Le match face aux Lusitaniens est le 42e sous la houlette de Marc Wilmots, confirmé au poste de sélectionneur le 14 mai 2012, juste avant l'EURO, et qui est sous contrat auprès de l'URBSFA jusqu'en 2018. Le Hesbignon n'a repris qu'un seul nouveau dans sa sélection face à la bande à CristianoRonaldo : Bjorn Engels, du Club Bruges. Le défenseur central des Bleu et Noir est ainsi le 58e Diable Rouge convié par notre fédéral au rendez-vous des Diables Rouges.
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Le match face aux Lusitaniens est le 42e sous la houlette de Marc Wilmots, confirmé au poste de sélectionneur le 14 mai 2012, juste avant l'EURO, et qui est sous contrat auprès de l'URBSFA jusqu'en 2018. Le Hesbignon n'a repris qu'un seul nouveau dans sa sélection face à la bande à CristianoRonaldo : Bjorn Engels, du Club Bruges. Le défenseur central des Bleu et Noir est ainsi le 58e Diable Rouge convié par notre fédéral au rendez-vous des Diables Rouges. Est-ce beaucoup ? Oui et non. Wilmots est à la tête de l'équipe nationale depuis près de quatre ans. Le coach au plus long cours, avant lui, était René Vandereycken, qui a dirigé l'équipe nationale de 2005 à 2009 et disputé deux campagnes de qualification. Vandereycken, qui a fait débuter une partie de la génération actuelle, a appelé 53 Diables Rouges en 30 matches. Son successeur, Frank Vercauteren, a repris 36 joueurs différents en cinq matches. Une nuance : ses deux premiers matches se disputaient dans le cadre de la Kirin Cup, à la fin d'une longue saison, et beaucoup de joueurs s'étaient désistés. Dick Advocaat a poursuivi sur cette lancée avec trente internationaux durant son bref intermède de cinq matches. Georges Leekens, enfin, a passé en revue le potentiel de 47 joueurs en l'espace de deux saisons et de 19 matches. Etre appelé ne veut toutefois pas dire être utilisé. Onze des prédécesseurs d'Engels ont été sélectionnés une ou plusieurs fois par Marc Wilmots sans entrer en action. Il s'agit de Renard, Deschacht, De Ceulaer, Kums, Kaminski, Boyata, Lestienne, Casteels, De Bock, Sels et Tielemans. Neuf autres n'ont joué qu'une seule fois : Buffel, De Camargo, Bossut, Odoi, Depoitre, Dendoncker, Praet, Thorgan Hazard et Jordan Lukaku. Sept autres sont montés à deux reprises sur la pelouse : Van Damme, Jean-François Gillet, Vossen, Mboyo, Cavanda, Bakkali et Batshuayi. Conclusion : sur les 58 Diables déjà convoqués par Wilmots, seuls 27 ont vraiment eu du temps de jeu, soit 46 %, moins de la moitié. Wilmots est attentif au rajeunissement et au sang frais mais il est difficile d'émerger dans un noyau dont la majeure partie a reçu sa première chance sous l'ère Vandereycken. Vermaelen, Fellaini, Vertonghen, Mirallas, Guillaume Gillet, Witsel, Eden Hazard et Lombaerts ont tous débuté sous les ordres du Limbourgeois, qui a quitté le football depuis une éternité. Wilmots, adjoint de Dick Advocaat puis de Georges Leekens, savait déjà très bien ce qu'il voulait en 2012. Il avait déjà établi un bilan. Le succès de son équipe est manifestement celui d'une génération en or. Ça apparaît clairement quand on reprend la première sélection de Wilmots, pour les matches amicaux contre le Monténégro et l'Angleterre en mai 2012. Elle comportait 27 noms : Courtois, Odoi, Alderweireld, Vertonghen, Lombaerts, Fellaini, Witsel, Eden Hazard, Mirallas, Mertens, De Camargo, Jean-François et Guillaume Gillet, Nainggolan, Defour, Chadli, Benteke, Romelu Lukaku, Vossen, De Ceulaer, Simons, Mignolet, Vermaelen, Renard, Kompany (qui, blessé, n'a finalement pas été repris sur la feuille de match), Dembélé et Pocognoli. Regardez les 23 footballeurs sélectionnés pour le match contre le Portugal, presque quatre ans plus tard. Quinze joueurs sont toujours présents : Courtois, les deux Gillet, Mignolet, Alderweireld, Benteke, Chadli, Fellaini, Dembélé, Lombaerts, Mertens, Vermaelen, Witsel, Romelu Lukaku et Nainggolan. En plus, trois joueurs d'alors (Vertonghen, Eden Hazard et Kompany) sont blessés, sans quoi ils auraient certainement été convoqués la semaine passée. Donc, 18 joueurs sur 26 sont toujours internationaux, soit 69 %. Le succès du numéro un mondial est le succès de la continuité, parfois complétée par un nouvel élément. Radja Nainggolan après le Brésil, Divock Origi au Mondial et bientôt, qui sait, Yannick Carrasco ou Michy Batshuayi. Durant le stage aux Etats-Unis, l'été 2013, un dirigeant de l'UB avait émis une crainte, qui se confirme : " Je n'aimerais pas être un jeune talent belge car il est vraiment difficile de glisser un pied dans la porte. " C'est la réalité, trois ans plus tard. Qui Wilmots a-t-il le plus souvent aligné ? Une de ses premières décisions a été la désignation de Thibaut Courtois au poste de numéro un. Il avait effectué ses débuts sous Georges Leekens le 15 novembre 2011 durant une partie amicale en France (0-0) mais avait fait banquette le match suivant, contre la Grèce. Ce soir-là, à Heraklion (1-1), Simon Mignolet défendait le but belge. Wilmots voulait éviter les polémiques et a immédiatement opté pour Courtois. Quand celui-ci n'était pas disponible, comme à la fin des qualifications pour l'EURO ou que le match était dénué d'enjeu, Mignolet pouvait jouer, bien que ce soit de moins en moins fréquent. Courtois a pris place dans le but à cinq reprises sur les six dernières joutes. Même stabilité en défense. Jan Vertonghen, sur le terrain à 41 reprises, est l'arrière le plus souvent utilisé. Capitaine lors du premier match de Wilmots et en l'absence de Kompany jusqu'en juin 2015, à Paris, quand le sélectionneur a confié le brassard à Eden Hazard. A souligner : Vertonghen n'a raté qu'un seul match pour blessure : le match de préparation contre la France, en août 2013. Au début, il a changé de place, aligné une fois à gauche, une fois dans l'axe, mais après octobre 2012 et le 0-3 en Serbie, Vertonghen n'a plus évolué que deux fois dans l'axe : en Ecosse et à Andorre. A Glasgow, Lombaerts était arrière gauche mais l'expérience n'a pas été renouvelée. A Andorre, Jordan Lukaku a occupé ce poste. Toby Alderweireld (38 fois) est le deuxième joueur le plus souvent aligné par Wilmots. Il a débuté au coeur de la défense contre le Monténégro, il a ensuite fait banquette au début des qualifications pour la Coupe du Monde avant de devenir l'arrière droit de service, jusqu'aux deux premières expériences (Odoi et Guillaume Gillet), qui n'ont pas eu le succès escompté par le coach. Il arrive que l'Anversois soit posté au coeur de la dernière ligne, comme contre le Pays de Galles et Andorre ainsi que pour les matches amicaux contre l'Islande et récemment contre l'Italie mais il entamera l'EURO à l'arrière droit. Meunier et Cavanda, les derniers testés à cette place, n'étaient pas repris pour le Portugal. Un signal clair. Gillet, oui, mais il n'occupe pas cette position à Nantes et il ne l'appréciait pas beaucoup non plus sous le maillot d'Anderlecht. Le numéro trois des défenseurs - en nombre de sélections - est le capitaine, Kompany (26 matches sous Wilmots), suivi par Nicolas Lombaerts (20) et Daniel Van Buyten, qui a pris sa retraite après le Brésil. Thomas Vermaelen est sixième avec seize joutes. Initialement, Wilmots l'a toujours aligné quand il était fit, jusqu'à la Coupe du Monde. Van Buyten s'est alors emparé de la place aux côtés de Kompany. Ensuite, Vermaelen, qui a évincé Vertonghen de la gauche contre la Russie, au Mondial, a été longtemps blessé. Guéri pour les matches contre la Bosnie et Chypre, il a rejoué mais il a fait banquette contre l'Italie. Le défenseur de Barcelone peut occuper deux postes, aux yeux de Wilmots : le centre ou l'arrière gauche. Et pour le reste, à gauche ? Que des figurants. De Bock a pointé du nez à quelques reprises mais n'a pas été repris pour le Portugal. Deschacht n'a pas décollé du banc. Jordan Lukaku, titulaire à Andorre, a été rappelé comme joker à gauche. Boyata, qui s'est assis sur le banc à trois reprises, a été rappelé, de même que Denayer, titulaire au Pays de Galles après le match amical en France puis boudé. Il n'y avait qu'une seule certitude dans le 4-3-3 de Marc Wilmots jusqu'au match contre Israël, le dernier des qualifications : Axel Witsel jouait toujours quand il était apte. Wilmots ne l'a placé sur le banc qu'une seule fois : au Mondial, contre la Corée du Sud, la qualification pour les huitièmes de finale étant assurée, pour le ménager. Mais, contre Israël, Witsel s'est subitement retrouvé sur le banc, Wilmots associant devant la défense Fellaini à Nainggolan, le médian de Rome, qui a gagné ses galons de titulaire après la Coupe du Monde. Le constat est le même qu'en défense. Witsel, Fellaini, Nainggolan, De Bruyne (parfois à droite mais de plus en plus souvent dans l'axe, sont les valeurs sûres et laissent peu de place aux autres. C'est le cas de Defour, qui n'a été titularisé que trois fois depuis le Brésil contre neuf précédemment, de Chadli, qui peut aussi évoluer sur l'aile gauche mais n'a joué que deux fois depuis le Mondial (contre huit avant), et de Dembélé, le cas sans doute le plus étonnant. Après la Coupe du Monde, le médian de Tottenham n'a été aligné d'emblée qu'une fois, débutant neuf matches sur le banc. Dans la campagne précédente, déjà sous la direction de Wilmots, il avait été titularisé à quinze reprises ! Ces trois médians perdent de plus en plus pied en équipe nationale. Il n'y a guère de place dans ce secteur pour des nouveaux venus. Kums, le Soulier d'Or, a pris place sur le banc à trois reprises, Praet, le précédent, une seule fois et son coéquipier Tielemans deux fois. Thorgan Hazard, hors-circuit pendant un an et demi, a été repêché pour le match contre le Portugal. Quelles sont les valeurs sûres en attaque ? Eden Hazard est le premier nom couché sur le papier. La dernière fois que Wilmots l'a boudé remonte à octobre 2013, contre le Pays de Galles, alors que la qualification pour le Brésil était acquise. Wilmots tâtonne pour l'aile droite quand De Bruyne occupe le centre. Mirallas n'est pas toujours à la fête à Everton et il a quelque peu disparu : depuis le Mondial, il n'a été titularisé qu'une seule fois. Son malheur fait le bonheur de Mertens, qui a entamé six matches depuis le Brésil. Origi a déjà joué à ce poste et contre l'Italie, Yannick Carrasco y a débuté, même s'il préfère l'autre flanc. Après sept appels sur le banc, sera-t-il le prochain à s'imposer ? Fait marquant dans les statistiques des buteurs (voir encadré) : depuis le Mondial, les avants marquent moins. Ce n'était pas le cas auparavant : ensemble, Benteke et Lukaku avaient inscrit treize buts. Après la Coupe du Monde, les quatre joueurs qui peuvent occuper le neuf (Origi, Benteke, Lukaku et Batshuayi) n'ont trouvé le chemin des filets qu'à six reprises, ensemble. Trois d'entre eux ont été titularisés : Origi à quatre reprises, surtout juste après le Mondial car ensuite, il a surtout tâté du banc, Lukaku quatre fois et Benteke six fois. Jusqu'au Mondial, ces deux avants ont été respectivement alignés neuf et douze fois. La lutte pour une place en France reste ouverte puisque les quatre footballeurs étaient sélectionnés pour le Portugal. PAR PETER 'T KINT - PHOTOS BELGAIMAGEDembélé, pourtant en verve avec Tottenham, n'a plus vraiment voix au chapitre chez les Diables.