ", opine le chef de l'écurie McLaren-Mercedes. " En parcourant l'histoire de la F1, je me suis rendu compte que beaucoup de pilotes attrapaient des surnoms qui n'étaient pas vraiment des compliments. On appelait Niki Lauda le Rat à cause de ses dents. Je n'ai pas voulu attendre qu'on trouve un surnom aussi peu flatteur à Kimi. Son attitude m'a toujours frappée. D'où Iceman ". L'explication de Dennis illustre sa volonté de tout contrôler : " Nous répétons à Kimi : nous voulons ton corps et ton âme. Nous te payerons bien, tu ne dois pas te faire de souci, concentre-toi sur les courses. Mais quand tu es au volant, c'est comme si tu étais au bureau. Et quand tu descends de l'auto, tu es toujours au bureau ". Räïkkönen ne souffre pas de cette approche. Il s'intègre dans la culture d'entreprise de McLaren-Mercedes. C'est aussi pour ça qu'un titre mondial ne semble être qu'une question de temps.