De Bogota, la capitale de la Colombie, jusqu'aux Caraïbes, où se trouvent les racines de Carlos Bacca, le meilleur buteur du Club Bruges. De Reykjavik à une bourgade des fjords islandais, sous un froid sibérien. De Barcelone à Londres et de Liverpool à Manchester : ces dernières semaines, les rédacteurs de Sport / Foot Magazine ont fait le tour du monde, en quête de reportages spéciaux.
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De Bogota, la capitale de la Colombie, jusqu'aux Caraïbes, où se trouvent les racines de Carlos Bacca, le meilleur buteur du Club Bruges. De Reykjavik à une bourgade des fjords islandais, sous un froid sibérien. De Barcelone à Londres et de Liverpool à Manchester : ces dernières semaines, les rédacteurs de Sport / Foot Magazine ont fait le tour du monde, en quête de reportages spéciaux. La visite au village de Carlos Bacca a été particulièrement émouvante. Une pauvreté poignante et une chaleur humaine contagieuse s'y mêlent. Les gens n'ont rien mais ils mènent une existence libre et heureuse. Ils ne connaissent pas l'amertume ni l'acidité, l'envie ni la jalousie, ils ne sont pas mus par l'ambition de grimper les échelons de la société car quand Bacca a voulu acheter à ses parents un appartement dans un des meilleurs quartiers de la ville, ils ont refusé. Le bonheur, ils le trouvent dans les petites choses du quotidien. Ce numéro comporte de longs récits qui conviennent bien à cette période de fin d'année, propice au repos et à la réflexion. Vous n'y trouverez pas de reportages brûlants d'actualité car, fêtes obligent, votre magazine a été clôturé vendredi. Mais vous pouvez consulter notre site www.sportmagazine.be si vous souhaitez des informations sur les matches. En fil rouge, nous vous proposons trois listes, avec un top dix des transferts les plus réussis, un autre classement des moins bons ainsi que celui des dix jeunes joueurs qui ont éclos cette saison. Durant cette année, 146 transferts ont été effectués mais il n'a pas été aisé d'en élire dix qui aient effectivement apporté une plus-value à leur club. Cela équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin, surtout quand on est contraint de se tourner vers le marché étranger (de seconde main). Il n'en ira pas autrement en janvier, quand les clubs passeront leurs ultimes examens de repêchage. Ce championnat a été trop souvent assombri par des événements annexes. On a rarement parlé de la beauté du jeu. Les arbitres ont fait l'objet d'insultes et de menaces. Ces scandales ont atteint un point culminant aux Pays-Bas, avec le décès tragique d'un arbitre assistant. De nos jours, il faut être masochiste pour avoir encore envie de diriger un match de football. Autre phénomène marquant en 2012, les déraillements de certains supporters, qui réagissent de façon toujours plus sinistre et veulent interférer dans la gestion de leur club. Jamais cette violence verbale n'avait été aussi effrayante, jamais les dirigeants n'avaient ainsi été placés sous un tir nourri de critiques, bien plus encore que les entraîneurs, même si sept d'entre eux ont déjà été limogés. Dans cette société, le stade de football devient le théâtre dans lequel les gens se libèrent de leurs frustrations. Le sport de haut niveau a été remis en question en 2012, lorsque Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour, a été démasqué et s'est avéré un tricheur, alors que pendant des années, le monde du cyclisme n'avait pas voulu voir cette tromperie. Le sport a besoin de héros et présente ses meilleurs athlètes comme des supermen. Il ne semble plus rester grand-chose de cette adoration parfois aveugle, après la chute d'Armstrong. Le carrefour de l'ancienne et de la nouvelle année nous laisse peu le temps de la réflexion et de la détente. La trêve hivernale est brève et les entraînements reprennent immédiatement après les fêtes. La réalité du quotidien se réimpose donc très vite à nous : la lutte pour un billet pour les play-offs 1, la poursuite du parcours européen du RC Genk, la lutte pour éviter les play-offs 3. Entre-temps, les équipes cyclistes sont parties préparer leur nouvelle saison à l'étranger. Le sport n'observe plus de trêve. Le moulin tourne sans répit et mue certains en êtres irrationnels. Ceux qui, dans leur quête de performances, flirtent avec l'extrême et s'enferment dans un cocon, repliés sur eux-mêmes. PAR JACQUES SYS146 transferts mais peu de réussites réelles.