Pas facile de bien lutter contre le stress quand on est coach. D'un côté, les médecins conseillent de faire sortir sa frustration par la parole ou l'action, sous peine qu'elle vous ronge de l'intérieur. Mais de l'autre, les médias sont là en permanence et observent si ces expressions de stress demeurent dans le domaine du sportivement acceptable.
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Pas facile de bien lutter contre le stress quand on est coach. D'un côté, les médecins conseillent de faire sortir sa frustration par la parole ou l'action, sous peine qu'elle vous ronge de l'intérieur. Mais de l'autre, les médias sont là en permanence et observent si ces expressions de stress demeurent dans le domaine du sportivement acceptable. Dimanche dernier, un médecin se trouvait sur le plateau d'une chaîne flamande pour commenter les comportements de coaches connus. Il a ri et trouvé appropriés les débordements de Jan Boskamp qui n'a jamais ergoté sur la production massive de décibels. Par contre, il a fait la grimace en visionnant des images d' Aimé Anthuenis et d'autres, même comme Emilio Ferrera. En ce qui concerne Anthuenis, on sait qu'il doit mettre un terme à sa carrière pour préserver son palpitant. Il est vaincu par le stress d'une profession qu'il aimait et qui le lui rendit bien... mais il serait injuste de penser à lui uniquement comme entraîneur fédéral en état d'échec permanent. Anthuenis n'a pas qualifié la Belgique pour l'EURO 2004 et le Mondial 2006 mais ce ne doit pas être par hasard qu'il a pu fêter trois titres de champions avec Genk (1999) et Anderlecht (2000 et 2001). Sans compter une Coupe de Belgique avec Genk en 1998 et un parcours intéressant avec Anderlecht en Ligue des Champions 2001, lorsqu'il avait propulsé les Mauves au deuxième tour des poules. Il avait certes pu compter sur un onze anderlechtois de très haut niveau, mais il méritait qu'on lui fasse confiance. Sa plus belle réussite, cependant, reste l'ascension glorieuse de Genk, qu'il fit monter de D2 en D1 grâce à une domination de l'antichambre en 94-95. Dernièrement, ses conceptions ont paru dépassées mais il conservait des partisans. Ainsi, Robert Waseige, dernier grand entraîneur belge sur la scène mondiale, connu pour son sens critique et son franc parler, n'a pas mâché ses compliments à l'égard d'Aimé. Comme coach, Waseige a parfois aussi souffert d'ennuis mécaniques dans la course effrénée aux résultats du foot pro (trop calme sur son banc ?). Et on rejoint parfaitement l'avis du toubib flamand consulté en direct, qui prônait un examen médical approfondi des entraîneurs comme des joueurs. " Tout citoyen a d'ailleurs comme responsabilité individuelle de se faire examiner préventivement pour éviter les problèmes ", ajoutait-il. " Mais les clubs devraient s'en préoccuper aussi ". C'est bien beau d'exiger de ses joueurs d'être des athlètes, mais il faudrait tout de même montrer l'exemple un minimum. L'ex-championne de tennis Dominique Monami est devenue une spécialiste de la lutte anti-stress. Après avoir joué tous les tournois les plus importants au monde pendant dix ans, elle donne depuis deux ans des séminaires et des conférences multilingues en entreprise sur le self-coaching dans la gestion du stress : " Ce n'est pas un inconnu et il faut apprendre à l'affronter. Personnellement, je travaille sur les trois R : renforcement, résistance et récupération ". Sans vouloir trahir les secrets de son enseignement, Monami professe un mélange d'exercices mentaux et physiques. Symptomatiquement, les sportifs individuels sont toujours mieux équipés en préparation mentale que les pratiquants collectifs. Mais pas nécessairement du fait d'énormes investissements en psychologues du sport ou autres sophrologues. Des stars dans leur secteur comme les champions olympiques Gaston Roelants ou Robert Van de Walle ont une recette bien plus simple : " Plus tu crèves à l'entraînement, plus fort tu es dans la tronche ". En les suivant, les présidents des clubs de D1 devraient donc d'urgence soumettre leurs coaches à des tests. Et comme le plus simple pour estimer la condition physique est celui de Cooper, voici les valeurs à atteindre en tenant compte du fait qu'il faut courir la plus grande distance possible en 12 minutes... et que pour résister le mieux possible au stress, il faut posséder une très bonne condition : -20 à 29 ans 2.850 mètres -30 à 39 2.700 -40 à 49 2.650 -50 à 59 2.550 -plus de 60 2.500. NB : faites quand même une visite médicale avant de vous tester sur une piste... John Baete