"Charleroi sans les Bayat, c'est beaucoup mieux " : une envie, un cri entendu dans le kop lors du dernier match à domicile contre Gand, au milieu des habituels " Abbas Bayat, casse-toi. "
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"Charleroi sans les Bayat, c'est beaucoup mieux " : une envie, un cri entendu dans le kop lors du dernier match à domicile contre Gand, au milieu des habituels " Abbas Bayat, casse-toi. " C'est fait, l'imbuvable homme d'affaires n'a plus rien à voir à Charleroi. Ces derniers coups de gueule des supporters, il les avait à nouveau encaissés sans broncher, stoïque, indifférent. Vraiment ? Sa zenitude n'était en fait qu'une façade. Il a toujours affirmé que les moqueries et les insultes ne l'empêchaient pas de dormir. Mensonge ! Au début de cet été, il a retrouvé un ancien collaborateur autour d'une bonne table et lui a confié sa détresse : " Tout le monde pense que ça ne me fait rien, mais c'est impossible de ne pas être touché. Je suis un homme, ça me fait très mal. Seulement voilà, j'ai toujours tout fait pour ne pas le montrer. " Par la même occasion, il a confirmé qu'il n'avait qu'une envie : revendre le club au plus vite. Aux commandes du Sporting, désormais : Fabien Debecq, jeune homme d'affaires du terroir qui a déboursé de 5 à 6 millions pour reprendre toutes les parts du Sporting. Il y en a quelques-unes qui passent dans les mains de Mehdi Bayat, nouvel administrateur délégué qui dit : " J'ai investi mon propre argent et je n'ai pas à me justifier sur son origine. " Il serait à la tête de l'une ou l'autre société, traitant notamment dans l'import-export. La presse carolo a comparé le destin de Fabien Debecq à celui de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook ! Après une carrière dans le bodybuilding, marquée par plusieurs titres belges et internationaux, il s'est mis à distribuer des compléments alimentaires pour athlètes. Aujourd'hui, il les commercialise dans des dizaines de pays européens, ainsi qu'en Asie et en Amérique. Les ascensions sociales rapides interpellent souvent ! " Nous avons mené notre enquête, nous sommes tranquilles ", nous dit Eric Massin, bourgmestre de Charleroi. " C'est clair que Debecq n'a pas suivi la même filière que des grands groupes de la région comme les familles Delhaize ou Mestdagh. Il a plutôt travaillé comme Albert Frère : en réussissant très vite et de façon spectaculaire... Mais il n'y a aucune raison d'avoir des suspicions sur son ascension. " A quoi doit-on s'attendre à Charleroi dans les prochains mois et les prochaines années ? Les Zèbres sans Abbas, ça sera comment ? Tentatives de réponses. Fabien Debecq a voulu être rassurant dès sa première conférence de presse. Il n'est pas un homme de paille de Mogi Bayat, celui n'est en rien concerné par la reprise et n'a pas déboursé pour les parts appartenant désormais à son frère. On verra. Mogi est en tout cas derrière les transferts du mois d'août (les Anderlechtois prêtés et Giuseppe Rossini) et Mehdi a déjà signalé que rien ne l'empêcherait de faire appel à son frère dans le futur. Un ancien employé du Sporting est catégorique : " La machine à billets va se remettre à tourner. Dans trois ans, si on fait le total des joueurs amenés par Mogi et ceux qu'il a fait partir, on tombera de sa chaise. Il va recommencer les man£uvres pour lesquelles son oncle l'a viré. Abbas m'a dit qu'il l'avait mis dehors parce qu'il avait remarqué plusieurs transactions suspectes. On va rendre du jeu et du pain au peuple mais ce n'est qu'un habillage de façade, on retombe en fait sous l'ancien régime, avec ses limites. Le roi (Abbas) est mort, vive le roi (Mogi). " Dès le départ d'Abbas Bayat, on a évoqué un come-back de Jacky Mathijssen, toujours aussi proche de Mehdi et Mogi. C'est plus que plausible. Yannick Ferrera reste provisoirement en place mais il n'a pas un contrat en béton pour le protéger. A raison d'un salaire modeste, un C4 ne coûterait (presque) rien à la nouvelle direction. Autre possible retour commenté, celui de Pierre-Yves Hendrickx, licencié par Abbas en fin de saison passée. Il travaille au centre de Tubize pour l'Union Belge mais a déjà affirmé qu'il ne refuserait pas d'office une proposition pour revenir au Sporting. La raison première de son licenciement ? Abbas le soupçonnait d'avoir rédigé des documents favorables à Mogi dans le cadre du futur procès entre celui-ci et Abbas. Des documents que l'ancien président a fait expertiser par le FBI lors de l'un de ses multiples voyages aux Etats-Unis. La technique : dater l'encre pour voir si certaines pièces n'ont pas été antidatées. Aujourd'hui qu'Abbas n'est plus là, un retour de l'ancien secrétaire général est aussi dans le domaine du fort possible, vu les liens étroits qu'il a gardés avec les neveux et - surtout - sa passion à vie pour le Sporting. La reprise pourrait permettre au club de gagner un paquet d'argent. La Ville lui réclame toujours près de 2 millions d'euros (loyers du stade, factures énergétiques) et le litige est en route pour les tribunaux. " Les avocats des deux parties sont occupés à s'échanger des pièces ", dit le bourgmestre. " Mais nous privilégierons toujours une solution qui éviterait une cassure nette entre la Ville et le Sporting. J'ai l'impression qu'avec Mehdi Bayat et le nouveau président, c'est envisageable. Avec Abbas, ça l'était beaucoup moins. " La dernière rencontre entre Abbas et le bourgmestre remontait à quatre mois, la précédente à plus de deux ans. Avec Mogi, le contact a été entretenu jusqu'à son C4. Et avec Mehdi, Massin parle d'une " relation qui a toujours été cordiale. Par exemple, je l'ai prévenu dès que le conseil a décidé de porter en justice le litige sur les loyers, je ne voulais pas le prendre en traître ". Donc, les relations devraient clairement se réchauffer.PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO : IMAGEGLOBE" Le roi (Abbas) est mort, vive le roi (Mogi). "