Il y a des chiffres qui font plaisir. Dans les trois grands championnats européens, les trois plus grosses assistances sont pour les trois clubs qui produisent le plus de jeu. Des clubs avec une vraie identité, une vraie culture, une vraie philosophie bien ancrée, bien comprise, bien exécutée.
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Il y a des chiffres qui font plaisir. Dans les trois grands championnats européens, les trois plus grosses assistances sont pour les trois clubs qui produisent le plus de jeu. Des clubs avec une vraie identité, une vraie culture, une vraie philosophie bien ancrée, bien comprise, bien exécutée. C'est vers l'avant et donc vers l'autre. Celui qui paye. Celui qui se déplace. Qui se déplace en espérant recevoir en retour. Et bien ils ont reçu. Bingo, gros lot. Ces trois clubs sont aussi trois champions : Barça, Dortmund, Manchester United. Belle brochette pour beau festin. Le FC Barcelone est vraiment champion d'Europe toutes catégories. Sur le terrain mais aussi dans les tribunes. 79.219 spectateurs de moyenne. 1.505.160 gâtés ont garni le Camp Nou durant la saison rien qu'en championnat. Enorme. A la hauteur du spectacle proposé. Dortmund, c'est 79.151 par match. ManU : 74.864. Evidemment, une équipe peut produire le meilleur foot du monde, si son stade ne fait que 20.000 places et que sa ville ne compte que 50.000 habitants, difficile de rivaliser... Prenons un autre critère et réjouissons-nous encore une fois car le constat nous ramène encore à la beauté du foot : en France, le club avec le meilleur pourcentage est Lille, le champion. Près de 90 % de taux de remplissage. Génial même si on est loin avec 16.000 de moyenne. C'est à l'image de la Ligue 1, dernière de classe des cinq grands championnats : 19.751 de moyenne. Faut dire : avec un club relégué dès décembre (Arles Avignon) et un autre (PSG), qui purifie son public en foutant les fachos hors de son stade ; ça fait 11 % de recette guichet en moins pour la bonne cause. Respect Monsieur Leproux. Un exemple que devraient suivre quelques clubs italiens eux aussi gangrenés par la peste brune... Dans la Botte, l'Inter flirte avec les 60.000 par match mais le Milan AC dépasse à peine les 50.000 et Naples est à 45.000. Pour le reste, le Calcio est malade : 24.000 spectateurs de moyenne. Imaginez, en Serie A, deux clubs (Brescia et Lecce) n'accueillent même pas 10.000 supporters par match. L'Italie doit rompre avec son passé. En Angleterre, le poids de la tradition porte parfois trop bien son nom. Il déleste le club de beaucoup de millions et, donc, leste les ambitions. Exemple avec Tottenham. C'est plein à chaque match. Génial sauf que le plein fait 35.704 spectateurs. Soit moins de la moitié qu'à Manchester United. Sur une saison, les Spurs font 700.000 entrées de moins que les Red Devils. Faites le compte, au final ce sont des dizaines de millions de livres de différence. Mais les fans ne veulent pas d'un nouveau stade. Et, comme le problème de Londres est celui de toutes les grandes villes, Il est très difficile d'agrandir les stades urbains. Arsène Wenger et Arsenal l'ont bien compris. Ils étaient dans le même cas dans le vieux Highbury. Ils ont construit l'Emirates Stadium. Depuis, c'est un million de livres de recette en plus par... match. C'était cela ou définitivement laisser filer Man U vers la suprématie économique. Cela dit, quand on a fréquenté les deux stades, on ne peut s'empêcher de constater que les supporters de Highbury sont devenus les spectateurs de l'Emirates. La tradition et le supplément d'âme liés au passé ont disparu dans la course au futur. Elle reviendra peut-être. Pour cela, il faut des titres et pour cela il faut des artistes mais aussi des compétiteurs. Wenger est parti de Highbury pour l'argent, il faudrait maintenant qu'il l'utilise pour attirer des joueurs stylés, certes, mais surtout efficaces. Il a ajouté des 0 au compte en banque maintenant c'est au marquoir qu'il faut garder le 0. Histoire de renouer avec son passé, de retrouver son âme. De faire d'un lieu de spectacle un vrai stade de football. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE JOURNALISTE BE/TV" En foot, il n'y a pas de milieu. Ou tu es mauvais ou tu es bon " Gary Lineker Respect à Monsieur Leproux qui a viré les fachos du PSG !