Pour la deuxième année de suite, le Spirou Charleroi, le club de basket le plus brillant des vingt dernières années, a vécu une campagne décevante. Pas de Coupe ni de titre. Les Hennuyers ont été éliminés des quarts de finale des play-offs par Anvers (2-1).
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Pour la deuxième année de suite, le Spirou Charleroi, le club de basket le plus brillant des vingt dernières années, a vécu une campagne décevante. Pas de Coupe ni de titre. Les Hennuyers ont été éliminés des quarts de finale des play-offs par Anvers (2-1). C'est la fin de la carrière d'entraîneur de Giovanni Bozzi (51 ans), qui reprend le poste de président d'Eric Somme cet été. Celui-ci, arrivé à la barre dans le courant des années 90, a offert dix titres et cinq Coupes au Spirou, effectue un pas en arrière, pour se consacrer à son nouveau club français, Antibes. Bozzi, quadruple Entraîneur de l'Année, avait sans doute imaginé autrement la fin d'une carrière entamée en 1989 à Pepinster et suivie notamment par la direction des Belgian Lions. Il a conduit le Spirou à six titres mais cette saison, sa tactique n'a pas toujours fonctionné. Par exemple dans la demi-finale de Coupe : en fin de partie, on aurait dit que les Carolos ne savaient pas quoi faire. Bozzi et son staff n'ont jamais eu de véritable emprise sur ce groupe pourtant talentueux. Un parcours très irrégulier et une issue sans gloire en sont le résultat logique. " La saison a été décevante, marquée d'emblée par de nombreuses difficultés ", explique Bozzi. " Le forfait de Beghin, Massot et Steinbach nous a posé problème, la nouvelle règle nous obligeant à coucher six Belges sur la feuille de match. En outre, plusieurs étrangers ont déçu. Demond Mallet a joué à son niveau mais en fin de parcours, il était épuisé, physiquement et mentalement. Nous devons enrôler plus de joueurs possédant la bonne mentalité. Sur le plan du recrutement, nous sommes trop courts depuis deux ans. Mea culpa. " Charleroi aura du mal à ne pas perdre sa fidèle assistance de 6.000 personnes au Spiroudôme car les supporters grognent. Le budget a été diminué et si les supporters décrochent, le Spirou pourrait perdre son statut de grand club belge. Bozzi ne panique pas : " Nous sommes à la fin d'un cycle. C'est propre au sport de haut niveau. Nous avons gagné quatre titres d'affilée et maintenant, nous traversons une période moins faste mais nous en sortirons. Il s'agit de procéder à la bonne analyse du noyau. Beaucoup de joueurs ont passé le cap de la trentaine. Nous devons aussi tenir compte de la baisse de notre budget, qui ne dépasse plus celui des autres candidats aux play-offs. " Somme effectue un pas en arrière mais Charleroi compte toujours sur son réseau. " Il reste chargé des contacts avec les partenaires importants, avec notre responsable commercial, Benoît Cuisinier. Moi, je m'occupe de l'aspect sportif et des relations publiques. Je serai un président présent au quotidien. " Reste le poste de coach. Selon le plan A, Yves Defraigne (Mons) devait signer à Charleroi mais le Gantois n'a pas accepté - ou pu. Plan B, l'icône du club, Jacques Stas, qui a déjà été adjoint à Charleroi et a été manager sportif du club quelques années. Selon la direction du club, son engagement n'est plus qu'une question de détails. Une fois ce problème réglé, Charleroi pourra entamer une seconde vie. PAR MATTHIAS STOCKMANS