Les frères Mpenza furent longtemps inséparables. Mais depuis qu'ils poursuivent chacun leur carrière en solo, j'ai le sentiment que leurs différences ne vont que s'accentuant. Si Emile a ce côté cigale qui lui colle à la peau, Mbo serait plutôt du genre fourmi, bon père de famille, avide de stabilité et soucieux de son avenir ! Emile, c'est la pointe, il va à la bagarre, en joueur d'instinct et parfois désordonné dans l'effort. Mbo lui se tient de préférence en retrait, en soutien de l'homme de pointe, plus réfléchi et dosant davantage ses efforts. Un duo certes plus complémentaire sur le terrain que dans la vie. Depuis leur passage au Standard, ils ne se sont pratiquement plus jamais retrouvés ensemble. Dommage !
...

Les frères Mpenza furent longtemps inséparables. Mais depuis qu'ils poursuivent chacun leur carrière en solo, j'ai le sentiment que leurs différences ne vont que s'accentuant. Si Emile a ce côté cigale qui lui colle à la peau, Mbo serait plutôt du genre fourmi, bon père de famille, avide de stabilité et soucieux de son avenir ! Emile, c'est la pointe, il va à la bagarre, en joueur d'instinct et parfois désordonné dans l'effort. Mbo lui se tient de préférence en retrait, en soutien de l'homme de pointe, plus réfléchi et dosant davantage ses efforts. Un duo certes plus complémentaire sur le terrain que dans la vie. Depuis leur passage au Standard, ils ne se sont pratiquement plus jamais retrouvés ensemble. Dommage ! Si Emile recouvre son football à Hambourg, Mbo semble lui un peu patauger à Anderlecht. Si on s'en tient à la stricte rigueur des chiffres, on constate que son temps de jeu réel n'est, jusqu'à présent, que de 61,3 %. En efficacité, il comptabilise deux buts à son actif et trois assists. Quand on sait que sa moyenne personnelle de buts marqués û 60 sur les 156 rencontres û est de un but toutes les deux rencontres et demie, il devrait après dix matches joués totaliser 4 à 5 buts. On doit donc bien admettre que le bilan actuel est légèrement déficitaire. Mais pas au point de justifier autant de critiques. La parole est à la défense ! Tout d'abord Mbo est tombé dans une équipe qui est à la recherche de son équilibre collectif depuis le début de saison. Pour un nouvel arrivé, ce n'est pas l'environnement propice à un épanouissement harmonieux d'autant qu'il a été le plus souvent positionné dans des schémas de jeu qui ne lui conviennent guère. On évoque souvent la non-complémentarité de WalterBaseggio et PärZetterberg. Que dire alors de celle entre Mbo et Aruna Dindane ? On sait que Mbo a besoin de beaucoup d'espace pour s'exprimer. Or, il est le sosie d'Aruna en moins chaloupé mais en plus rigoureux. Dès lors, il est inévitable qu'ils se courent dans les pattes. Ils ont des trajectoires de course identiques. Et quand ChristianWilhelmsson joue sur le flanc droit, c'est sa portion de terrain favorite (il se déplace volontiers du centre vers la droite) qui est squattée ! Dans ce contexte étriqué, Mbo n'a sans doute pas pu tirer le meilleur parti de son explosivité. Et comme il est altruiste, discipliné, travailleur et bon équipier, il s'est attelé à des tâches moins spectaculaires. Le travail qu'il fournit pour l'équipe est remarquable mais le public attend de Mbo des actions de jeu brillantes et virevoltantes et pas du simple labeur. Pour retrouver un Mbo buteur, au coup de rein ravageur, il s'agira de le remettre dans des conditions de jeu plus en rapport avec ses qualités intrinsèques plutôt que d'exiger de lui qu'il s'adapte sans cesse au jeu des autres. Ce qu'il a fait à la perfection ! Avec Nenad Jestrovic à ses côtés, il pourra sans doute mieux exploser le jour où Aruna partira sous d'autres cieux. En attendant, il faut bien composer... En marge de ces aspects purement tactiques, il faut aussi prendre en considération son caractère peu enclin à se mettre en évidence et à s'imposer partout. Modeste et pas frimeur, il aurait plutôt tendance à s'effacer ou à se tenir en retrait... comme sur le terrain ! Il faut qu'il se fasse violence pour s'affirmer. Ce qui constitue un défaut dans ce milieu du foot où les prédateurs sont rois ! Il fuit la foule et préfère l'intimité de la vie familiale. Doué pour les langues û il parle anglais et portugais û et l'informatique, il se préoccupe déjà de sa reconversion. Son unique passion en dehors du foot ? Deux chevaux qu'il soigne amoureusement. Samedi dernier, il a fêté son 28e anniversaire ! La dernière ligne droite d'une carrière, qui n'a jamais atteint l'apogée de son talent potentiel, est donc entamée. Je suis convaincu que sa marge de progression est encore importante à condition que, comme à Mouscron, il puisse s'exprimer dans un rôle qui est le sien et se décrisper face à la pression d'un plus grand club !par André RemyAvec Nenad Jestrovic à ses côtés, MBO POURRA MIEUX EXPLOSER