"Pour faire un bon vainqueur, il faut être bon perdant ", a lâché un jour Mika Häkkinen, champion du monde de Formule 1. Difficile à appliquer pour le milieu def des Rouches. William Vainqueur est un gagneur, qui ne supporte pas de perdre. La nonchalance, la médiocrité, le manque d'ambition, tout ça lui donne des boutons. Même à l'interview, il mord. Faut pas l'embêter. Confidences en mode Vainqueur par K.O.
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"Pour faire un bon vainqueur, il faut être bon perdant ", a lâché un jour Mika Häkkinen, champion du monde de Formule 1. Difficile à appliquer pour le milieu def des Rouches. William Vainqueur est un gagneur, qui ne supporte pas de perdre. La nonchalance, la médiocrité, le manque d'ambition, tout ça lui donne des boutons. Même à l'interview, il mord. Faut pas l'embêter. Confidences en mode Vainqueur par K.O. William Vainqueur : Ça a été un peu difficile dans les premiers matches, normal après un mois et demi d'absence. Mais là, je commence à retrouver mon niveau, je ne suis plus très loin de ma forme d'avant. Je ne vais pas revenir là-dessus, c'est du passé, je ne veux plus en parler. Pour moi, ce ne sont d'ailleurs que des détails, c'était oublié dès que la préparation a commencé. J'ai directement tourné la page, le club aussi. Je ne pense plus qu'au jeu et je me sens de mieux en mieux. Je crois que ça s'est vu à Anderlecht, non ? (Il rigole). C'est un extrait d'une chanson. Ça n'avait rien de personnel. Absolument pas. Il n'y a pas de Vainqueur qui déprime, ça n'existe pas. Je suis heureux dans la vie. Tout se passe bien, j'ai une belle famille, je suis conscient de la chance que j'ai de faire ce métier. Il y a des choses bien plus graves que ce que j'ai connu pendant l'été. Quand je rentre dans mon quartier à Paris, je vois pas mal de trucs. Quand je retourne sur mon île aussi. Une fois par an, je pars en Guadeloupe. Là-bas, il y a des coins, comment dire, plutôt défavorisés. L'envie de me battre, de ne rien lâcher. Tu as des battants, là-bas, ils vont vraiment jusqu'au bout. Mais bon, je me sens plus parisien que guadeloupéen, c'est à Paris que j'ai grandi. Pas du tout. Je suis conscient de mes capacités. Je me suis seulement dit que je ne devais surtout pas précipiter mon retour. Je savais que je si je revenais avant d'être au top, les gens allaient se plaindre ! Je n'y ai pas pensé. J'étais heureux que le Standard enchaîne les victoires. Le but, c'est quand même de gagner le championnat, d'aller loin en Europa League et pourquoi pas d'accrocher aussi la Coupe de Belgique ! J'ai vu que c'était bien parti, je savourais. Toutes les équipes ont un creux dans la saison. Le tout, c'est de savoir le gérer. On reconnaît les champions dans la façon dont ils surmontent ces périodes-là. Je confirme. (Il réfléchit). Je ne sais pas. Elle a été établie en début de saison, ça marchait plutôt bien, voire très bien. Le coach a continué, c'est son avis, on le respecte. Mais moi, je n'en ai pas besoin. Quand je reviens d'une blessure, j'ai envie de jouer tous les matches pour retrouver la forme le plus vite possible. Peut-être. Maintenant, je considère plus notre défaite contre Esbjerg comme une erreur de parcours. On a aussi eu un peu de malchance ce soir-là. On ne peut pas en dire autant des matches à Elfsborg et à Salzbourg. On avait commencé le championnat contre des équipes moins fortes que nous sur le papier. Avec tout mon respect ! L'Europe, c'est autre chose, un autre niveau. Il faut en tenir compte. Je n'ai pas voulu trop parler, je risquais d'être cru. Ce match, j'avais vraiment envie de le gagner pour continuer notre parcours en Europe. Au lieu de ça, on a subi, du début à la fin. C'est malheureux de s'être battu aussi longtemps en fin de saison dernière pour aller en Coupe d'Europe. En devant jouer le barrage contre Gand, on a eu une saison plus longue que n'importe qui. Cet été, il y a eu les tours préliminaires. Puis, quand on arrive en phase de poules... Ça m'agace un peu qu'on laisse passer notre chance alors qu'il y a largement moyen de finir à une des deux premières places. Ce n'est pas une question d'envie, mais on ne fait pas tout ce qu'il faut faire. Je me mets aussi dedans, hein ! Comme d'autres, je n'ai pas chaque fois répondu à l'attente. Ouais... Inconsciemment, peut-être un peu. Après le match à Salzbourg, on a eu une réunion, tous ensemble. Pour remettre les choses dans l'ordre. On a vu les effets à Anderlecht, c'était un Standard solidaire qui a montré beaucoup de caractère, même après les exclusions. C'est ça qui va nous remettre sur le bon chemin. Et si on gagne nos trois derniers matches d'Europa League, on passera. Ce n'était pas le problème, mais la solidarité ne suffit plus à ce niveau. Il faut aussi de la qualité. Et là, on n'a fait ce qu'on est capables de faire. (Très ferme). Je me suis blessé en Islande, certes. J'ai fait une faute contre Esbjerg, certes. Mais un goût amer, sûrement pas. Une obsession de tout gagner ? Oui. C'est quand même normal pour un compétiteur. Si tu montes sur le terrain en espérant prendre un point, tu n'es pas un vrai joueur de foot. Parce que dans la presse, après chaque victoire, ce n'était pas encore assez pour eux. Je lisais qu'on avait joué contre une petite équipe, des trucs comme ça. Les médias voulaient donner l'impression que le Standard n'était pas à sa place, en tête du classement. Si Anderlecht est premier, pas de problème, tout est normal. Si c'est le Standard, il y a comme un problème. C'est pour ça que j'ai dit que notre défaite allait faire plaisir à pas mal de gens. Cette saison, OK, parce qu'ils ont des soucis. Mais pour certains, ce n'est jamais normal que le Standard soit premier. Ça dérange. Mais pas de souci, c'est ce qui nous donne encore plus d'envie, plus de force. On veut montrer qu'on a le niveau pour être au sommet du classement. Ah non, au contraire. J'adore ça, les critiques, ça me motive, ça me donne plus de haine. J'aime monter sur le terrain en me disant : -On va montrer qu'on est là, vous pouvez toujours nous critiquer, ça ne changera rien. Ça me fait avancer. Pas d'accord, je suis bien entré dans ce match. J'ai ensuite un petit passage à vide d'une dizaine de minutes où je perds trois ballons, ce n'est pas normal. Puis, le but que j'amène me remet dans le coup et tout se passe bien. Pour finir, il y a ce carton rouge qui n'avait pas lieu d'être. Mais bon, je ne serai pas suspendu et on a obtenu que cette exclusion soit effacée, qu'elle n'apparaisse pas dans mon casier disciplinaire. Les choses sont rentrées dans l'ordre. Un peu, parce que ceux qui n'ont pas vu ce match auraient pu me coller une mauvaise étiquette en lisant que j'avais été exclu. Donc, le fait qu'il n'y aura aucune trace, ça me réjouit. Je touche le ballon, puis il vient sur moi. Encore une fois, c'est la Belgique... Dans n'importe quel championnat, on ne siffle pas. Normal puisqu'il n'y a rien du tout. Mais bon, je ne vais pas encore une fois débattre là-dessus. Je pense. J'ai pris pas mal de cartons depuis que je suis en Belgique. Certains étaient justifiés, d'autres pas. En tout cas, mon jeu est comme ça, il me convient, il plaît au coach, je ne le changerai pour rien au monde. Tout le monde sait que je rêve de l'Angleterre. Je ne sais pas si j'y accéderai mais je vais tout faire pour que ça se fasse un jour. J'adore Newcastle et tout le foot anglais en général. Et je pense que ce championnat me convient. Aller au contact, c'est mon truc. Des statistiques pareilles, ça m'importe peu. Je pourrais en prendre 100 ou 200, l'important pour moi, c'est ce que je produis sur le terrain. Mais je pense que j'ai déjà évolué, quand même. Je prenais plus de cartes avant, j'ai fait un gros travail sur moi-même. (Il marque une pause). Mais pourquoi on revient continuellement là-dessus ? OK, mais si un recruteur vient, il va analyser ma production, plus que des avertissements ou des exclusions. Parce que c'est un clasico. Simplement. Et un clasico sans engagement n'est pas un clasico. Je trouve que c'est encore raisonnable ici, par rapport à ce qu'on voit à Belgrade ou à Istanbul ! Non. C'est son caractère. Il est chaud, il vit ses matches. Moi, en tout cas, ça ne m'influence pas du tout. On le connaît. Aux entraînements aussi, il est comme ça. Par contre, il est complètement différent lors des causeries : très calme, posé. Il ne nous dit jamais, avant un match, qu'il faut rentrer dans l'adversaire. Peut-être un peu, oui. Offensivement, j'aimerais en faire plus. Etre un peu plus haut sur le terrain et marquer de temps en temps. J'ai travaillé cet aspect de mon jeu la saison dernière, ça n'a pas mal marché. Mais il y a la réalité tactique : quand je joue en doublette avec Yoni Buyens, c'est lui qui évolue plus haut. Bien sûr, mais qu'on ne dise pas pour autant que Biglia n'est pas un très bon joueur. Offensivement, il n'est pas top, mais il est titulaire à la Lazio et en équipe d'Argentine. Qu'est-ce que tu peux lui reprocher ? On aimerait tous se retrouver régulièrement en position de buteur mais chacun doit faire son boulot. Dans la plupart des championnats, il y a un triangle dans l'entrejeu avec un gars devant la défense et les deux autres qui jouent plus haut et ont plus d'opportunités de marquer. Ici, on n'est que deux et il en faut un qui reste derrière. C'est souvent moi. Au PSG, et je ne dis pas ça parce que je viens de Paris. Cet entrejeu est aujourd'hui un des meilleurs du monde. Blaise Matuidi est au-dessus du lot, il transperce facilement les lignes. Mais celui qui m'étonne le plus, c'est Marco Verratti. Il n'a que 21 ans mais c'est un des meilleurs médians du moment. Il sait tout faire, toujours avec un calme impressionnant : récupérer, donner des bons ballons. Et sa technique est phénoménale. Pas du tout. Je sais que j'ai une bonne frappe. Et ce jour-là, contre Zulte Waregem, j'ai tenté ma chance. Mais ça s'arrête là. Pour moi, ce prix est purement anecdotique. Qui va retenir ça ? Je vise plus haut que des trophées pareils, pour le Standard et pour moi. L'envie est là, oui, mais je ne suis pas encore assez en confiance pour le faire, il y a toujours les traces de ma blessure à la cuisse, ça joue mentalement. Mais ma meilleure forme revient ! Les deux fois, on avait perdu des points en début de championnat et ça s'était payé cher à la fin. Cette année, l'équipe a bien démarré, et si on garde le cap, on peut finir beaucoup mieux. Il ne faut pas oublier non plus que si ça n'a pas été facile pendant deux ans, c'est parce qu'il a fallu tout reconstruire après le départ des cadres. Etre effrayé, ce n'est pas mon genre, quand même ! PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : IMAGEGLOBE / LALMAND" Mes cartes jaunes ? Mes rouges ? Mon jeu est comme ça, il me convient, il plaît au coach, je ne le changerai pour rien au monde. " " Moi, je n'ai pas besoin de tournantes. "