Il suffit de peu de choses pour qu'un match bascule. Mais quand une équipe rame, il faut énormément de chance pour s'imposer. Dimanche, à Sclessin, on a vu SébastienPocognoli pris de vitesse sur 30 mètres par ThomasBuffel... malgré les 23 ans du premier et les 30 ans du Genkois qui conduisait en plus le ballon ! Il ne s'agissait pas que de sprint ici, mais d'une image douloureuse d'impuissance totale : Poco ne put d'ailleurs arrêter Buffel qu'au prix d'une carte jaune !
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Il suffit de peu de choses pour qu'un match bascule. Mais quand une équipe rame, il faut énormément de chance pour s'imposer. Dimanche, à Sclessin, on a vu SébastienPocognoli pris de vitesse sur 30 mètres par ThomasBuffel... malgré les 23 ans du premier et les 30 ans du Genkois qui conduisait en plus le ballon ! Il ne s'agissait pas que de sprint ici, mais d'une image douloureuse d'impuissance totale : Poco ne put d'ailleurs arrêter Buffel qu'au prix d'une carte jaune ! Une impuissance qui transpire de tous les pores d'une équipe qui ne se trouve décidément pas. Combien d'occasions réelles ses partenaires offrent-ils à Mémé Tchité, le gros transfert entrant de l'été ? Et où était Jelle Van Damme, dimanche, accueilli comme le messie du mercato d'hiver ? Quand on lit le désespoir dans les yeux du staff technique dans le dug-out (les images TV sont impitoyables), on se trouve devant Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault (la version vraiment hard, pas celle revisitée par Uderzo avec les pirates d' Astérix). Dominique D'Onofrio n'aperçoit pas la moindre parcelle de terre promise à l'horizon, Sergio Conceiçao reste dans l'ombre de la voile de fortune et Siramana Dembélé rapporte les mauvaises nouvelles à ce qui reste de l'équipage. Mais soyons clair : même ce noyau du Standard amoindri devrait se balader pour une place dans les PO1. S'il ne parvient pas à bon port, c'est que le commandant est incapable de le man£uvrer. Dimanche, face à un Genk également meurtri dans sa chair et privé - notamment - de ses deux meilleurs buteurs, le Standard n'a fait illusion qu'en tout début de match. Et puis, il a coulé : pas de jeu, pas de mental. C'est un air connu, cette saison. Jusqu'à présent, les joueurs ont toujours soutenu leur coach, Dominique D'Onofrio, mais cette loyauté a forcément des limites. A partir du moment où des joueurs pros ont le net sentiment d'évoluer en dessous de leur valeur, ils se rebellent toujours. Qui, parmi les Rouches, joue à son niveau actuellement ? AxelWitsel, sporadiquement. Et qui - à part le gardien SrdjanBlazic - est en train de progresser ? Certainement pas des jeunes talents reconnus comme MehdiCarcela - désormais international marocain - ou EliaquimMangala, Espoir français... Au Standard, on a atteint les limites d'un non-système. DD s'est toujours fait l'avocat d'un jeu en profondeur, mais ici il se trompe de sens. Amener le ballon le plus rapidement possible devant est une option mais elle ne peut pas être la seule. Un minimum de construction est toujours requis. Jouer avec un seul attaquant, dans un 4-4-2 hybride, en étant incapable de s'assurer une bonne possession du ballon, c'est du suicide collectif. Avec le personnel joueurs à sa disposition, Dominique D'Onofrio serait plus inspiré d'essayer un vrai 4-3-3 mais rien que l'idée de penser à un tel système lui a toujours donné des boutons. Parce qu'il est incapable d'assurer à son noyau un fonds de jeu suffisant, basé sur un passing relativement limpide ? A l'inverse, comme les Rouches ne soutiennent pas leur kick and rush par une puissance physique sans laquelle un pareil système ne fonctionne pas, ils restent en rade. Et ils prennent tous les coups de vent dans la tronche. Si avec Laszlo Boloni, on avait parlé de fin de cycle, on doit constater que la nouvelle aventure n'a toujours pas commencé. En poste depuis un an, DD n'a pas fait bouger les choses et on se dirige vers une nouvelle fin de saison sans PO1. Seule échappatoire possible : gagner la Coupe de Belgique, mais c'est un peu du poker. n PAR JOHN BAETELe dug-out du Standard, c'est Le Radeau de la Méduse.