" A la Coupe du Monde 1982, mon premier tournoi majeur, j'ai hérité de la vareuse qui me tient le plus à c£ur parmi les centaines que je possède : celle du Brésilien Zico. Au départ, je ne le cache pas, je n'avais qu'une seule envie : revenir en Belgique avec le maillot de Diego Maradona. C'était faisable, dans la mesure où le match d'ouverture du Mundial allait précisément nous opposer aux Argentins, emmenés par leur génial ma...

" A la Coupe du Monde 1982, mon premier tournoi majeur, j'ai hérité de la vareuse qui me tient le plus à c£ur parmi les centaines que je possède : celle du Brésilien Zico. Au départ, je ne le cache pas, je n'avais qu'une seule envie : revenir en Belgique avec le maillot de Diego Maradona. C'était faisable, dans la mesure où le match d'ouverture du Mundial allait précisément nous opposer aux Argentins, emmenés par leur génial maestro. Dans le couloir menant au terrain, j'avais songé à lui formuler cette demande. Mais je m'en étais finalement abstenu car je me sentais tout petit à ses côtés. A la fin du match, je me suis précipité dans sa direction. Mais, depuis son goal, Jean-Marie Pfaff avait moins de mètres à accomplir que moi et il s'empressa d'aller lui demander son maillot. Sacré Zan-Marie ! Je ne l'avais encore jamais vu piquer un sprint aussi rapide ! A défaut, j'ai procédé à un échange avec un autre Argentin célèbre : Daniel Passarella. Il n'y avait pas de quoi faire la fine bouche, évidemment, mais je restais quand même un peu sur ma faim. Le Salvador, la Hongrie et la Pologne, qui se dressèrent sur notre route en Espagne, n'étaient pas vraiment composés de noms ronflants, hormis Zbigniew Boniek. En revanche, les joueurs célèbres ne manquaient pas dans d'autres groupes. Notamment au Brésil, constitué à mes yeux de la plus belle génération d'artistes depuis la fameuse génération '70 emmenée par Pelé. Personnellement, je ne jurais que par celui qui était désigné comme son véritable successeur : Zico, le Pelé Blanc. S'il y avait un maillot que je désirais comme nul autre, c'était le sien. Et je suis en définitive parvenu à mes fins via un journaliste étranger qui, après s'être arrêté chez nous afin de réaliser quelques interviews avec des Diables Rouges, allait mettre le cap sur le lieu de retraite des Brésiliens. A tout hasard, je lui avais confié l'un de mes maillots, avec l'espoir qu'il serve de monnaie d'échange avec celui de Zico. Honnêtement, je n'y croyais pas trop. J'avais plutôt l'impression que le plumitif en question s'était vu offrir un chouette souvenir (ilrit). Mais à ma grande stupéfaction, l'homme en question revint quelques jours plus tard avec un maillot de Zico à mon attention. Je ne sais si le Brésilien a conservé ma tunique. Mais une chose est sûre : la sienne figure à une place de choix chez moi. Et je ne m'en séparerais pour rien au monde ". Bruno Govers