Robbie McEwen (30 ans) est né à Brisbane. Il maîtrise parfaitement le néerlandais alors qu'il a vécu dans l'autre hémisphère jusqu'à ses 22 ans. Il a commencé à rouler à huit ans, en BMX, une compétition plus populaire en Australie que la course sur route ou sur piste. Il a été sacré champion deux fois et a terminé sixième du Mondial 1989, sur ses terres. A 17 ans, McEwen a observé une année sabbatique pour s'adonner au surf et aux plaisirs de la plage, avant d'entamer sa carrière sur piste et sur route. En 1993, il a participé avec la sélection provinciale à une importante course par étapes pour Espoirs, la Commonwealth Bank Classic. La victoire finale est revenue à un certain Jan Ullrich et le classement aux points à McEwen. Grâce au célèbre Australian Institute of Sport, l'usine à champions de l'Australie,McEwen a pu courir en Europe. Il y a été rapidement remarqué mais...
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Robbie McEwen (30 ans) est né à Brisbane. Il maîtrise parfaitement le néerlandais alors qu'il a vécu dans l'autre hémisphère jusqu'à ses 22 ans. Il a commencé à rouler à huit ans, en BMX, une compétition plus populaire en Australie que la course sur route ou sur piste. Il a été sacré champion deux fois et a terminé sixième du Mondial 1989, sur ses terres. A 17 ans, McEwen a observé une année sabbatique pour s'adonner au surf et aux plaisirs de la plage, avant d'entamer sa carrière sur piste et sur route. En 1993, il a participé avec la sélection provinciale à une importante course par étapes pour Espoirs, la Commonwealth Bank Classic. La victoire finale est revenue à un certain Jan Ullrich et le classement aux points à McEwen. Grâce au célèbre Australian Institute of Sport, l'usine à champions de l'Australie,McEwen a pu courir en Europe. Il y a été rapidement remarqué mais... Robbie McEwen: J'ai signé chez Rabobank après le Tour de l'Avenir 1995. Le lendemain, je me suis envolé vers l'Amérique. Pendant mon sommeil, quelqu'un a sans doute heurté mon genou gauche. A mon éveil, il était gonflé. L'arthroscopie a révélé une déchirure du cartilage. Pendant des années, j'ai souffert de la jambe gauche. Si celle-ci était aussi puissante que la droite, je serais encore plus rapide. Retrouver sa masse musculaire requiert beaucoup d'efforts. Il faudrait que je passe mon temps au fitness et non sur le vélo... En 1999, vous avez subi une nouvelle opération mais deux mois après, vous avez gagné sur les Champs Elysées. Ensuite, vous avez eu deux années de vaches maigres.Après une victoire d'étape à Majorque, en 2000, je suis tombé malade. Un virus a entraîné une perte de fer et de testostérone. En outre, l'ambiance n'était pas bonne entre les coureurs et la direction."Lefevere ne m'aimait pas"Le manager, Patrick Lefevere, ne m'aimait pas. Je venais du co-sponsor, Farm Frites. Il était obligé de m'intégrer dans le groupe, contre son gré. Au lieu de courir le Tour, j'ai été envoyé en Autriche. éa m'a déçu. La veille de Gand-Wevelgem, une course qui figurait à mon programme, Lefevere m'a appelé: - Tu ne cours pas mais ne te tracasse pas, nous comptons sur toi pour le Tour. Une semaine avant son début, j'ai appris que je n'étais pas sélectionné. Comme cette saison, vous aviez pourtant signé un bon début. Comment faites-vous pour être en forme aussi vite?Je retourne m'entraîner en Australie en décembre. C'est l'été, là-bas. Je ne sais pas si ces conditions sont idéales pour tout le monde mais j'aime la chaleur et je retrouve ma famille. Vous semblez avoir subi une métamorphose...Je jouis de la confiance de l'équipe. Je n'avais jamais pu compter sur le travail d'autant de coéquipiers. J'ai acquis plus de constance. Je parviens à m'entraîner davantage. Surtout, je ne doute plus de moi-même. Je ne pense pas être plus rapide mais je me retrouve plus souvent devant. Dans le passé, je partais de la septième ou huitième place et je terminais deuxième ou troisième. J'étais un rien trop court pour gagner. Je démarre maintenant de la deuxième ou troisième place. "Steels n'aime pas les bousculades"Là n'est pas la question. J'ai longtemps dû me débrouiller et je sais choisir ma position. Je repère ceux qui sont frais et je me demande qui va être deuxième aujourd'hui! Au Giro, il était évident qu'il fallait prendre la roue de Cipollini mais il n'y a qu'une place.L'expérience acquise en BMX vous aide-t-elle à vous placer dans les derniers kilomètres?J'ose plonger dans la moindre brèche. Courir en BMX confère une bonne base pour toutes les disciplines: on améliore sa technique, on apprend à jouer des coudes... Max Van Heeswijk, Tom Steels, Darren Hill, l'ancien champion du monde australien du sprint, ont roulé en BMX.Tom Steels sera un adversaire difficile au Tour. Quels sont vos concurrents?Steels et Freire nourrissent les mêmes ambitions: s'aideront-ils? Tom est le sprinter le plus pur du duo mais j'ai l'impression qu'il n'aime pas les bousculades. Freire est un sprinter bizarre: parfois, il n'est pas dans le coup mais à d'autres moments, il s'infiltre dans un mouchoir de poche. Il ne lance jamais un sprint de loin, contrairement à Kirsipuu, qui démarre à 400 mètres et est encore aussi vif sur la ligne. C'est un beau coureur car il n'hésite pas à s'échapper. Erik Zabel sprinte en puissance. Comme Cipollini, il est entouré d'une solide équipe. Il commet peu de fautes et grimpe bien.C'est une de vos spécialités, le sprint en côte. Surtout en début de saison,grâce à mes entraînements en Australie. Je m'impose plus de séances en côte qu'avant. Ces dernières semaines, ça redevient plus dur mais pendant le Tour, je mise sur les étapes plates. En montagne, je dois simplement tenir le coup. Je ne serai jamais un grimpeur.Ceux qui ne sont pas spécialistes du sprint mais veulent se placer pendant la première semaine vous énervent.C'est incroyable: ceux qui visent le classement s'excitent pour quelques secondes alors que la différence se marquera en minutes, à la fin. Ils prétendent que rouler devant est plus sûr mais s'ils veulent tous y venir au moment où les formations de sprinters se placent, ils accentuent le danger.D'après Thierry Marichal, un de vos équipiers, vous vous faufilez comme un serpent et il n'est pas facile de vous suivre.C'est pour ça que je ne demande pas d'aide. Je préfère que mes partenaires se ménagent en prévision des derniers kilomètres plutôt que de piquer 15 sprints pour rallier la tête du groupe. Moi, j'effectue des zigzags au sein du peloton sans m'exposer au vent..Domo vous trouvait trop onéreux. Avez-vous dû consentir des sacrifices pour signer chez Lotto?J'étais en Australie quand mon manager m'a dit qu'il n'y avait plus de place nulle part, à part dans des équipes de deuxième ou troisième zone, ce qui ne me disait rien. J'ai donc téléphoné à Christophe Sercu. C'était un problème de budget. Maintenant, les candidats ne manquent plus mais je suis reconnaissant à Lotto de m'avoir accordé ma chance et j'ai signé pour deux ans.Peu avant le Tour, voilà qu'on évoque la fusion des deux grandes formations belges. Roulerez-vous pour Domo?On dit et on écrit que Lotto a besoin de Domo, y compris sur le plan sportif. Comparez tous les résultats: ce n'est pas vrai. Cette saison, Lotto-Adecco-ABX a gagné plus de 25 fois. Une fusion change tout pour moi. Dans ce cas, mon contrat n'a plus la même valeur. Honnêtement, je ne pense pas que retravailler avec Lefevere soit une bonne idée.Roel Van den Broeck"Le BMX m'a appris à slalomer"