Doit-on s'inquiéter des deux défaites de rang du Standard ? La position du club ne change pas : les Liégeois restent leaders avec quatre points d'avance. Leur parcours exceptionnel leur permet justement de connaître un léger creux sans en ressentir les conséquences. Par contre, leur statut est en train de changer. De grandissime favori pour le titre, ils en deviennent un des prétendants, au même titre que Bruges et Anderlecht. De plus, ce léger contrecoup arrive au mauvais moment puisque chaque équipe entre dans le money-time, celui des play-offs qu'il faut aborder en pleine possession physique et mentale. Or, sur ces deux points, on peut émettre quelques doutes sur l'état des Liégeois. De plus, ces deux défaites sont intervenues contre des cadors (Gand et Bruges). Pas une bonne chose à deux semaines du début des play-offs lors desquels les Rouches ne rencontreront que des ténors. " Mais ne peut-on pas dire au contraire que ces deux défaites tombent au bon moment ? ", questionne Frédéric Waseige. " Ne vaut-il pas mieux prendre deux gifles maintenant qu'en commençant les play-offs ? "
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Doit-on s'inquiéter des deux défaites de rang du Standard ? La position du club ne change pas : les Liégeois restent leaders avec quatre points d'avance. Leur parcours exceptionnel leur permet justement de connaître un léger creux sans en ressentir les conséquences. Par contre, leur statut est en train de changer. De grandissime favori pour le titre, ils en deviennent un des prétendants, au même titre que Bruges et Anderlecht. De plus, ce léger contrecoup arrive au mauvais moment puisque chaque équipe entre dans le money-time, celui des play-offs qu'il faut aborder en pleine possession physique et mentale. Or, sur ces deux points, on peut émettre quelques doutes sur l'état des Liégeois. De plus, ces deux défaites sont intervenues contre des cadors (Gand et Bruges). Pas une bonne chose à deux semaines du début des play-offs lors desquels les Rouches ne rencontreront que des ténors. " Mais ne peut-on pas dire au contraire que ces deux défaites tombent au bon moment ? ", questionne Frédéric Waseige. " Ne vaut-il pas mieux prendre deux gifles maintenant qu'en commençant les play-offs ? " " Le Standard vient de faire 0 sur 6 mais sans jouer vraiment moins bien que pendant la période où il gagnait tous ses matches ", explique Marc Degryse. " Contre Gand et le Club, il a eu beaucoup de choses contre lui : l'envoi de Yoni Buyens sur le poteau, le fait que Vadis ait pu rester sur le terrain alors qu'il aurait dû être exclu, etc. Même s'il y a des choses qui n'ont pas bien marché hier, pour le même prix, c'est 0-1. Je ne vois pas de raisons de douter du Standard, il était le grand favori pour le titre quand il avait 10 points d'avance et il l'est toujours avec 4 points. " " Ils ont joué contre un très bon Bruges et je trouve qu'ils n'ont pas craqué ", ajoute Waseige. " Cette équipe a tenu le choc et ne doit sa défaite qu'à un tir dévié. Pendant longtemps, rien ne pouvait leur arriver. Là, cette équipe redevient normale, composée d'êtres humains. " Le Standard est l'équipe la plus constante du championnat. Elle est également celle qui a montré le plus d'équilibre depuis l'entame de la compétition. La défense est solide ; l'attaque efficace. Il y a également un bon équilibre entre guerriers et techniciens, entre vitesse et placement. Mais ce n'est pas parce que les concurrents du Standard n'ont pas réussi à trouver un système équilibré et performant pendant huit mois qu'ils ne le trouveront pas pour les play-offs. Bruges a déjà apporté un début de réponse en gagnant ses cinq derniers matches. Et Anderlecht n'est pas encore complètement distancé. Reste alors le talent individuel. Le Standard en regorge dans chaque ligne et même ses faiblesses ont été corrigées. Le gardien Eiji Kawashima est devenu très sûr et le manque de créativité dans la ligne médiane a été comblé par l'arrivée de Julien de Sart. Quant à Geoffrey Mujangi Bia, il est davantage imprévisible et dangereux que Frédéric Bulot. Enfin, le banc ne manque pas d'expérience et de qualités. Un défenseur comme Kanu, un attaquant comme Igor de Camargo ou un médian comme Mehdi Carcela sont bien plus que des solutions de rechange. A la moindre baisse de régime d'un titulaire, ces trois-là sont prêts à apporter quelque chose. Quelle autre équipe dispose d'un banc aussi affûté ? " Ce serait malhonnête de dire que le Standard craque après deux défaites mais il y a quelques signes avant-coureurs ", nuance toutefois Alex Teklak. Les deux défaites ont mis en lumière certaines carences nouvelles. " A Bruges, le Standard a perdu la bataille de l'entrejeu alors qu'il la gagne presque toujours cette saison ", reconnaît Degryse. " Et les attaquants étaient trop loin de l'entrejeu, ce n'était pas assez compact. " " Déjà, à Charleroi, on avait senti que ce n'était pas facile pour eux ", continue Teklak. " C'était une alerte mais Guy Luzon n'a pas pris cela comme un signal. Ce qui me marque dans les deux défaites, c'est que le moteur de l'équipe ne répond plus présent. Cela fait deux semaines que William Vainqueur est beaucoup moins bien et quand le coeur du jeu, surtout dans un 4-4-2 où tu dois avoir deux costauds dans l'axe, ne répond plus, le Standard souffre. Et si on ajoute à cela un manque d'altruisme, qui débouche sur une grosse dépendance aux efforts des deux axiaux de l'entrejeu, on obtient un déséquilibre quand ceux-là ne répondent pas présent. Cette équipe n'a pas 36 solutions pour suppléer Vainqueur quand celui-ci tousse. Certes, le Standard est meilleur avec deux attaquants mais il doit aussi proposer un plan B et des variations, ce qu'il avait fait contre Genk, en décembre. On voyait alors les intérieurs servir de relais et on ne cherchait plus systématiquement les deux flèches devant. Mais on ne voit actuellement plus de plan B. " Derrière le coup de mou de Vainqueur, se pose également la question de la fraîcheur physique de ce noyau. " A chaque fois que le Standard a été confronté à une équipe qui amenait beaucoup d'impact physique dans le jeu, il éprouve des difficultés ", ajoute Teklak. " Leur système bouffe de l'énergie et demande à ce que ce soit le Standard qui ait la mainmise physique sur le match. C'est peut-être maintenant que la tournante aurait lieu d'être. " Par contre, Waseige ne croit pas à un fléchissement physique. " A Bruges, entre la 60e et la 70e, je me suis même demandé si ce n'était pas Bruges qui craquait physiquement. J'ai vu des joueurs de Bruges revenir en marchant. Ils cherchaient leur second souffle... qu'ils ont trouvé puisque les Brugeois ont terminé très fort. Par contre, il y a peut-être une certaine lassitude morale. Ça fait six mois qu'ils sont au-dessus du lot et ils vont se retrouver avec deux points d'avance. Les joueurs doivent se dire - tant d'efforts pour ça ? Cela peut peser maintenant mais le problème sera résolu pour l'entame des play-offs qu'ils vont vraisemblablement entamer comme leader. "PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Le Standard éprouve des difficultés face à une équipe qui amène beaucoup d'impact physique dans le jeu. " Alex Teklak