24 juin 2015. Le FC Malines reprend l'entraînement. Mats Rits (22 ans à l'époque) est le seul joueur qui n'a pas de numéro sur son équipement. Son contrat prend fin une semaine plus tard et il n'a pas de club. Il sera finalement renouvelé le 4 juillet pour un an, avec option pour une saison supplémentaire. Le club doute : pour la deuxième année consécutive, il a terminé le championnat sur une fausse note après avoir bien commencé.
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24 juin 2015. Le FC Malines reprend l'entraînement. Mats Rits (22 ans à l'époque) est le seul joueur qui n'a pas de numéro sur son équipement. Son contrat prend fin une semaine plus tard et il n'a pas de club. Il sera finalement renouvelé le 4 juillet pour un an, avec option pour une saison supplémentaire. Le club doute : pour la deuxième année consécutive, il a terminé le championnat sur une fausse note après avoir bien commencé. Pourtant, en janvier 2013, lorsque le médian de Wavre-Sainte-Catherine avait signé un contrat de deux ans et demi, Fi Vanhoof avait déclaré : " Il est jeune, Belge, talentueux et prêt à jouer en équipe première. " Cela faisait un an et demi qu'il s'entraînait avec le noyau A de l'Ajax, même s'il n'avait jamais joué. Après avoir discuté avec Vanhoof et Harm van Veldhoven, l'entraîneur, il avait estimé que le moment de reculer pour mieux sauter était venu. Van Veldhoven avait déjà entendu parler de lui en 2007 et 2008, lorsqu'il était au Kiel. Rits n'avait que 14 ans et était considéré comme un des meilleurs joueurs de sa génération. Il avait débuté à quatre ans au FC Walem, le club dont son grand-père avait été président pendant 40 ans. Deux ans plus tard, il était passé au Lierse, avec lequel il avait collectionné les titres. Jusqu'à ce que l'entraîneur ne joue qu'en fonction d'un attaquant : Romelu Lukaku. Les ballons passaient au-dessus de sa tête, Rits avait perdu le plaisir de jouer. " Tu vas avoir un torticolis ", lui disait son père. Avant-même la trêve hivernale, Rits avait dit qu'il voulait partir et n'avait plus été convoqué. Urbain Haesaert l'avait transféré au Germinal Beerschot, où les joueurs étaient moins talentueux mais où il avait appris à aller au duel et à courir. Il ne rêvait pas encore de faire carrière. Il avouait même qu'entre l'âge de 8 et 13 ans, il avait mangé trop de sucreries. Mais à 15 ans, le Real Madrid et Arsenal envoyaient des scouts pour le suivre tandis que Feyenoord et l'Ajax le voulaient. Comme il n'avait pas 16 ans, il était gratuit. La famille visita l'ArenA, Thomas Vermaelen et Jan Vertonghen lui parlèrent de l'Ajax mais sa mère n'était pas prête à le laisser partir. " Je n'en dors plus. Quand il reviendra, dans deux ans, ce sera un Hollandais ", disait-elle en 2008. Rits travaillait bien à l'école, il était en latin-maths. Au printemps 2009, à trois mois de ses 16 ans, le Germinal Beerschot annonçait que, malgré l'intérêt de l'Ajax et d'Anderlecht, il signerait un contrat de deux ans au Kiel. Selon des proches du club, la famille Rits allait toucher 600.000 euros pour deux ans. Au début de la saison, Aimé Anthuenis disait que Rits devait encore trouver sa meilleure place, qu'il devait être patient. " Il n'est pas encore prêt à être titulaire mais il peut jouer de temps en temps. " Anthuenis était cependant rapidement limogé dès le mois d'août et, le 3 octobre 2009, contre Westerlo, Jos Daerden le lançait après une demi-heure en remplacement de Daniel Cruz, blessé. Des débuts de rêve, couronnés par deux buts. Les médias parlaient de lui comme de Romelu Lukaku, Maxime Lestienne, Eliaquim Mangala, Kevin De Bruyne ou Christian Benteke qui, tous, avaient débuté très tôt en Jupiler Pro League. Lukaku lui envoyait un SMS mais le capitaine des U17 belges faisait preuve de beaucoup de maturité. " J'ai encore beaucoup à apprendre et je dois travailler pour l'école. " Bob Browaeys, qui entraînait les U16 et U17 depuis plus de dix ans, tempérait l'optimisme général. " Rits est un bon joueur mais pas le plus talentueux de sa génération. En équipe nationale, trois ou quatre sont au moins aussi bon. N'oubliez pas que le niveau de notre championnat chute. " Techniquement et tactiquement, Rits était prêt pour la D1 belge mais ses entraîneurs - Daerden, Glen De Boeck et Jacky Mathijssen - le trouvaient trop frêle. C'est en 10 qu'il était le meilleur mais il se faisait balayer. " Il doit faire de la musculation mais il n'a pas le temps parce qu'il n'est pas dans une école de sport de haut niveau, c'est un frein à son évolution ", disait Daerden. Même s'il ne se montrait guère lorsqu'il montait au jeu, Rits voulait jouer davantage. " Je ne crois plus en ce club ", disait-il en 2011, lorsqu'il refusait de prolonger son contrat. " Je me demande pourquoi je ne joue pas. " Près de quatre ans après avoir joué un tournoi avec l'Ajax, il passait à Amsterdam. " J'aurais pu signer à Anderlecht, à Utrecht ou au PSV mais c'est l'Ajax qui m'a fait la meilleure impression ", disait-il à De Telegraaf, après avoir signé pour deux ans. Son ambition ? " J'opte pour la formation et je veux évoluer physiquement. " Il fit alors la préparation avec le noyau A (35 joueurs), tenant son rang au point que Frank de Boer voulut le garder. " Il m'a surpris. Il est rusé, cherche la profondeur et a le sens du but ", disait-il après que Rits eut inscrit 3 buts en 3 matches. Tout allait trop bien. Il ne jouait pas en Espoirs mais était souvent 19e homme. Puis il se blessa à la cheville et s'occasionna une fracture de stress au dos. En NextGen Series, la Champions League U20, l'Ajax n'était battu qu'en finale par l'Inter, aux tirs au but. Mais en janvier 2013, l'Ajax voulait le prêter à Almere City, en D2. Rits refusait et préférait un transfert à Malines où, après six mois d'adaptation, il n'éclatait réellement que sous les ordres d' Aleksandar Jankovic et de Yannick Ferrera. " C'est la première saison que je sens que je peux jouer 30 matches à fond ", disait-il en février 2016. Moins de deux ans plus tard, Ivan Leko, avec qui il a joué au Kiel, lui fait confiance. Il peut jouer aux trois places de l'entrejeu mais ses statistiques - 4 buts et 7 assists - peuvent être meilleures. Le Croate, lui, voit autre chose : Rits est un des joueurs qui, la saison dernière, a couvert le plus de kilomètres.