Le déclin du Spirou Charleroi illustre bien l'état du basket belge. De 1995 à 2010, le club hennuyer a remporté neuf titres et cinq coupes. Il a largement profité du soutien du monde politique. La Ville de Charleroi a ainsi pris à sa charge 11 des 14 millions qu'a coûté la construction du Spiroudôme. Une fois Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) tombé en disgrâce, le club a dû se passer des aides de la Ville et de la Région. Le président Eric Somme a déplacé ses activités en France, y reprenant Antibes, un club de D2. Des liens se sont aussi créés avec Pepinster.
...

Le déclin du Spirou Charleroi illustre bien l'état du basket belge. De 1995 à 2010, le club hennuyer a remporté neuf titres et cinq coupes. Il a largement profité du soutien du monde politique. La Ville de Charleroi a ainsi pris à sa charge 11 des 14 millions qu'a coûté la construction du Spiroudôme. Une fois Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) tombé en disgrâce, le club a dû se passer des aides de la Ville et de la Région. Le président Eric Somme a déplacé ses activités en France, y reprenant Antibes, un club de D2. Des liens se sont aussi créés avec Pepinster. C'était le début de la fin, selon Jacques Ledure, consultant du Spirou depuis janvier. " Nous avons négligé notre produit. L'ambiance du Spiroudôme a disparu alors qu'elle faisait notre force. Désormais, nous n'avons plus de liens avec Antibes et Pepinster. Nous réorganisons des actions pour attirer les supporters, notamment en travaillant avec des petits clubs de la région. La billetterie ne rapporte pas beaucoup mais nous nous rapprochons petit à petit des fans et les sociétés sont à nouveau plus enclines à investir. " L'ancien homme fort des Belgian Lions a rompu avec le passé. Il a écarté le directeur commercial Benoît Cuisinier, le responsable sportif Giovanni Bozzi, le coach Jacques Stas. " On ne peut pas faire le ménage en gardant les vieux meubles. Nous opérons cette fois une restructuration profonde. " Charleroi est le plus mauvais élève du basket belge : il a clôturé les deux dernières années avec un déficit d'un million. Cet été, quand Jean-Jacques Cloquet a succédé à Bozzi à la présidence, il s'est effaré de l'état financier du club. " J'ai craint pour son avenir ", affirme le big boss de l'aéroport de Charleroi-Brussels South. " Des erreurs ont été commises dans le passé ", confirme Ledure. " C'est le problème de tout notre sport en Belgique : on ne s'est jamais remis en question. Les clubs ne se sont pas souciés de l'avenir quand les salles étaient combles. Le basket a souffert de la crise économique et de la montée en puissance d'autres sports d'équipe comme le hockey et le volley, plus visibles grâce aux grands tournois et aux Jeux olympiques. Comme les autres, Charleroi a été en déficit mais c'est plus marquant parce qu'il travaillait avec un budget plus conséquent. Les chiffres sont proportionnels. " Ledure s'en fait fort : à court terme, Charleroi va revenir au premier plan. " J'ai relevé ce défi à la demande de Jean Gabriel, le nouvel actionnaire principal du Spirou. C'est aussi grâce à lui qu'une recapitalisation a été possible. Eric Somme n'est plus qu'un petit actionnaire du club. Nous avons enrôlé deux entraîneurs qui ont le coeur vraiment carolo pour la saison prochaine : Pascal Angilis et Fulvio Bastianini. Ils sont aussi réalistes. Ils n'ont pas les yeux plus grands que le ventre ", conclut le curateur du Spirou, d'un ton éloquent. PAR MATTHIAS STOCKMANS