Ahhh, ce fameux olympisme. Ce remède issu de la nuit des temps censé soigner notre strabisme. Censé nous mettre les yeux en face des trous et donner de la clarté à notre amour du sport, de sa pureté originelle, de sa vertu première. Faire de nous des humains en bonne santé.
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Ahhh, ce fameux olympisme. Ce remède issu de la nuit des temps censé soigner notre strabisme. Censé nous mettre les yeux en face des trous et donner de la clarté à notre amour du sport, de sa pureté originelle, de sa vertu première. Faire de nous des humains en bonne santé. Le problème, c'est que qui dit Jeux olympiques dit résultats, classement et compétition. Dès les premiers jeux, il y a enjeu. Et donc avidité. Ce désir immodéré de dominer, de dévorer l'autre. Par tous les moyens. Hélas. Déjà, lors des Jeux dans l'Antiquité grecque, on trichait. A l'époque, se doper consistait à manger de la viande. Ce qui était interdit. Si, si. Les connaissances encore antiques de " l'aide extérieure " poussaient au loufoque puisque les athlètes des épreuves de saut mangeaient de la viande de chèvre. Si, si, elles sautent haut. Tandis que ceux des épreuves de force mangeaient du boeuf. L'homme a toujours été un prédateur. La chasse pour survivre avant la chasse aux médailles. Tout le monde a toujours su. Certains ne se sont pas tus mais nous avons fait semblant de ne pas entendre. Eloge du mauvais geste, du mauvais réflexe. Le voyeurisme. Des milliards de voyeurs à travers le monde. Du pain, des jeux, depuis toujours. Ainsi le peuple suivra les seigneurs aveuglément. Les seigneurs des anneaux avec le silence des agneaux pour assentiment. Cela dit, on peut être aussi opportuniste, comme moi. Moi qui ai fait de JohnCarlos et TommieSmith deux de mes héros éternels. Leurs poings gantés de noir sur le podium du 200 mètres aux JO de Mexico reste un des actes de bravoure et de courage ultime face au racisme. Une sorte de point d'exclamation pour l'histoire de notre civilisation. Médailles éternelles mais revers de celles-ci, ils furent exclus par le CIO et très peu soutenus à leur retour au pays. Même par la communauté afro-américaine. Tout le contraire de la fameuse Dream Team qui nous fit " dreamer " aux JO de Barcelone en 1992. Quoique. Le rêve tournait déjà au cauchemar puisque les joueurs de NBA n'y ont participé qu'avec la promesse qu'ils ne seraient soumis à aucun contrôle anti-dopage. On a bien " voyeuré ". Du pain et des jeux.... NBA et olympisme même crédo. Du spectacle. Sauf qu'avec la NBA, tout est clair. C'est une société privée dont l'objectif avoué est de faire du bizness à travers le sport. Par tous les moyens...Un peu comme le foot maintenant. Sauf que là, on reste hypocrite avec des fédérations internationales dont le but est...non lucratif. Tu parles ! Tellement que la FIFA n'ose pas obliger les clubs pro à libérer leurs joueurs pour les JO. Trop proche de la reprise des grands championnats. Que le CIO se démerde. Et pourtant, une des plus grandes stars est au Brésil. Bon, il s'appelle Neymar et doit, à lui seul, redorer un honneur perdu par la patrie. Gommer du bout de ses crampons l'humiliation du dernier Mondial. Sauf que, ça se passe pas comme prévu. 0-0 contre l'Afrique du Sud et ... l'Irak avant un 4-0 face au Danemark. Quand le prodige touche le ballon, jaillissent des tribunes, des " Marta, Marta " du nom de la star de l'autre équipe de foot. La féminine qui, elle, assure. Le peuple se moque, l'équipementier se meurt. Neymar aux JO, c'est un peu de patriotisme et beaucoup de marketing. Neymar, lui, se marre. Fiesta tous les soirs. Dans les quartiers chics. Loin du village olympique. Il fait le mur mais une fois au pied de celui-ci, l'athlète qui gagne 53M€ l'année se réveille et c'est tout un peuple qui se met à rêver de consécration. Et nous de nous rappeler cette obligation qui donnait tout son sens à la charte olympique : " Je soussigné déclare sur l'honneur être amateur conformément aux Règles Olympiques de l'Amateur ". Ben oui quoi ! ! ! Amateur... de bagnoles, de virées, de bimbos, de belles sapes. Le monde est devenu un fourre-tout où tout fout le camp. Le sport en est la plus flamboyante expression. Mais il reste néanmoins le plus merveilleux espoir pour que toujours, la grandeur d'un homme puisse s'exprimer en short. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE