"Non, pas maintenant ", répond fermement Thomas Dorsch. " Plutôt demain, à partir de 10 heures. Oui, vous pouvez m'appeler pour évoquer la carrière de mon fils, Niklas. " Le lendemain, le père de la nouvelle recrue gantoise se montre bien plus enthousiaste lorsque nous l'avons en ligne. " À trois ans, Niklas pleurait déjà lorsqu'il ne pouvait pas jouer ", confie le paternel qui, en 2001, a été l'entraîneur des F-Jugend ( les joueurs de sept et huit ans, ndlr) du club local du 1. FC Baiersdorf, en Bavière, où évoluait son fils aîné Florian. " Il n'y avait pas encore de G-Jugend ( des joueurs de six ans ou moins, ndlr) au club, à l'époque. Mais, lorsque Niklas a fêté ses quatre ans, on l'a quand même affilié, pour lui permettre déjà de s'entraîner et de jouer. Vu son âge, il était réellement le plus petit de l'équipe. Pour donner un exemple : je devais toujours le mettre debout sur la table de la cuisine, pour lui enfiler son short. Ses bas étaient bien trop longs, ils lui arrivaient jusqu'au-dessus des genoux. Et, avec les crampons sous les chaussures, on ne voyait plus du tout ses jambes ", se souvient-il.
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"Non, pas maintenant ", répond fermement Thomas Dorsch. " Plutôt demain, à partir de 10 heures. Oui, vous pouvez m'appeler pour évoquer la carrière de mon fils, Niklas. " Le lendemain, le père de la nouvelle recrue gantoise se montre bien plus enthousiaste lorsque nous l'avons en ligne. " À trois ans, Niklas pleurait déjà lorsqu'il ne pouvait pas jouer ", confie le paternel qui, en 2001, a été l'entraîneur des F-Jugend ( les joueurs de sept et huit ans, ndlr) du club local du 1. FC Baiersdorf, en Bavière, où évoluait son fils aîné Florian. " Il n'y avait pas encore de G-Jugend ( des joueurs de six ans ou moins, ndlr) au club, à l'époque. Mais, lorsque Niklas a fêté ses quatre ans, on l'a quand même affilié, pour lui permettre déjà de s'entraîner et de jouer. Vu son âge, il était réellement le plus petit de l'équipe. Pour donner un exemple : je devais toujours le mettre debout sur la table de la cuisine, pour lui enfiler son short. Ses bas étaient bien trop longs, ils lui arrivaient jusqu'au-dessus des genoux. Et, avec les crampons sous les chaussures, on ne voyait plus du tout ses jambes ", se souvient-il. En 2006, la famille Dorsch vit une étape importante. L'école de football germano-tchèque DTFS distribuait des prospectus qui invitaient les jeunes talents locaux à passer un test. Au départ, Thomas n'était pas très enthousiaste, mais le président du 1. FC Baiersdorf, Gerhard Firnschild, avait lui-même glissé fièrement les noms de Florian et de Niklas pour cette prospection. " Notre fils cadet a directement été considéré comme un vrai talent ", se souvient Thomas. " Et c'est précisément à cette période qu'une collaboration a été conclue avec Jan Pienta, du Bayern Munich, l'homme qui a découvert Philipp Lahm entre autres. Des équipes ont été formées, composées de joueurs dotés d'un certain potentiel. Les meilleurs seraient invités à participer à un stage de la DTFS. " Après avoir combiné un moment la DTFS, qui n'était pas autorisée à jouer des matches de championnat en Allemagne, avec le 1. FC Baiersdorf, Niklas Dorsch a pu démontrer son talent dans des tournois disputés à la fois dans son pays et en Europe de l'Est. " C'est ainsi qu'ils ont visité l'académie des jeunes et l'internat du Lokomotiv Moscou ", poursuit le père. " Ils ont passé cinq jours à Moscou et ont affronté les meilleures équipes de jeunes de la capitale russe. Ils ont aussi assisté au derby local entre le Spartak et le Lokomotiv. " En plus de la DTFS, Thomas Dorsch a décidé d'inscrire son fils prometteur à l'école de football de l'ancien professionnel Armin Eck, dans le village voisin de Kulmbach. " Nous lui devons beaucoup. Il s'est énormément impliqué dans la progression de Niklas et l'a sans cesse motivé. " Le 1er avril 2009, la récompense vient sous la forme d'un transfert pour l'école des jeunes du 1. FC Nürnberg. Il a suffi d'un seul entraînement pour convaincre. Le jeune Niklas débarque alors dans un autre monde, celui d'un club professionnel. " Une expérience très intéressante, mais parfois stressante ", admet le père Dorsch. " Un jour, Niklas a pu monter sur le terrain en tenant la main de Javier Pinola lors d'un barrage montée-descente contre l'Energie Cottbus. Un autre jour, par un pur hasard, nous avons croisé l'entraîneur de l'époque, Hans Meyer, dans une pizzeria proche du centre d'entraînement. " Sur le plan sportif, tout se passe bien également et Niklas, très doué techniquement, est élu meilleur joueur d'un tournoi en salle disputé en janvier 2010 à Maximiliansau. S'en suit, durant l'été 2012, un transfert au Bayern Munich. À partir de ce moment-là, Dorsch est régulièrement appelé en équipe nationale de jeunes, à commencer par les U15. Cinq ans plus tard, un événement important se produit dans la carrière de Niklas : Heiko Vogel, l'ancien arrière gauche reconverti en milieu récupérateur, le fait passer des U17 à l'équipe amateur du Bayern Munich. " J'ai toujours été impressionné par le talent de Niklas ", a confié au site allemand Goal.com l'homme qui a officié entre 2013 et mars 2017 comme entraîneur des U23, mais aussi coordinateur des jeunes chez le récent vainqueur de la Ligue des Champions. " Il avait en lui le feu de la passion. Son regard espiègle ne passait pas inaperçu. Il dégageait une grande confiance en lui. Après avoir assisté à différents entraînements et matches de Dorschi, je l'ai rapidement convoqué pour un entretien individuel. Mon message était clair : " Avec toi, je pourrai aller au duel, car tu ne dois avoir peur de personne ". Il n'avait aucun complexe et a directement compris la teneur de mon message. Finalement, on a décidé conjointement de ce surclassement ", explique Vogel, qui a concrétisé ce passage des jeunes vers le monde adulte en concertation avec Pep Guardiola, Matthias Sammer, Hermann Gerland et l'entraîneur des U19 Holger Seitz. Dans les vestiaires, Niklas se retrouve aux côtés de Mats Hummels, Joshua Kimmich et Niklas Süle, mais Dorsch, qui depuis l'âge de douze ans est un grand admirateur de Toni Kroos, ne se montre pas réellement impressionné. " On savait très bien quels aspects de son jeu il devait encore travailler ", poursuit Vogel. " En plus d'augmenter sa concentration, nous devions aussi améliorer son taux d'acide lactique. Heureusement, Hermann Gerland a fait ce qu'il fallait. Dorschi est un très bon passeur, tant du gauche que du droit. Cette faculté à jouer des deux pieds lui permet également de changer facilement de flanc et d'ouvrir le jeu. Sa capacité d'anticipation et sa polyvalence sont d'autres atouts. " Au Bayern Munich, seul Jupp Heynckes lui a offert du temps de jeu : c'était le 28 avril 2018, lors d'une victoire 4-1 contre l'Eintracht Francfort, durant laquelle Dorsch ouvre le score. Trois jours plus tard, il est sur le banc lors de la demi-finale de Ligue des Champions contre le Real Madrid, mais il ne se produira plus pour le Rekordmeister. La raison de ce peu de confiance octroyé à Dorsch reste un mystère, pour Vogel. " Mais, pour être honnête, il faut admettre qu'il est particulièrement ardu de se faire une place au soleil avec une telle concurrence. C'est encore davantage le cas dans l'entrejeu, qui regorge de talent. " Malgré tout, Vogel, qui entraîne cette saison les U23 du Borussia Mönchengladbach, reste convaincu du potentiel de Dorsch, qui a quitté le Bayern Munich à vingt ans avec le statut de capitaine de l'équipe B. " Son style de jeu, en tant que numéro six, peut être comparé à celui de Leon Goretzka ou Thomas Delaney. Même si Dorschi a un tempérament plus défensif. Il doit se montrer plus dangereux devant le but. Mais Niklas est énergique, il entraîne les autres par son jeu dynamique et ses qualités techniques. Pour les adversaires, Dorschi a toujours été un opposant très coriace. Je suis persuadé qu'il n'a pas encore atteint le maximum de ses capacités. L'avenir lui appartient et il peut se montrer ambitieux. "