Qui, il y a une semaine à peine, aurait pu prévoir que le Standard, perdu dans ses idées de renouveau, reviendrait si vite dans la foulée d'Anderlecht qui était sur le point de bloquer son cruise control à la vitesse européenne ? Personne. Et c'était oublier qu'il n'y a rien de plus volatile que les résultats d'une journée de championnat. Un exploit de buteur, la magie d'un meneur de jeu ou la bravoure d'un gardien suffisent parfois à trop parfumer la performance d'une équipe. Une semaine plus tard, au hasard de moments plus hésitants, les commentaires trempés dans du Numéro 5 de Chanel sont remplacés sans transition par des impressions à l'odeur d'eau de javel. C'est tout ou rien alors qu'un début de saison mérite son lot d'analys...

Qui, il y a une semaine à peine, aurait pu prévoir que le Standard, perdu dans ses idées de renouveau, reviendrait si vite dans la foulée d'Anderlecht qui était sur le point de bloquer son cruise control à la vitesse européenne ? Personne. Et c'était oublier qu'il n'y a rien de plus volatile que les résultats d'une journée de championnat. Un exploit de buteur, la magie d'un meneur de jeu ou la bravoure d'un gardien suffisent parfois à trop parfumer la performance d'une équipe. Une semaine plus tard, au hasard de moments plus hésitants, les commentaires trempés dans du Numéro 5 de Chanel sont remplacés sans transition par des impressions à l'odeur d'eau de javel. C'est tout ou rien alors qu'un début de saison mérite son lot d'analyses prudentes, d'attentes, de patience et de confirmations en tous genres. Toutes les équipes n'ont pas encore atteint leur rythme de croisière, certaines procèdent encore à des réglages alors que des lucioles (FC Malines, Genk, les seuls maximums après deux journées) éclairent joliment les premières soirées de la D1. La mise en place n'est pas terminée partout et même Anderlecht a pu s'en rendre compte à l'occasion d'un voyage à Charleroi, toujours délicat à négocier pour les Bruxellois. On ne se passe pas facilement de Lucas Biglia au centre d'une ligne médiane. L'ombre de Jelle Van Damme a plané contre des Zèbres bien organisés, unis et décidés. La hache du bûcheron de la forêt de Wolverhampton aurait permis de défoncer la défense d'un Jacky Mathijssen visiblement sur le bon chemin. La montée au jeu de Romelu Lukaku en deuxième mi-temps a prouvé qu'il sera indispensable dans les duels européens de l'année contre le Partizan Belgrade. Le géant noir apporte son poids, sa taille dans le trafic aérien, ses appuis pour les médians, sa façon de créer des brèches pour ses équipiers et une profondeur de jeu moins évidente en son absence. C'est dire si sa présence sera nécessaire afin d'obtenir un billet pour les poules de la Ligue des Champions. Vendredi passé, Anderlecht a donc pris connaissance de son prochain défi continental, tout comme Gand, Genk et le Club Bruges. La direction du Standard aura suivi les tirages au sort avec une pointe de jalousie dans les yeux. Par rapport aux futures réjouissances européennes de ses rivaux, elle ne pouvait proposer que la venue de Tom De Mul et de Luigi Pieroni, la fin du feuilleton Dieumerci Mbokani (parti à Monaco), l'affaire Emad Meteb et un mauvais début de championnat contre Zulte Waregem. Pauvre contraste. Cela a permis à la critique de penser que le Standard était une puissance en recul, prête à s'écrouler comme un homme malade après deux titres et une saison 2009-2010 à deux vitesses. Le Standard ne s'était-il pas suicidé en cédant toute sa division offensive ? Avant le voyage au Lierse, Dominique D'Onofrio rappela que son club avait changé d'époque mais pas de politique. Pour lui, la priorité passe plus que jamais par les jeunes. Mis sous pression, ces derniers ont répondu à l'attente au Lisp. Les quatre buts liégeois ont été inscrits par trois jeunes qui ont usé leurs premiers crampons sur les hauteurs du Sart-Tilman : Axel Witsel, Mehdi Carcela et Sébastien Pocognoli. Le deuxième goal de Carcela et celui de Pocognoli sont marqués du sceau de la grande classe. Ces exploits prouvent-ils que le Standard n'est pas un empire de la D1 en voie de disparition ? Probablement mais, et c'est le plus délicat, il faudra confirmer face à des concurrents plus coriaces que le faible Lierse. Ce sera le défi permanent de cette jeune garde rouge, comme c'est le cas de Gand, atomisé 0-4 par Genk et son remarquable jeune médian Kevin De Bruyne. Francky Dury doit déjà calmer un vestiaire, au bord de l'explosion, qui n'a pas oublié Michel Preud'homme. Toutes les saisons ne dégagent pas les mêmes parfums... PAR pierre bilic"Romelu Lukaku sera indispensable contre le Partizan Belgrade."