C'est le football ivoirien qui a gagné Beveren-Anderlecht : sans Aruna Dindane, les Mauves auraient-ils remonté un handicap de deux buts ?

Georges Heylens : Je ne crois pas. Le Soulier d'Or a fait la différence dès ses premières foulées sur le terrain. Le jeu anderlechtois fut tout de suite plus profond et plus efficace. Mais j'ai aussi apprécié l'aisance et l'inventivité de ses petits camarades ivoiriens de l'équipe d'en face, Beveren. Quand cette formation aura une défense à la hauteur de son potentiel offensif, cela fera mal. Anderlecht devra d'ailleurs s'en méfier en demi-finale de la Coupe. Ce double duel sera aussi équilibré que l'autre demi-finale Bruges-Mouscron. La suprématie d'Anderlecht en championnat n'est une bonne chose pour personne, ni pour la D1 ni pour Anderlecht. Les Bruxellois peuvent céder Ivica Mornar en cours de saison à Portsmouth, avoir des blessés et des suspendus, rien ne change : personne ne leur résiste. Dès lors, Anderlecht ne doit même plus soumettre ses mécanismes tactiques à rude épreuve. Cela peut être une source de mollesse qui se paye cash en Ligue des Champions.

Le Standard vient d'encaisser son quatrième nul d'affilée : les Rouches doivent-ils s'inquiéter ?

C'est un signe de baisse de régime par rapport au premier tour. Le Standard dépense son assurancevie. Le magot accumulé pour parer aux coups durs ne semble plus être une garantie suffisante afin de décrocher un billet pour la Ligue des Champions en fin de saison. Des joueurs, comme Ivica Dragutinovic, Roberto Bisconti et Fabien Carini, ont évoqué un manque de caractère dans la presse. Cela fait beaucoup de plaintes alors que ce genre de constat doit être dressé uniquement par le coach. Un match nul, c'est rien mais quatre, c'est huit points perdus. Ce ne sont pas des défaites mais cela en a le goût. Le Standard doit sortir de cette spirale infernale et gagner au plus vite. Or, les Liégeois se rendent à Genk lors de la prochaine journée. En cas de défaite chez un adversaire direct, l'inquiétude actuelle pourrait se transformer en crise. Tout cela est paradoxal dans la mesure où le Standard réalise une série de quatorze matches sans défaite. Les Liégeois ne peuvent se passer d'Emile Mpenza et ont besoin d'un Almani Moreira en forme.

Il y avait plus de 15.000 spectateurs à Charleroi pour la visite de La Louvière : les Zèbres ne risquent-ils pas de payer ce match nul au prix fort ?

La vin ne sera pas tiré avant le dernier match de la saison. Mons a bien fait de transférer Wamberto. Il a grillé deux ou trois fois la défense de Lokeren. Ce turbo-là sera probablement décisif dans la lutte pour le maintien. Les Carolos se rendront à l'Antwerp samedi, ce ne sera pas rien. Laurent Macquet a eu la balle de break au bout du pied contre La Louvière. Je peux expliquer son geste. Il venait de monter au jeu, s'était bien échauffé mais manquait de sensations balle au pied. Si cela avait été sa cinquième ou sa sixième intervention, je suis sûr que la balle se serait retrouvée dans les filets. Sans la poigne et le métier de Robert Waseige, les Zèbres seraient déjà bons pour la relégation. Cette formation manque de chef. Je suis cependant sous le charme de Thibaut Detal. Ce jeune homme a peut-être oublié Davy Cooreman sur but de Michaël Murcy mais il a arraché l'égalisation.

A dix contre onze, La Louvière a bien réagi. Les Loups forment une équipe sérieuse, stable, difficile à déménager sur la pelouse, même quand elle doit se passer de Georges Arts, blessé, Peter Odemwingie et Maâmar Mamouni, retenus pour la CAN. La sérénité d'Ariel Jacobs me fait penser à celle de Jan Ceulemans qui vient de signer un nouveau contrat de trois ans à Westerlo. Ariel et Jan avancent avec des effectifs où personne ne roule des mécaniques. Les Loups sont inquiets pour leur avenir. Cela me fait penser à la dernière décision de Gérald Blaton à Seraing. Ce mécène était trop seul et, découragé, il a fini par céder son noyau au Standard. Filippo Gaone se retrouve dans la même position alors que les Zèbres le courtisent. Ses problèmes doivent inquiéter le Brussels, Ostende et l'étonnant Tubize, des clubs de D2 qui lorgnent vers la D1. Mais ont-ils assez de moyens sportifs et financiers pour tenir le coup un étage plus haut ?

Propos recueillis par Pierre Bilic

Georges Heylens : Je ne crois pas. Le Soulier d'Or a fait la différence dès ses premières foulées sur le terrain. Le jeu anderlechtois fut tout de suite plus profond et plus efficace. Mais j'ai aussi apprécié l'aisance et l'inventivité de ses petits camarades ivoiriens de l'équipe d'en face, Beveren. Quand cette formation aura une défense à la hauteur de son potentiel offensif, cela fera mal. Anderlecht devra d'ailleurs s'en méfier en demi-finale de la Coupe. Ce double duel sera aussi équilibré que l'autre demi-finale Bruges-Mouscron. La suprématie d'Anderlecht en championnat n'est une bonne chose pour personne, ni pour la D1 ni pour Anderlecht. Les Bruxellois peuvent céder Ivica Mornar en cours de saison à Portsmouth, avoir des blessés et des suspendus, rien ne change : personne ne leur résiste. Dès lors, Anderlecht ne doit même plus soumettre ses mécanismes tactiques à rude épreuve. Cela peut être une source de mollesse qui se paye cash en Ligue des Champions. C'est un signe de baisse de régime par rapport au premier tour. Le Standard dépense son assurancevie. Le magot accumulé pour parer aux coups durs ne semble plus être une garantie suffisante afin de décrocher un billet pour la Ligue des Champions en fin de saison. Des joueurs, comme Ivica Dragutinovic, Roberto Bisconti et Fabien Carini, ont évoqué un manque de caractère dans la presse. Cela fait beaucoup de plaintes alors que ce genre de constat doit être dressé uniquement par le coach. Un match nul, c'est rien mais quatre, c'est huit points perdus. Ce ne sont pas des défaites mais cela en a le goût. Le Standard doit sortir de cette spirale infernale et gagner au plus vite. Or, les Liégeois se rendent à Genk lors de la prochaine journée. En cas de défaite chez un adversaire direct, l'inquiétude actuelle pourrait se transformer en crise. Tout cela est paradoxal dans la mesure où le Standard réalise une série de quatorze matches sans défaite. Les Liégeois ne peuvent se passer d'Emile Mpenza et ont besoin d'un Almani Moreira en forme. La vin ne sera pas tiré avant le dernier match de la saison. Mons a bien fait de transférer Wamberto. Il a grillé deux ou trois fois la défense de Lokeren. Ce turbo-là sera probablement décisif dans la lutte pour le maintien. Les Carolos se rendront à l'Antwerp samedi, ce ne sera pas rien. Laurent Macquet a eu la balle de break au bout du pied contre La Louvière. Je peux expliquer son geste. Il venait de monter au jeu, s'était bien échauffé mais manquait de sensations balle au pied. Si cela avait été sa cinquième ou sa sixième intervention, je suis sûr que la balle se serait retrouvée dans les filets. Sans la poigne et le métier de Robert Waseige, les Zèbres seraient déjà bons pour la relégation. Cette formation manque de chef. Je suis cependant sous le charme de Thibaut Detal. Ce jeune homme a peut-être oublié Davy Cooreman sur but de Michaël Murcy mais il a arraché l'égalisation. A dix contre onze, La Louvière a bien réagi. Les Loups forment une équipe sérieuse, stable, difficile à déménager sur la pelouse, même quand elle doit se passer de Georges Arts, blessé, Peter Odemwingie et Maâmar Mamouni, retenus pour la CAN. La sérénité d'Ariel Jacobs me fait penser à celle de Jan Ceulemans qui vient de signer un nouveau contrat de trois ans à Westerlo. Ariel et Jan avancent avec des effectifs où personne ne roule des mécaniques. Les Loups sont inquiets pour leur avenir. Cela me fait penser à la dernière décision de Gérald Blaton à Seraing. Ce mécène était trop seul et, découragé, il a fini par céder son noyau au Standard. Filippo Gaone se retrouve dans la même position alors que les Zèbres le courtisent. Ses problèmes doivent inquiéter le Brussels, Ostende et l'étonnant Tubize, des clubs de D2 qui lorgnent vers la D1. Mais ont-ils assez de moyens sportifs et financiers pour tenir le coup un étage plus haut ? Propos recueillis par Pierre Bilic