Comment marquer si je ne vois aucun ballon ?" Après le match de qualification pour la Ligue des Champions à Valerengen, Bosko Balaban (26 ans) ne pouvait camoufler sa déception. " Nous n'avons pas joué, seulement procédé par de longs ballons. Les attaquants norvégiens aiment ça, pas moi. Je déteste ça ! Qu'on me serve dans les pieds ". L'ancien entraîneur du Club, Trond Sollied, lui avait fait passer un message : le sacro-saint 4-3-3 passait avant les individus et il ne tolérerait aucune infraction. Début avril, le coach norvégien avait ainsi écarté Balaban pour le match contre La Louvière : " Bosko doit jouer simplement et ne pas s'imaginer qu'il est intouchable sous prétexte qu'il a signé un beau premier tour. Un seul footballeur était intouchable : Diego Maradona. Il ne courait que quand il avait le ballon mais il a gagné la Coupe du Monde à lui seul ".
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Comment marquer si je ne vois aucun ballon ?" Après le match de qualification pour la Ligue des Champions à Valerengen, Bosko Balaban (26 ans) ne pouvait camoufler sa déception. " Nous n'avons pas joué, seulement procédé par de longs ballons. Les attaquants norvégiens aiment ça, pas moi. Je déteste ça ! Qu'on me serve dans les pieds ". L'ancien entraîneur du Club, Trond Sollied, lui avait fait passer un message : le sacro-saint 4-3-3 passait avant les individus et il ne tolérerait aucune infraction. Début avril, le coach norvégien avait ainsi écarté Balaban pour le match contre La Louvière : " Bosko doit jouer simplement et ne pas s'imaginer qu'il est intouchable sous prétexte qu'il a signé un beau premier tour. Un seul footballeur était intouchable : Diego Maradona. Il ne courait que quand il avait le ballon mais il a gagné la Coupe du Monde à lui seul ". Peut-être Jan Ceulemans devra-t-il lui rappeler cette consigne. Depuis le début de la préparation, Bosko se distingue surtout par son égoïsme, préférant tirer au but quand un coéquipier est mieux placé, et multipliant les gestes déplacés. " Je n'ai pas besoin qu'on me secoue. Je m'affûte moi-même. Mon heure vient quand je suis servi au bon moment et comme il faut ", a-t-il expliqué après son premier but en championnat, sublime, contre Mouscron. Contrairement à Sollied, Ceulemans n'a pas ménagé ses louanges, jusqu'il y a peu : il trouve l'opportuniste citoyen des Balkans empreint de classe et estime qu'il applique bien ses consignes. En flattant Balaban, en le rendant important, en le laissant agir à sa guise sur l'aile gauche, ne risque-t-il pas d'induire une situation ingérable ? Balaban a été invisible contre le Brussels, même s'il a été à la base du but de la victoire. HansCornelis, passé de Bruges à Genk durant l'intersaison, tempère : " Un joueur de son statut doit être en mesure de marquer 20 buts par saison. Dans l'axe, il n'est pas assez fort de la tête pour reprendre le rôle de RuneLange. Il se fixe trop sur le but, alors que Rune est plus collectif. Bosko a besoin de se sentir important. Le fait que Ceulemans croit tellement en lui va lui donner des ailes ". Chris Van Puyvelde, l'ex-adjoint du Club, connaît bien l'attaquant croate : " En janvier 2004, à son arrivée, ce n'était pas un garçon timide. Sa maturité sautait aux yeux. Rapidement jeté dans la fosse aux lions, Bosko a mûri plus vite que les autres. Il veut à tout prix redorer son blason. Il est animé par des sentiments de revanche et il est plein de bonne volonté ". C'est possible, mais il s'énerve fréquemment sur ses coéquipiers, gestes à l'appui. " Il ne faut pas lui réserver de traitement spécial, ni le brider. Il n'y a pas de mode d'emploi, vous savez ", tempère Van Puyvelde. " L'impatience qui le ronge lui monte parfois à la tête. Bosko veut tellement prouver qu'il est un grand talent... Bruges n'est qu'un tremplin à ses yeux. Il est parfois en conflit avec lui-même, mais cela ne dure jamais : le lendemain, il voit à nouveau la vie en rose. Bosko n'est pas une vedette mais un homme fier. Ce n'est pas interdit, que je sache. Il a du flair, il aime faire du style. Il est aventurier, il aime reculer ses limites et il rêve de briller dans d'autres championnats, avec une préférence pour un pays chaud. Bosko sait très bien ce qu'il veut. Il n'hésite pas à dire ce qu'il pense, à défendre son point de vue. Quand on le connaît, on peut dire comment il se sent rien qu'en observant la manière dont il se tient ". On l'imaginait à l'avant-centre ou à droite, Balaban a évolué d'emblée à gauche. Van Puyvelde : " Deux facteurs ont influencé notre décision. Il revient facilement vers le centre, avec un mouvement du corps vif et difficile à évaluer, mais il peut aussi décocher des tirs puissants. Bosko est très rapide dans des espaces réduits. Il s'appuie sur sa ruse. Il ne faut pas lui demander de chercher un partenaire démarqué, ni d'envoyer de longs ballons. Il est certes capable de délivrer de bons centres, mais il préfère réaliser des actions. Sa reprise de volée frôle la perfection. Comme Nenad Jestrovic, il prend ses responsabilités sur les coups francs et les penalties, même quand il n'est pas dans le match. Bosko ne recule devant aucun défi ". Aucun défenseur n'est à l'aise face à lui, quel que soit son caractère. Ils témoignent. Fritz Emeran (La Louvière) a joué la saison passée avec le FC Brussels contre Balaban, qui avait inscrit trois des six buts brugeois au stade Edmond Machtens (1-6) : " Il sait pertinemment quand il doit s'infiltrer devant le but. Son placement est bon. C'est un numéro... neuf et demi, pas un vrai avant-centre. Il n'aime apparemment pas jouer le long de la ligne, car il convergeait sans cesse vers l'axe. Il a le sens du but, mais aime les combinaisons au sol. Il a un excellent bagage technique, une bonne touche de balle mais n'est pas très rapide. Ceci dit, mieux vaut ne pas lui laisser trop de champ, sinon il devient très dangereux. Il est comme un serpent : il cherche constamment vos points faibles, puis il frappe. Il est correct : il ne proteste pas quand on le rudoie ". Davy Theunis (FC Brussels) : " Balaban adore se balader entre les lignes. Il complique ainsi notre tâche. Nous devons le neutraliser en réduisant autant que possible l'espace entre la défense et la deuxième ligne ". Theunis l'a lourdement taclé lors de la deuxième journée de championnat, et a été sanctionné d'une carte jaune. " Je l'ai effleuré. Il n'a pas bronché. Ce n'est pas un tendron. Il sait encaisser et... rendre les coups au bon moment. Quand il est en forme et qu'il peut tirer au but, il est terriblement dangereux. On ne peut relâcher son attention une seule seconde. Il faut suivre le ballon des yeux car il place aisément un défenseur à contre-pied ". Kevin Hatchi (Mouscron) : " C'est un joueur malin et costaud, mais aussi fair-play. Il provoque les fautes. Ainsi, il s'est accroché à mon maillot et s'est laissé tomber. Professionnel, hein ? Ce qui m'a frappé, c'est qu'il participe très peu à la défense. Je pense qu'il déteste ça. Il court à côté de vous sans vraiment essayer de s'emparer du ballon. Il préfère manifestement utiliser ses seules qualités offensives ". Frédéric Vanheule" L'IMPATIENCE qui le ronge lui MONTE PARFOIS à la tête " (Van Puyvelde)