Le football n'a plus beaucoup de secrets pour Laszlo Bölöni. À force d'arpenter la ligne de touche comme on parcourt un rayon de supermarché, le Roumain finit par connaître tous les produits par coeur. Il pourrait même les ranger lui-même, en leur trouvant la place idéale. Après l'avoir mis en vitrine pendant une première saison où le noyau est étroit et les choix rares, l'ancien coach du Great Old range donc Simen Juklerød au placard, pour installer l'expérimenté Ritchie De Laet sur le côté gauche de sa défense à quatre.
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Le football n'a plus beaucoup de secrets pour Laszlo Bölöni. À force d'arpenter la ligne de touche comme on parcourt un rayon de supermarché, le Roumain finit par connaître tous les produits par coeur. Il pourrait même les ranger lui-même, en leur trouvant la place idéale. Après l'avoir mis en vitrine pendant une première saison où le noyau est étroit et les choix rares, l'ancien coach du Great Old range donc Simen Juklerød au placard, pour installer l'expérimenté Ritchie De Laet sur le côté gauche de sa défense à quatre. Le Norvégien sort pourtant d'une première saison anversoise bouclée à six passes décisives. La preuve que c'est surtout à l'heure de regarder vers son propre but que les problèmes commencent. Si sa puissance fait des ravages dans le camp adverse, ses capacités défensives restreintes sèment l'incertitude aux abords de la surface du matricule 1. Une carence intolérable pour le méticuleux Bölöni, qui choisit de construire son football sur la droite, confiant presque systématiquement le ballon au virevoltant Aurélio Buta pour franchir le milieu de terrain. Pas assez déroutant pour être ailier, trop peu discipliné pour être latéral, Juklerød apparaît comme une évidence dans le système mis en place par Ivan Leko au Bosuil. Protégé par les qualités défensives de Ritchie De Laet derrière lui, et libéré dans le couloir par les déplacements très axiaux de Lior Refaelov, le Norvégien peut faire parler sa puissance et son sens du débordement, qualité précieuse pour effacer son vis-à-vis sans avoir besoin d'une prouesse technique pour faire la différence. Plus proche de la surface, Juklerød peut également y faire parler un flair qu'on ne lui connaissait pas. Le Scandinave a déjà marqué trois fois cette saison, soit plus que sur l'ensemble de ses deux premières piges dans la Métropole. Capable de s'infiltrer dans la zone de vérité pour réceptionner un centre venu de la droite, ou de combiner avec Refaelov pour ouvrir une fenêtre à son puissant pied gauche, il est devenu, dans l'ombre de l'Israélien, l'une des armes offensives majeures d'un Antwerp qui tente de pallier la baisse de régime statistique de Dieumerci Mbokani. Simen Juklerød appartient à la catégorie des joueurs dont la capacité à créer le danger augmente en même temps que la longueur de la course. Tout comme Buta, il doit venir de loin pour faire souffrir la défense adverse. Dans le système à mis en place par Ivan Leko, le Norvégien enclenche ses actions offensives depuis une position défensive, mais sans jamais vraiment être un défenseur. Un savant équilibre qui fait briller ses atouts, et balaie discrètement ses carences sous le tapis.